#Flash

Flash CSE Infra décembre 2025

Cybersécurité : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

L’effet « cyberboost » annoncé par la direction n’a pas eu lieu : le chiffre d’affaires délivré par le pôle cybersécurité de Capgemini Infra est en baisse depuis 2022 alors que le marché français connaît une croissance annuelle à 2 chiffres. Nous en parlions dans le flash CGT CSE Infra de septembre, la direction semble avoir pris la mesure du problème et a lancé un projet de réorganisation.

Au-delà des effets positifs que cette réorganisation pourrait avoir dans l’immédiat en terme d’amélioration de l’offre commerciale et de l’accent mis sur la technique, l’expertise commandée par le CSE en pointe les limites et doute fortement qu’elle permette que Capgemini devienne le leader de la cybersécurité sur le marché français, comme le prévoit toujours la direction à l’horizon 2028. Ce projet de réorganisation ne concerne en effet qu’une partie de l’activité cybersécurité de Capgemini, le « build » réalisée dans la partie P&C de Infra : en sont exclus le « run » réalisé dans la partie MS, toujours chez Infra, et les activités cybersécurité effectuées par les autres entités de l’UES Capgemini (Invent, Apps, etc.).

Ce qui explique sans doute que Capgemini se refuse à créer une marque spécifique, contrairement aux entreprises leaders dans le domaine. Surtout, dans un marché du travail tendu, la politique d’austérité salariale pratiquée par la direction produira les mêmes effets, c’est-à-dire des difficultés majeures pour recruter, et aussi pour garder les consultant·es en cybersécurité qui travaillent actuellement chez Capgemini.

Ingénieur à Grenoble : quel avenir chez Capgemini ?

Le flash CGT CSEC d’octobre présentait le projet immobilier grenoblois de la direction qui projette de transférer à échéance de 2 ans les salarié·es de l’UES Capgemini rattaché·es au site actuel de Montbonnot vers un nouveau site sur Meylan. L’expertise commandée par le CSE soulève des problématiques très graves.

Capgemini occupe aujourd’hui 2 bâtiments voisins à Montbonnot, le M2 et le M3 : il serait possible de rester sur le site historique du groupe en regroupant les salarié·es de Capgemini sur le M3, plus grand et assez récent, moyennant quelques travaux. Il serait aussi sûrement possible de s’installer sur un site très récent ou neuf dans l’agglomération grenobloise, qui soit plus facile d’accès et disponible beaucoup plus rapidement. La direction préfère miser sur un bâtiment qui n’est pas sorti de terre, avec tous les aléas que cela comporte.

Actuellement, le taux de flex office est supérieur à 1, soit plus d’un poste de travail par salarié·e. Sur le nouveau site, la direction prévoit, pour les projets Infra non sécurisés, un taux de flex-office de 0,3, soit moins d’un poste de travail pour 3 salarié·es : record battu ! Et il ne sera pas possible de créer des postes de travail supplémentaires dans le nouveau bâtiment puisque les plans indiquent une surface moyenne de 3,5 m2 par poste de travail (à comparer aux 10 m2 prévus dans la charte immobilière de Capgemini !).

De plus cette surface extrêmement faible pose d’énormes problèmes en terme d’acoustique, d’évacuation en cas d’incendie, etc. Bref, la direction prévoit d’entasser les salarié·es comme des sardines en boîte, afin de pouvoir réaliser une économie substantielle sur les coûts immobiliers, de l’ordre de 1 M€ par an.

Edenred n’aura pas son cadeau de noël

Dans le flash CGT CSE Infra de novembre, nous dénoncions le fait que le CSE Infra engraisse une multinationale comme Edenred plutôt que de faire appel à l’économie sociale et solidaire. Nous évoquions aussi le projet de la majorité qui gère le CSE de procéder à une refonte de la charte graphique du site web pour la coquette somme de 20 000 euros. Cet argent serait allé dans les caisses de Edenred via sa filiale Solution CE, avec laquelle le CSE Infra est lié sur 4 ans pour la gestion de son site. Cela ne fera finalement pas, car, outre l’opposition résolue de la CGT, la CFDT a été lâchée par ses alliés.

Image du film "Y a-t-il un pilote dans l'avion"

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Publié le :
25 février 2026

FLASH CSE Infra janvier 2026

Effectifs, ça baisse encore

Politique continue de baisse des effectifs, depuis fin 2023 CIS a perdu plus de 700 salariés ou salariées et la direction nous dit être encore en dessous des objectifs.

L’actualité récente de Capgemini est venue confirmer ce discours. La baisse “naturelle” des effectifs ne suffit plus aux actionnaires et à leurs valets de la direction, il faut donner un coup de pouce (de pied ?) pour pousser les collègues vers la porte de sortie.

C’est chose faite avec le plan de suppression d’emploi de 2400 postes en France. Pourtant lorsqu’on regarde le taux d’activité de ce début d’année : il est similaire à celui de 2022 (une année exceptionnelle à en croire notre PDG) et même supérieur à celui de 2021. 

A cette époque là, la direction était fière de nous annoncer que les effectifs augmentaient :

les temps changent et les actionnaires deviennent de plus en plus voraces.

ODO , le marché aux puces de l’informatique en Europe

Tous les ans pour les étrennes, Capgemini nous offre un nouvel outil. L’an dernier nous avons eu droit à Replicon (on s’en souvient encore), cette année ce sera ODO (Open Demand Opportunities), un outil permettant aux collègues (euh pardon, talents) de pouvoir bénéficier “d’opportunités de missions” sur le marché européen, chouette non ?

Puis la direction détaille, et cela devient de moins en moins chouette :

Cet outil s’adressera aux collègues en intermission ou en passe de le devenir sous 1 mois.

Chaque collègue pourra, s’il ou elle le souhaite (principe de volontariat, enfin… normalement), de se positionner sur une mission 100 % distancielle disponible dans les entités Capgemini européennes. La direction s’empresse aussitôt de dire que les salariées et salariés européens ne pourront pas se positionner sur des missions françaises. Enfin en insistant un peu la direction finit par dire, qu’à l’heure actuelle il n’y a pas de missions éligibles en France mais que cela peut changer. On comprend assez rapidement qu’il s’agit de mettre en concurrence tout les collègues en Europe quel que soit le niveau de salaire de leur pays respectif. 

Ne doutons pas un seul instant que cette mise en concurrence se fera au détriment de la politique salariale au nom de la sacro sainte compétitivité !

Quant à l’aspect financier (où ira le chiffre d’affaires produit par les collègues, par exemple ?), la direction ne sait pas et “prend le point”. Comment seront gérées les différences de temps de travail hebdomadaire ? “oui effectivement c’est un sujet, on prend le point et on revient vers nous”.

Ah ! au fait, le début de mise en place de ce nouvel outil a été fixé au 2 février, soit 15 jours après l’annonce 

“On largement le temps de régler ces menus détails, ne vous inquiétez pas !”

Et pour les collègues en 100 % distanciel ? Ils ou elles pourront venir travailler sur site Capgemini ou rester en télétravail (à 70 % bien entendu), Mais elle promet qu’ils ou elles ne resteront pas isolées sur leur plateau Capgemini, mais on n’a aucun retour d’expérience sur ce type d’organisation, nous dit-on.

Ah bon ? et toutes et tous ces collègues qui travaillent sur des missions distancielles aujourd’hui ? 

Le fait même de dire qu’il n’y a aucun retour d’expérience révèle le peu d’intérêt que le management porte à ces salariées et salariés, ce qui nous fait douter des bonnes intentions affichées par la direction !

La santé des collègues, c’est secondaire

La santé mentale est une priorité pour Cap, du moins c’est ce que nous dit la direction. La preuve que c’est vrai puisqu’elle fait la promotion d’une vidéo ; pardon d’une “formation” ;  d’une heure que les collègues pourront faire… quand ils le peuvent. Enfin s’ils le peuvent aussi, car lorsqu’ils sont en clientèle, ils n’ont que très rarement accès au réseau Capgemini ou même à leur PC Cap, sans compter la surcharge de travail sur les projets.

Lorsque nous suggérons de bloquer du temps pour faire des sessions groupée, c’est trop compliqué pour la direction, nous qui pensions qu’il relevait de leur responsabilité d’organiser le temps de travail… Bref, une fois de plus cette soit disant priorité restera une déclaration de bonne intention, rien de plus ! 

Petit rappel : préserver la santé des salariées et salariés est une obligation légale de l’employeur, toute infraction se règle… au pénal.

Bêtisier du CSE

A l’origine le projet ODO date de Mars 2025 et se nommait TOP : 9 mois pour changer 3 lettres, niveau efficacité on a vu mieux. 

Non, nous dit-on, y a d’autres choses qui ont changées : avant cela s’adressait à tous les collègues, maintenant c’est réservé seulement à celles et ceux qui sont en intermission. Ah oui, de suite on comprend mieux ce retard. 

La direction se moque de nous ou c’est vraiment de l’incompétence à votre avis ?

Dessin humoristique de Kurt : Un salarié sort du bureau de la DRH hébété répétant en boucle "Gratitude et objectivité"

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Publié le :
12 février 2026

Flash CSE Infra novembre 2025

RÉSULTATS ÉCONOMIQUES : CE N’EST VRAIMENT PAS SI MAL

Dessin humoristique de BabouseLa chiffre d’affaires de Capgemini Infra a reculé de 4,9 % sur les trois premiers trimestres 2025 par rapport à la même période en 2024. La direction dit que c’est conforme à ses prévisions et en phase avec les performances de Capgemini France. Elle l’explique par l’atonie du marché des services IT en France, qui va probablement reculer en 2025 pour la 1ère fois depuis 15 ans, contrairement au marché mondial qui connaît une croissance forte.

Pas de panique, les résultats économiques de Capgemini restent bien orientés. Voici quelques éléments que chacun·e peut reprendre, lors de son entretien annuel, en réponse au PM qui va sûrement dépeindre une situation économique assez catastrophique pour justifier l’absence d’augmentation de salaire : – les résultats de Capgemini à l’échelle mondiale sont bons : le chiffre d’affaires devrait progresser en 2025 (hors achat de l’entreprise américaine WNS) et le taux de marge opérationnelle devrait au minimum se maintenir ; – le taux de marge opérationnelle de Capgemini Infra va remonter considérablement en 2025, du fait de la résolution progressive des problèmes de delivery sur un gros client et de la réduction de l’intermission.

Quant aux effectifs, ils ont légèrement crû cet automne à la suite d’une (petite) campagne de recrutement : +1,5 %. Il faut dire qu’ils avaient diminué quasiment sans discontinuer depuis… décembre 2022, avec au total une baisse de plus de 13 % !

BUDGET CSE : LE COMPTE N’EST PAS BON !

Nous l’avions pointé dans des flashs précédents : la majorité du CSE Infra avait laissé dériver les dépenses des ASC (Activités Sociales et Culturelles) et creusé un déficit de plus de 600 000 euros en 2023, année des dernières élections professionnelles à Capgemini. Pour résorber cet énorme trou dans la caisse, elle applique depuis une politique d’hyper-austérité, avec une diminution drastique du montant des subventions versées par le CSE aux salarié·es : force est de constater que le plafond imposé est vite atteint ; il suffit le plus souvent, pour cela, d’une seule activité, un abonnement sportif ou culturel, une sortie, etc. Pour 2026, la majorité du CSE prévoit d’ouvrir un peu le robinet. Gageons qu’elle l’ouvrira beaucoup plus en 2027, année des prochaines élections professionnelles.

Certaines règles fixées par la majorité du CSE vont à l’encontre d’une plus grande justice sociale : deux exemples. D’une part, les hausses du plafond des subventions versées aux salarié·es varient de 11 % à 70 % selon les tranches : or les plus fortes hausses de plafond s’appliquent surtout aux tranches les plus élevées, qui concernent les salarié·es ayant les revenus les moins bas (le revenu fiscal annuel divisé par le nombre de parts dans le foyer). D’autre part, le taux de subvention est le même (50 %) pour toutes les tranches, alors qu’il devrait être plus élevé pour les petites tranches. D’ailleurs, selon les chiffres fournis par le trésorier du CSE, les petites tranches atteignent rarement le montant de leur plafond de subvention : ce n’est pas étonnant, il est difficile, pour un revenu fiscal inférieur à 15000 euros, de débourser la somme de 1000 ou 1200 euros pour les loisirs de la famille, pour être remboursé ensuite, quelques mois plus tard, de seulement la moitié.

Bien sûr, on ne peut que se réjouir si les salarié·es pourront bénéficier en 2026 d’un peu plus de subvention pour leurs loisirs par rapport aux deux années précédentes. Mais se pose aussi la question du type d’activité sociale et culturelle proposé par le CSE. Or la majorité du CSE, au lieu de faire appel au secteur de l’économie sociale et solidaire, préfère engraisser des multinationales, comme par exemple Edenred. Edenred encaisse, via sa filiale Solutions CE avec laquelle le CSE est lié pour 4 ans, environ 70 000 euros annuels pour la gestion du site du CSE. Edenred a encaissé 160 000 euros en 2024 via sa filiale Meyclub pour le catalogue d’activités proposé sur le site du CSE. Et comme cela ne suffit sans doute pas, le bureau du CSE voudrait procéder à une refonte graphique du site, qui sera obligatoirement réalisée par Solutions CE, pour un montant qui pourrait dépasser les 20 000 euros. Qui dit mieux ?

 

Dessin humoristique de Babouse

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Publié le :
15 janvier 2026

Flash CSE Central novembre 2025

Capgemini : du greenwashing à l’échelle mondiale

Capgemini proclame un objectif « net zero carbon » (zéro émission nette de gaz à effet de serre) au niveau mondial à l’horizon 2040. Ce n’est absolument pas une exception parmi les ESN : les principaux concurrents affichent peu ou prou des objectifs similaires. Mais au-delà de l’effet d’annonce, comment l’entreprise compte-t-elle s’y prendre pour atteindre cet objectif de neutralité carbone ? L’expertise libre commandée par le CSEC apporte un éclairage instructif sur la stratégie environnementale du groupe.

Photomontage de cap, et de quelqu'un peignant en vert pour symboliser le greenwashing.

Capgemini prévoit de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 90 % d’ici 2040 par rapport à l’année de référence 2019. Pour les 10 % restants, Capgemini les compensera financièrement en achetant des « crédits carbone ». Le capitalisme est décidément un système formidable : il permet d’acheter tout et n’importe quoi, notamment d’acheter pas cher des droits à polluer ou à aggraver le réchauffement climatique. Pour cela, une somme de 86,5 millions d’euros a été prévue, une goutte d’eau dans la vague de bénéfices du groupe qui ont dépassé les 1,6 milliards d’euros en 2024.

En 2024, Capgemini a communiqué sur une réduction de 35 % de ses émissions de gaz à effet de serre en 5 ans : on est encore loin de l’objectif des 90 %. De plus, on peut raisonnablement douter de la véracité des chiffres, pour chaque source d’émission, avancés par Capgemini. En effet les situations sont très différentes d’un pays à l’autre et il n’existe aucun organisme indépendant qui soit capable de procéder à des vérifications à l’échelle mondiale

Prenons l’exemple de la consommation électrique. Capgemini déclare l’avoir réduite de 42 % depuis 2019 : c’est peut-être faisable, grâce à la location de bâtiments neufs beaucoup moins énergivores, et la multiplication des projets immobiliers en France en offre un indice. La réduction annoncée des émissions associées est de 92,8 % et repose sur le recours à l’énergie renouvelable. Si l’électricité fournie par des panneaux solaires installés sur des bâtiments Capgemini est incontestablement de l’énergie renouvelable, elle ne représente que 8 % de la consommation du groupe. Qu’en est-il de l’électricité achetée sous l’étiquette « renouvelable » à des fournisseurs répartis dans 42 pays ?

Pour ses achats de biens et de services, Capgemini ne déclare qu’une réduction de 1,5 % de ses émissions de gaz à effet de serre. affichées par les fabricants d’ordinateurs, les éditeurs de logiciels, les hyperscalers, etc. Or, et le scandale du « dieselgate » l’a clairement illustré, les fournisseurs ont tendance à minimiser énormément leur contribution au réchauffement climatique. De plus, le recours par Capgemini à de plus en plus à de services IA ne va pas dans la bonne direction.

Pour les trajets domicile-travail, Capgemini s’appuie sur une enquête mondiale censée recueillir les pratiques de mobilité et les conditions de télétravail des salarié·es : quel est le taux de réponse, quelle est la marge d’erreur ?

Pour la France, ce n’est pas mieux

Au niveau France, Capgemini communique au minimum. Le dernier bilan officiel publié par Capgemini France de ses émissions de gaz à effet de serre remonte à 2021. Il n’a pas été ré-actualisé depuis, ce qui ne permet pas de suivre son évolution. De plus ses chiffres diffèrent sensiblement de ceux transmis pour la France par la « Carbon Accouting Team, une équipe basée en Inde qui collecte les données du groupe pour tous les pays : par exemple les émissions de gaz à effet de serre liées aux trajets domicile travail y sont inférieures de… 70 %.

La législation française impose aux grandes entreprises de consulter le CSE sur leur stratégie environnementale. Pourtant la direction refuse, prétextant avoir informé l’IWC (une vague représentation des salarié·es de Capgemini au niveau mondial). Pour la contraindre à respecter cette obligation légale, il faudrait que le CSEC este en justice : l’expérience de ces dernières mandatures montrent que c’est très loin d’être gagné.

Un dernier projet immobilier pour 2025 : Dijon

Exceptionnellement la direction a présenté un projet immobilier ou serait accru le nombre de postes de travail. Il faut dire que la situation est franchement catastrophique sur le site de Dijon : sur les 40 salarié·es rattaché·es au site, 17 y travaillent et se « partagent »… 3 postes de travail, soit 1 poste de travail pour quasiment 6 salarié·es. Même la direction trouve que ce n’est pas assez : elle projette un déménagement pour le 2e trimestre 2026 sur un espace un peu plus grand dans le même immeuble. Bon, ne rêvons pas, il n’y aura que 8 postes de travail, ce qui en fait 1 pour un peu plus de 2 salarié·es.

Photomontage de cap, et de quelqu'un peignant en vert pour symboliser le greenwashing.

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Flash CSE Central octobre 2025

Un nouveau projet immobilier : Grenoble

La direction voudrait fermer le site de Montbonnot (dans la banlieue grenobloise) et transférer les 746 salarié·es (Appli, Infra, ER&D, Altran) qui y sont rattaché·es, sur un nouveau site en construction, distant de 3 km. Les projets immobiliers de la direction se suivent et se ressemblent : réduction drastique de la surface du site et du nombre de postes de travail, et diminution des coûts. Ici, il est envisagé 60 % de m² de bureau en moins et 60 % de postes de travail en moins. Le taux de flex-office passerait d’environ 1 (1 poste de travail pour 1 salarié·e travaillant sur site) à 0,4 (soit 2 postes de travail pour 5 salarié·es). Avec à la clé, un gain de seulement ( !) 46 % sur les coûts immobiliers : eh oui, comme le déplore semble-t-il la direction, le neuf coûte plus cher que l’ancien. Mais comme le neuf est censé être nettement plus vertueux environnementalement que l’ancien, cela permet d’améliorer facilement l’image de l’entreprise en matière de RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale), et donc cela vaut bien quelques petits sacrifices.

La livraison du nouvel immeuble est prévue pour le dernier trimestre 2027. La CGT déclare que le CSEC doit être consulté ultérieurement sur l’aménagement du nouveau site et sur le déménagement des salarié·es. La direction réfute, considérant que le CSEC est consulté en cette fin d’année 2025 sur l’ensemble du projet, puisque dans l’intitulé du point à l’ordre du jour, signé conjointement par le président du CSEC (la direction) et le secrétaire du CSEC (représentant les élu·es), figure aussi le volet « déménagement des collaborateurs sur le site de Meylan » : ubuesque !

Un nouveau projet immobilier : Brest

La direction voudrait regrouper les 2 sites actuels (l’un Altran avec 61 salarié·es, l’autre Capgemini avec 205 salarié·es) dans un nouvel immeuble en construction, situé plus près du centre-ville de Brest. Dans le premier tableau présenté par la direction, il y aurait actuellement 844 m² de surface et 86 postes de travail, et dans le futur cela passerait à 976 m² de surface et 90 postes de travail. Enfin un projet immobilier qui augmenterait à la fois la surface de bureau et le nombre de postes de travail ! C’est évidemment trop beau pour être vrai….

Ce tableau est mensonger puisque les chiffres fournis pour la situation actuelle ne prennent pas en compte le site Altran de Plouzané, alors que la situation future reflète le site commun qui réunira les salarié·es Altran et Capgemini. D’ailleurs, sur les 90 postes de travail du nouveau site, combien pour les salarié·es de l’UES Capgemini ? La direction, qui n’hésite pas à retoquer les questions des élu·es qui débordent sur l’UES Altran, parce que, rappelle-t-elle, ce n’est pas dans le périmètre du CSEC Capgemini, est incapable de répondre…

Malheureusement, la recette brestoise est la même que pour les autres projets immobiliers : réduction drastique du nombre de postes de travail (ici de 40 %), et un taux de flex-office qui tomberait à 0,5 (soit 1 poste de travail pour 2 salarié·es), avec à la clé, une réduction des coûts immobiliers, non négligeable, de 25 %. Cette fois, la direction n’a souhaité consulter le CSEC que sur la prise de bail et pas sur le déménagement des salarié·es qui, comme pour Grenoble, est prévu fin 2027.

a pair of red and blue surfboards sitting next to each otherNEO : quelle réalité derrière la fiction ?

NEO est le nouvel « outil intelligent » (sic) de Capgemini. Il est basé, sans (mauvais) jeu de mot, sur l’outil IA Gemini de Google. Il remplacera AskAdam début 2026. Selon la direction, il est « plus simple, rapide et intuitif » et comprend de nombreuses nouvelles fonctionnalités. Il accompagnera bien mieux au quotidien l’ensemble des salarié·es de Capgemini, il fournira une assistance spécialisée pour certains métiers, permettra d’effectuer des recherches intégrées sur le web, etc. Mais plus concrètement et plus précisément ? La présentation étant tellement générale et apologétique, il faut espérer que l’expertise commandée par le CSEC permettra d’échapper à la pilule bleue véhiculée par la com de la direction et de trouver où se situe la pilule rouge.

Des transferts de salarié·es à géométrie variable

La direction présente un plan de transfert vers ER&D des salarié·es Appli travaillant sur l’activité MES (Manufacturing Execution System). Celui-ci intervient après le transfert des salarié·es travaillant sur l’activité PLM : voir les flash CGT CSEC de juillet et septembre. L’objectif annoncé est le même, : regrouper les salarié·es travaillant sur une même activité. La sous-entité de départ est la même, PBS de Apps, la sous-entité d’arrivée est la même, DCM de ER&D. Mais la méthode diffère : dans le cas de PLM, la direction, via un apport partiel d’actif, impose le transfert aux salarié·es qu’elle a étiquetés comme travaillant sur cette activité ; dans le cas de MES, le transfert se fera sur la base du volontariat. Qu’est-ce qui justifie cette différence de traitement ? Pourquoi ne pas laisser le choix aux salarié·es PLM ?

Pilule rouge et pilule rouge

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Publié le :
25 novembre 2025

Flash CSE Infra septembre 2025

CYBERSÉCURITÉ : CETTE FOIS, C’EST LA BONNE ?

Après le regroupement de la plus grande partie des activités cybersécurité chez Infra, la direction claironnait sur un effet « cyberboost ». Or, et nous l’avons évoqué régulièrement dans nos flashs, la réalité dans ce secteur a été tout autre : alors que le marché progresse fortement, l’activité de Capgemini Infra régresse. La direction a fini par le reconnaître et présente un plan de réorg de la practice cybersécurité dans P&C.

Ah non, rectifie la direction dans sa langue de bois habituelle, ce n’est pas une « réorg », c’est une « évolution de l’organisation », dont l’objectif affiché est de passer d’une organisation « verticale et pyramidale » à une organisation « agile », « go to market », qui colle beaucoup mieux aux attentes d’un marché « en pleine évolution ». Une réorg commerciale donc… Bizarrement, cela va se traduire par la création de 3 nouveaux pôles de compétence technique, pour « renforcer l’expertise technique » : or on sait que le commercial et la technique ne font pas forcément bon ménage.

En tout cas, c’est flou. Pour la CGT, raison de plus pour faire une expertise. Certains syndicats, CFTC, CGC, UNSA, sont contre. Coïncidence ou pas, la direction le déconseille fortement aux élu·es, elle n’a d’ailleurs pas intégré le délai pour une expertise dans son calendrier prévisionnel.

Finalement, le CSE vote majoritairement pour une expertise. La direction déclare alors que les élu·es du CSE n’ont pas compris que c’était un projet stratégique, que l’expertise allait faire perdre du temps (1 mois !) pour relancer l’activité cybersécurité, etc. Encore un bel exemple du « dialogue social » pratiqué par la direction.

ATR : DE MAL EN PIS !

Comme l’an dernier, la direction a mis en place à l’automne une session de rattrapage pour les augmentations individuelles de salaire (ATR dans son jargon). L’enveloppe est maigre : 9 % des salarié·es ont été augmenté·es avec une augmentation médiane de 2,6 %. En tout, avec la session de mars, cela représente seulement 1/3 des salarié·es. Ce qui signifie que 2/3 des salarié·es chez Infra ne sont pas augmenté·es cette année, alors que l’inflation en 2024, même si elle a baissé par rapport aux années précédentes, a été tout de même de 2 %.

D’année en année, la direction aggrave sa politique de « modération salariale » (sic) : l’an dernier, c’était 45 % des salarié·es qui avaient été augmenté·es avec une augmentation médiane de 3,3 %. Il y a 2 ans, 58 % avec une augmentation médiane de 5 %. Avec une inflation cumulée de 12,1 % de 2022 à 2024, le constat est terrible : une grande majorité de salarié·es de Capgemini Infra a subi une baisse importante de son pouvoir d’achat ces dernières années. Alors, à quand une mobilisation de toutes et tous pour obtenir une augmentation générale des salaires ?

Dessin humoristique de babouse

PARTIE VARIABLE : LA PRIORITÉ ?

Le CSE infra a très majoritairement voté une motion sur la partie variable de la rémunération. Il est incontestable qu’il y a un gros problème à ce sujet, comme le détaille d’ailleurs la motion : la direction communique tardivement en cours d’année sur les modalités, fixe aux salarié·es des objectifs le plus souvent irréalisables, etc. Et il n’était bien sûr pas question pour la CGT de voter contre

Ceci dit, la motion adoptée est un peu bancale : d’une part il n’est pas fait mention d’une échéance avant laquelle la direction devrait accéder aux exigences listées, d’autre part il est juste indiqué que le CSE se réserve le droit d’engager toute action juridique nécessaire, sans donner de mandat, ce qui veut dire qu’il s’agit d’une menace en l’air, que si d’aventure le CSE jugeait nécessaire d’aller en justice, il faudrait repasser par une nouvelle réunion du CSE et le vote d’une nouvelle motion. De plus, il faut rappeler que la partie variable concerne une minorité de salarié·es, moins de 20 %, et parmi les moins mal rémunéré·es. La CGT s’étonne donc que parallèlement à cette motion sur la partie variable, la majorité du CSE n’ait pas songé à faire une motion dénonçant de façon globale la politique antisalariale de la direction : voir ci-dessus le bilan ATR, qui montre que la majorité des salarié·es n’a pas été augmentée cette année.

BUDGET ASC DU CSE : POSITIF POUR LE TRÉSORIER, NÉGATIF POUR LES SALARIÉ·ES

Au CSE a été présenté un bilan d’étape sur la consommation du budget ASC à l’issue du 1er semestre 2025. Le bureau se félicite que les dépenses soient restées dans les clous. Soit, c’est un progrès par rapport aux années précédentes. Mais ce n’est que la conséquence de la politique d’austérité mise en place par la majorité du CSE, avec une réduction drastique des subventions versées aux salarié·es

Dessin humoristique de babouse

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Publié le :
22 octobre 2025

Flash CSE Central septembre 2025

CIR : LA LANGUE DE BOIS DE LA DIRECTION

En ces temps d’austérité budgétaire, l’émission télévisée Complément d’Enquête s’est intéressée aux multinationales, « les (vraies) assistées de la république » : 211 milliards d’euros d’aides publiques versées en 2023 selon un rapport du Sénat. Parmi ces multinationales, figure Capgemini. Le reportage montre notamment comment Capgemini, qui a touché 71 millions d’euros au titre du CIR (Crédit d’Impôt Recherche), détourne le CIR pour payer des salarié·es en intermission, dont les activités n’ont pourtant pas grand-chose à voir avec la R&D.

En CSEC, la CGT interpelle la direction sur ces pratiques douteuses, voire même frauduleuses. La direction, « droite dans ses bottes », réplique qu’elle n’a jamais eu de redressement fiscal sur le CIR de la part de l’État : et pour cause, le reportage montre que les contrôles étatiques sont souvent de simple formalités pour les grandes entreprises !

La CGT rappelle que Capgemini est la 1ère ESN européenne, qu’elle est très rentable (elle a réalisé un résultat net de 1,671 milliard d’euros en 2024), et trouve donc scandaleux que l’entreprise bénéficie d’argent public. Elle demande le montant et le détail de l’ensemble des aides publiques touchées par Capgemini, le CIR en représentant sûrement une petite partie, avec les exonérations massives de cotisations sociales, les subventions sur la formation, sur l’alternance, etc. La direction renvoie aux documents fiscaux officiels qu’elle publie, ou ces éléments ne figurent pas pour la plupart.

Dessin humoristique de Babouse

PLM EN PLS

Rappel, la direction veut regrouper au sein d’une même structure les salarié·es travaillant sur l’activité PLM (Product Lifecycle Management) : 385 salarié·es Apps de Capgemini TS iront ainsi rejoindre 361 salarié·es de Capgemini ER&D.

L’expertise pointe une différence significative de salaire entre les 2 groupes de salarié·es : 14 % de moins pour les salarié·es de ER&D.

L’expertise démontre que cet écart de salaire ne s’explique ni par une différence d’âge (l’âge moyen est a peu près le même), ni par une différence d’ancienneté (l’ancienneté est à peu près équivalente), ni par une différence géographique (la répartition des salariéEs entre IdF et région, les salaires sont traditionnellement plus bas en région qu’en IdF, diffère peu). Cet écart de salaire est principalement du à une politique salariale différente entre Apps et ER&D : ER&D est la partie « low cost » de l’UES Capgemini.

La direction ne veut surtout pas entendre parler de rattrapage salarial. Or, sans enveloppe dédiée, les augmentations salariales prévues sur ER&D risquent d’aller prioritairement aux 13 % de salarié·es ER&D travaillant sur PLM, qui sont mal payé·es par rapport à leurs collègues venant de Apps, et ainsi tous les autres salarié·es de ER&D seront pénalisé·eS. La CGT explique que le montant de cette enveloppe est facile à calculer : 6000 euros en moyenne de différence salariale multiplié par 361 salarié·es, cela fait un budget annuel d’environ 2 millions d’euros. La direction s’étrangle : pas question pour elle de lâcher ce « pognon de dingue ». Elle est rassurée par l’avis voté par la majorité du CSEC qui évoque un vague plan d’harmonisation salariale.

ESTER EN JUSTICE CONTRE LA DIRECTION : CE NE SERA PAS ENCORE POUR CETTE FOIS !

En juillet, le secrétaire du CSEC avait pressé le CSEC de rendre un avis sur la partie APA (Apport Partiel d’Actif) du projet PLM, alors que le rapport d’expertise avait établi que la direction n’avait pas fourni les documents requis. En septembre, ce même secrétaire demande au CSEC d’ester en justice contre la direction pour le manque de ces documents.

Là-dessus, coup de théâtre, la direction envoie rapidement un certain nombre de documents au CSEC. Dans la foulée, sans prendre le temps d’analyser ces documents, pour la plupart des documents de comptabilité analytique pas simples à appréhender par le commun des mortels (des élu·es), le CSEC vote très majoritairement une motion, sur proposition de son secrétaire, pour abandonner la procédure judiciaire à l’encontre de la direction.

La CGT déplore cette navigation à vue, qui dessert profondément les intérêts des salarié·es. Pour la CGT, le CSEC n’aurait pas du rendre d’avis en juillet sur l’APA PLM : voir notre flash CGT CSEC de juillet. Le CSEC aurait du poursuivre l’action en justice jusqu’à son terme. Avant de rendre un avis, le CSEC aurait du recourir à un complément d’expertise pour analyser les documents fournis par la direction et juger de leur bien fondé ou non par rapport à l’APA.

Dessin humoristique de Babouse

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Flash CSE Appli septembre 2025

La baisse à la hausse

Alors que les effectifs poursuivent leur baisse inexorable, on nous assure que la décroissance de l’activité économique aurait atteint son point bas. Une reprise serait même attendue dans les prochains mois… du moins, selon les discours de la direction :

  • FS : Les prévisions estivales ont été dépassées, et l’Arve frôle les 80 %. Bonne nouvelle !
  • APPS : Le marché est en recul. Pour maintenir artificiellement un taux d’activité élevé (80 %), la direction réduit fortement les effectifs. APPS est d’ailleurs l’entité la plus touchée par cette baisse. Elle espère compenser cette baisse par de nouveaux contrats dans l’armement …
  • I&D : La direction parle de reprise, mais l’Arve y est le plus faible du CSE, avec 10 points de moins que FS ou APPS.
  • SOGETI : La seule entité en réelle progression, mais avec fortes disparités régionales : Paris reste à la traîne, pendant que les grandes villes de province tirent leur épingle du jeu.

Et maintenant, place à la magie des chiffres :

Avec moins de salarié·es, le chiffre d’affaires et le bénéfice baissent mécaniquement. Mais attention :

Pour les salarié·es, les chiffres sont présentés en valeur absolue : moins de monde, moins d’activité, moins de résultats.

Pour les actionnaires, la direction préfère parler en valeur relative (pourcentage) : et là, miracle ! Le taux de marge se maintient actuellement.

Ce double discours permet de justifier les réductions d’effectifs tout en affichant une performance financière stable destinée à verser toujours plus d’argent à celles et ceux qui se nourrissent de notre travail.

Moins de bras, mais plus de rendement. Et toujours plus de dividendes…

meme La direction au milieu des flammes "this is fine"

Clermont City

Bien que les deux sites ne soient séparés que de quelques kilomètres, les déménagements chez Capgemini se font rarement dans l’intérêt des salarié·es.

Le site d’Aubière offrait 100 postes de travail, un parking public, et accueillait 200 salarié·es. Sa fermeture s’inscrit dans une logique d’économies d’échelle, avec pour conséquence une réduction drastique des espaces de travail.

Les salarié·es seront désormais redirigés vers le site du PIC à Clermont-Ferrand, flambant neuf et situé en centre-ville.

Mais derrière cette modernité se cache une réalité bien moins avantageuse : seulement 50 postes de travail, 35 places de parking, cinq fois moins d’espace disponible, et toujours 200 salarié·es rattaché·es au site.

La densité atteint un niveau préoccupant, avec moins de 4m² par poste, ce qui dégrade significativement les conditions de travail.

Pour celleux qui viennent en transports en commun, l’impact sera limité. En revanche, pour les automobilistes, la situation se complique : il faudra obtenir une place de parking, et les études sur les temps de trajet ont été réalisées hors périodes de bouchons.

On nous explique que, faute de données précises sur les embouteillages, il est impossible de les modéliser… ce qui permet opportunément de conclure à une stabilité des temps de déplacement.

Enfin, il ne s’agit pas de quelques ajustements marginaux : ce déménagement représente plusieurs centaines de milliers d’euros d’économies, réalisées au détriment du confort et de la qualité de vie au travail des salarié·es. Une fois de plus !

Un monde plus vert

Quittons le Puy-de-Dôme pour l’Isère, direction Montbonnot. Une fois encore, le scénario se répète : réduction des surfaces, des postes, des places de parking, au nom des économies d’échelle.

Le site actuel de Montbonnot, avec ses 6 500 m², 500 postes de travail et 250 places de parking et surtout une ergonomie et surtout une ergonomie et un agencement du M3 permettant de travailler dans des conditions respectables (un effort particulier a été fait sur l’acoustique notamment), va être remplacé par un nouveau site à Meylan (plus proche de Grenoble… Mais à quinze minutes des actuels M2 et M3 !).

Ce dernier, bien que flambant neuf, ne proposera que 3 000 m², 250 postes de travail et 50 places de parking en 2028. Autrement dit, une division par deux de l’espace de travail, par cinq du stationnement, pour un nombre de salarié·es qui reste inchangé.

Alors, la direction nous dit que les salarié·es bénéficieront d’une salle de sport, d’une conciergerie et d’un un potager partagé (wtf ?).

Mais face à près d’un million d’euros d’économies sur le loyer, ces aménagements paraissent bien dérisoires, surtout quand on parle de la la perte d’un des rares bâtiments loué par Capgemini conçu pour le confort des salarié·es !

Faut-il y voir une anticipation de la prolongation du gel des salaires, et une incitation à cultiver ses propres légumes pour compenser ?

Cap allié des fascistes ?

Lors de la présentation des chiffres pour la practice I&D, le nom d’une solution déployée pour nos clients a fait tiquer vos élu·es CGT au CSE : Palantir.

Etonné·es, nous avons alors interpellé la direction, en demandant s’il s’agissait bien du Palantir de Peter Thiel, allié de Donald Trump. Celui là même qui a contribué à sa réélection et est soupçonné, à l’aide de ses logiciels de gestion de données tels que Foundry et Gotham, d’organiser une surveillance généralisée des citoyens Américains via ses bases de données (voir les nombreux articles de presse qui en font mention) utilisées par les services de police et militaires.

La direction nous a confirmé qu’il s’agissait bien de ce Palantir là, sans broncher outre mesure. Elle nous indique que des discussions stratégiques sont menées au plus haut niveau de Capgemini afin de traiter ce « partenariat » (utilisé pour des clients comme Equans, entre autres). Mais en attendant, le client est roi ! Et c’est lui qui décide de ce qu’il veut utiliser comme solution pour ses logiciels internes. Et nous, on se contente d’implémenter ce que nous demande le client. Ouf, nous voilà rassuré·es. Aucun risque que cet outil, aux mains des néo-fascistes Américain·es, ne puisse être utilisé pour les données des client·es Français de nos clients !

Enfin, nous avons tout de même tenu à rappeler que notre devoir de conseil devrait permettre d’orienter nos clients vers des solutions logiciels moins controversées.

Mais ce n’est vraiment pas un sujet pour la direction de Capgemini, qui semblait surprise de notre question. Tout va bien, le business avant tout, et tant pis pour les personnes déportées par l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, la police politique de contrôle de « l’immigration »), qui utilise les outils de Palantir, et tant pis pour les personnes probablement fichées illégalement et le financement à grand coups de milliards d’une politique autoritaire…

meme La direction au milieu des flammes "this is fine"

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Flash CSE INFRA Capgemini – FIN – Août 2025

VICTOIRE DES SALARIÉ·ES EN CE JOUR DE RENTRÉE !

La direction avait pour projet la modification du planning d’astreinte et des horaires de travail. Ce projet prévoyait d’effectuer la semaine de travail sur 4 jours au lieu de 5, et ce sans réduction du temps de travail. En imposant le mercredi comme jour de repos lorsque le ou la salarié·e est d’astreinte le week-end, la durée quotidienne de travail prévue par la direction était étendue jusqu’à 9 h10 avec une amplitude de 10h10. Le projet ne modifiait rien sur les astreintes elles-mêmes par rapport à l’existant, si ce n’est un démarrage le vendredi au lieu du lundi. L’objectif principal était donc de modifier la durée de travail quotidienne des salarié·es, les obligeant à travailler 1h50 de plus chaque jour !

 

Le bulldozer Capgemini !

La direction a tenté, coûte que coûte, de s’affranchir de ses obligations, en remettant en cause les droits de la représentation du personnel. Ce sont les actions de la CGT qui ont permis de contrer le projet de la direction. En effet, le projet pilote n’a pas pu démarrer le 1er août, comme elle l’avait prévu en raison de la convocation du CSE le 27 août qui faisait suite à la demande motivée de la CGT. Nous sommes parvenu·es, grâce au travail de la CGT Capgemini, à obtenir, dans un premier temps, l’unité du CSE. En effet, celui-ci a voté une expertise à une large majorité et a exigé de rendre un avis sur ce projet.

La direction fortement contrariée !

Le recours à l’expertise a, de fait, modifié le calendrier. En raison de l’information en vue de consultation du CSE sur ce projet, il était impossible pour la direction de le mettre en œuvre dans les équipes au 4 septembre comme elle l’avait prévu dans un second temps. Le management a dû revenir vers les équipes pour expliquer que le projet n’est pas validé.

Cette obligation est d’ordre public, c’est-à-dire que nul ne peut y déroger (Article L2312-14 du Code du travail). La direction n’a donc pas eu le choix !

Retour à la niche !

La direction a vraiment très mal vécu cette unité du CSE. Elle a alors tout mis en œuvre pour ramener dans son giron les organisations syndicales habituellement complaisantes avec elle. Nous avons assisté à deux autres réunions, consacrées à la poursuite de ce CSE, particulièrement difficiles, à la limite du supportable. Les élu·es de l’alliance majoritaire CFDT, CFTC, FO, UNSA, n’ont cessé, par leurs manœuvres et leurs choix de vote, de donner des gages à la direction. L’apothéose a été atteinte lors de la dernière réunion, le lundi 1er septembre, lorsqu’ils ont insisté pour voter une motion pour se dédire de leurs engagements sur l’expertise. Cette démarche était complètement inutile, mais cela a visiblement ravi la direction.

La direction range son projet dans les cartons !

Avant cette dernière réunion du CSE, la direction avait envoyé un mail laconique expliquant la « décision d’abandonner le projet dans la forme qui [vous] a été présentée ». Il s’agit évidemment une grande victoire pour les salarié·es qui refusaient de voir leurs conditions d’astreinte encore davantage dégradées. Il existe déjà de nombreux problèmes concernant les astreintes, en particulier de nombreuses infractions à la Loi commises par Capgemini.

Restons méfiant·es, restons mobilisé·es !

Nous ne sommes pas dupes : si la direction a remballé son projet, c’est bien parce qu’elle était en difficulté face à la CGT qui a su réunir le CSE sur cette question primordiale. Elle a déjà annoncé son intention de ressortir ce projet d’ici la fin de l’année. Nous redoutons qu’elle bénéficie alors du soutien de la majorité du CSE, à nouveau rentrée dans son giron, pour tenter de le faire passer. Une modification des horaires ne peut se faire qu’à travers la négociation collective. Nous vous sollicitons dès à présent pour construire ensemble nos revendications sur le sujet. Nous ne manquerons pas d’aller à votre rencontre.

Faites-nous part de vos attentes, contactez-nous, syndiquez-vous à la CGT Capgemini.

 

Vous pouvez retrouver les flashs traitant des 2 premières réunions sur ce sujet ici :

🔗 Flash CSE INFRA Capgemini – Août 2025

🔗 Flash CSE INFRA Capgemini – Episode 2 – Août 2025 

Vous pouvez aussi retrouver notre déclaration lue au démarrage du CSE ici :

🔗 Déclaration CGT Capgemini CSE Extraordinaire Infra 27 août 2025

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Publié le :
3 septembre 2025
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Flash CSE Central juillet 2025

NANTES : LA PROFITABILITÉ AU DÉTRIMENT DES SALARIÉ·ES

Pour rappel, la direction veut fermer le site de St Herblain, réduire la surface du site d’Axéo, et regrouper la grande majorité des 2700 salarié·es de la plaque nantaise sur le site de Berlingot.

L’expertise mandatée par le CSEC confirme une multitude de problématiques : un taux de flex office très bas (en moyenne 1 poste de travail pour 2 salarié·es, et même pour certaines équipes 2 postes de travail pour 5 salarié·es), un risque fort de manque de places de parking, de casiers, d’espace de réunion, d’espace de restauration, une absence de visibilité sur l’organisation des (lourds) travaux sur le site de Berlingot, etc. Bref encore un projet immobilier de la direction qui privilégie les économies sur les coûts immobiliers(qui seront quasiment réduits de moitié !), au détriment des conditions de travail des salarié·es.

Dans ces conditions, il est dommage que le CSEC ait décidé de ne pas rendre un avis défavorable et de ne pas tenir compte des avis défavorables adoptés à l’unanimité par les CSE Altran et Infra.

PXCELL : BAD « PEOPLE EXPÉRIENCE »

Nous avions présenté dans le flash CGT CSEC de novembre 2024 le dernier étage du méga-projet Pxcell, la séparation et la transformation des fonctions RH et des fonctions recrutement. Nous alertions alors sur les RPS (risques psychosociaux) que cette réorganisation de fond en comble allait faire peser sur les équipes.

Depuis, malheureusement, beaucoup d’assistant·es, et aussi des PM (People Manager), subissent une grande souffrance au travail.

Comme d’habitude la direction minimise la chose, évoquant globalement « un climat de confiance et une appropriation progressive ». Des alertes, dont un DGI (danger grave et imminent), sur les conditions de travail des assistant·es ont été levées par des élus dans les CSE d’établissement.

La même souffrance semble désormais s’étendre également aux services paie. Nous vous en reparlerons prochainement.

Ne restez pas isolés, n’hésitez pas à contacter vos représentant·es CGT.

Dessin humoristique de Babouse

PLM : PAS LA (BONNE) MÉTHODE !

PLM, ce n’est pas le projet de loi sur les élections municipales à Paris, Lyon et Marseille. Il s’agit du «  Product Lifecycle Management », une activité en plein essor dans le secteur de l’industrie, notamment chez des clients de Capgemini comme Airbus ou EDF. La direction veut regrouper en une seule les 2 subdivisions qui travaillent sur PLM et qui sont actuellement dans 2 entités juridiques différentes, Capgemini TS (pour PLM Apps) et Capgemini ER&D (pour PLM ER&D), au moyen d’un APA (Apport Partiel d’Actif), et ensuite créer ce qu’elle appelle une « global practice » PLM.

L’intérêt pour l’entreprise de recourir à un APA est que les salarié·es que la direction a étiqueté·es PLM-Apps seront automatiquement transféré·es, et elle peut légalement licencier les salarié·es de Apps qui refuseraient leur transfert. Mais la réalisation d’un APA nécessite juridiquement que l’activité transférée soit autonome dans sa gestion et son fonctionnement. Or l’expert indépendant mandaté par le CSEC n’a pas pu établir l’autonomie de PLM-Apps, la direction n’ayant pas été en mesure de lui fournir les éléments comptables et financiers requis.

Par exemple, quel est le chiffre d’affaires qui sera transféré ? La direction ne répond pas. Et pour cause, ça peut varier du simple, si on prend en compte seulement l’activité des salarié·es transféré·es, au… triple si on prend en compte le chiffre d’affaires généré par l’ensemble des contrats de PLM-Apps. Autre problème, le périmètre de l’APA ne correspond pas à l’activité PLM proprement dite : ainsi, parmi les 376 salarié·es que la direction veut transférer, entre 10 et 20 % ne travaillent pas sur des projets PLM-Apps, alors qu’une majorité de salarié·es travaillant sur les projets PLM-Apps ne sera pas transférée…

Le rapport d’expertise a établi que les 2 volets du projet PLM sont complètement indépendants. En d’autres termes, une global practice (regroupement opérationnel) ne requiert pas d’APA (regroupement juridique) et inversement un APA ne nécessite pas de global practice. Pourquoi la direction a-t-elle décidé de lier les 2 sujets et pourquoi la direction est-elle pressée de faire son APA, alors que manifestement elle ne semble pas prête pour cela ?

Dans ces conditions, le CSEC aurait du faire comme le CSE ER&D : se déclarer dans l’impossibilité de rendre un avis éclairé sur ce 1er volet du projet PLM, l’APA, et reporter l’avis à l’automne, à l’issue de la consultation sur le 2e volet, la mise en place de la Global Practice, sous réserve que la direction fournisse d’ici là les documents manquants. Au lieu de cela, le CSEC a majoritairement accepté de rendre dès maintenant son avis, laissant ainsi le champ libre à la direction pour mener à bien son APA. Quel intérêt pour les salarié·es et leur droits  ?

Dessin humoristique de Babouse

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Publié le :
2 septembre 2025