#CSEC

Flash CSE Central février 2025

(IN)ÉGALITÉ PRO

Dessin humoristique de BabouseLa direction s’auto-congratule : l’égalité salariale femme homme serait presque atteinte chez Capgemini, l’écart salarial moyen au niveau de l’UES serait inférieur à 1 %. Bon, ça dépend de comment est fait le calcul. L’expertise commandée par le CSEC montre que la direction bidouille les critères d’application de la méthode, dite des « comparatios », qui est utilisé pour déterminer les écarts de salaires.

Résultat : il y a de moins en moins de salarié·es éligibles au rattrapage salarial et de moins en moins de salarié·es bénéficiaires.

La direction reconnaît que son objectif est purement financier, il ne faut pas dépasser l’enveloppe prévue : la suppression de l’inégalité salariale femme homme attendra ! Devant l’indignation des élu·es, elle rappelle que le montant de cette enveloppe (il est très bas, 0,04 % de la masse salariale !) est fixé par l’accord égalité pro.

Quand la CGT pointe la responsabilité des organisations syndicales signataires de cet accord, la direction… prend leur défense. Même en prenant des critères d’application plus justes (des groupes de salarié·es plus grands, basés sur la codification de la convention collective et  pas sur les grades Capgemini, des seuils d’écart moyen pondéré par groupe bien moins élevés, etc.), la méthode des comparatios exclut forcément des groupes, alors que rien ne permet de supposer que les femmes qui sont dans ces groupes ne sont pas sous-payé·es par rapport à leurs collègues hommes.

PROJETS IMMOBILIERS : CAP SUR LES ÉCONOMIES AU DÉTRIMENT DES SALARIÉ·ES

Après une période d’accalmie, la direction a annoncé de nouveaux projets immobiliers : Cherbourg et Nantes. La logique reste la même : fermeture de sites, flex-office sur les sites restants, diminution drastique du nombre de postes de travail, etc. Résultat : une réduction énorme des coûts immobiliers qui alimente les profits de l’entreprise que la direction distribue ensuite à elle-même et aux actionnaires, et une dégradation des conditions de travail des salarié·es.

CHERBOURG

Lorsqu’en 2014 Capgemini a racheté pour une bouchée de pain Euriware, filiale informatique d’Orano, il y avait plus de 500 salarié·es réparti·es sur 4 sites. Aujourd’hui, après la perte du contrat SOF, il ne reste plus que 330 salarié·es sur 2 sites. Mais 2 sites, c’est encore trop pour la direction qui veut fermer Digulleville et transférer ses 161 salarié·es sur Equeurdreville. Conséquences pour les salarié·es, une baisse de 35 % du nombre de postes de travail, un taux de flex office qui va passer de 1 poste de travail pour 1 salarié·e à 2 postes de travail pour 3 salarié·es, qui va même descendre pour certaines équipes à moins d’un poste de travail pour 2 salarié·es.

A la clé, une réduction de 28 % des coûts immobiliers : qui dit mieux ? Nantes…

NANTES

Capgemini France (avec Altran) occupe actuellement 3 sites sur l’agglomération Nantaise et emploie 2700 salariéEs.

La direction veut fermer le site Trenet à St Herblain, réduire des 3/4 la surface du site Axéo, et regrouper la grande majorité des salarié·es sur le site de Berlingot. Conséquences pour les salarié·es, une baisse de 42 % de la surface de bureau, une baisse de 47 % du nombre de postes de travail, un taux de flex-office qui va passer de un peu moins de 1 poste de travail pour 1 salarié·e à 1 poste de travail pour 2 salarié·es et qui va même descendre pour beaucoup d’équipes à 2 postes de travail pour 5 salarié·es. A la clé, ce qui constitue l’objectif de la direction, une réduction de 48 % des coûts immobiliers : elle est pas belle la vie, pour les cadres dirigeants et les gros actionnaires de Capgemini ?

Dessin humoristique de Babouse

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Publié le :
31 mars 2025

Flash CSE Central Janvier 2025

ET UN TOUR DE VIS SUR LE RÈGLEMENT INTÉRIEUR DE L’UES CAPGEMINI !

La direction a ajouté des restrictions pour les salarié·es et des pouvoirs supplémentaires pour la direction, dans le règlement intérieur qui est déjà long comme le bras.
Une nouvelle obsession de la direction semble être les casiers, caissons et vestiaires, individuels ou collectifs. Ainsi, sous couvert d’« hygiène et de sécurité au travail », il est interdit aux salarié·es d’y stocker des denrées périssables (même pour une courte durée ?) et des matières dangereuses (c’est quoi précisément une matière dangereuse dans la consommation courante ?) et la direction s’attribue le droit de les ouvrir à tout moment, hors de la présence des salarié·es qui les utilisent. La direction ferait mieux de se préoccuper de fournir des casiers ou de caissons en quantité suffisante, il en manque sur certains sites. Une autre obsession de la direction semble être le badge professionnel. Chaque salarié·e a l’obligation de le porter « en permanence et de manière visible » dans les locaux de l’entreprise et aussi de le retirer à l’extérieur. Gageons que la hiérarchie va donner l’exemple. De plus, il est interdit d’entrer à plusieurs avec un seul badge : alors si un chef vous demande de le faire passer dans un « portillon non gardienné », parce qu’il a oublié son badge, surtout refusez…
Sur la vidéoprotection, la direction se fait un malin plaisir de rappeler « la consultation cadre » par laquelle le CSEC, malgré l’opposition de la CGT, avait renoncé à son droit d’être consulté sur le déploiement de tout nouveau dispositif de vidéoprotection sur un site Capgemini.
Enfin, rappelons que l’article 18 sur « la neutralité » (sic), qui interdit aux salarié·es « le port visible de signes politiques, philosophiques ou religieux distinctifs et de manifester ses convictions politiques, philosophiques ou religieuses », constitue une violation manifeste de la liberté d’expression des salarié·es sur leur lieu de travail.

ET UN TOUR DE VIS SUR LA CHARTE INFORMATIQUE DE L’UES CAPGEMINI !

Dessin humoristique de BabouseQuelques exemples. L’article « sécurisation de l’espace de travail » stipule que un·e salarié·e « est responsable de la sécurisation de son espace de travail physique et virtuel, individuel et collectif » : donc y compris l’espace de travail collectif ? Dans l’article « accès au système d’information et au réseau », il est interdit à un·e salarié·e de se connecter à un réseau client avec un pc fourni par Capgemini : comment dans ces conditions les salarié·es en clientèle peuvent ils, pendant leurs heures de travail, remplir les multiples tâches administratives imposées par Capgemini ? Les articles « Messagerie professionnelle et utilisation d’internet » et « Utilisation des réseaux sociaux et des sites/espaces ouverts » sont assortis d’un tas d’interdictions supplémentaires : rappelons que chaque salarié·e a la possibilité d’en avoir une utilisation personnelle sur son lieu de travail et dispose d’un droit à la liberté d’expression au travail.
Au fil des modifications successives de la « charte d’utilisation du système d’information et de protection des données », la direction reporte de plus en plus sur les salarié·es ses propres responsabilités en matière de sécurisation des données de l’entreprise et de ses clients. De plus, elle fait peser sur les salarié·es de plus en plus de devoirs et d’obligations tout en ne leur fournissant pas les moyens, en termes de formation ou d’équipement. Si vous avez des questions ou des soucis,
n’hésitez pas à contacter vos représentant·es CGT.

LES RPS PIXELISÉS ?

Dessin humoristique de BabouseDans les flashs CGT CSEC des mois derniers, nous avions évoqué les différentes briques de la grosse réorg globale et mondiale baptisée Pxcell : dans le désordre, « getsuccess », « people manager », « taxonomie », « unified grades », « professionnal communities », « replicon », réorg des services RH, etc. Sous couvert de standardisation et de normalisation à l’échelle du groupe, ces projets sont déployés à marche forcée en ce début d’année, tout en n’étant pas finalisés, et pas adaptés à l’environnement d’un pays comme la France. De plus ils constituent un chamboulement complet des conditions de travail pour l’ensemble des salarié·es, notamment un changement d’équipe, de manager, d’interlocuteur (en premier lieu un robot, en second lieu un support offshore) et présentent une menace grave de RPS (risques psycho-sociaux). Même la direction semble appréhender des RPS. Et elle a une solution, faire appel à un cabinet extérieur, Oasys, dirigé par une certaine Myriam El Khomri. Oui, il s’agit bien de l’ancienne ministre du travail de Hollande, chargée d’appliquer la fameuse loi travail de 2016, laquelle a constitué une grave régression sociale et fait descendre dans la rue des centaines de milliers de salarié·es. On est mal barré·es !

LE CSEC SE PRONONCE CONTRE L’ÉGALITÉ PRO !

Le CSEC avait engagé une expertise pour déterminer quelle serait la meilleure méthode pour identifier les écarts de salaires entre femmes et hommes. Nous l’expliquions dans le flash CGT CSEC d’octobre 2024, la méthode utilisée jusqu’ici, dite des « comparatios » est une usine à gaz et comporte beaucoup de trous dans la raquette. Résultat, la majorité UNSA-CFDT-CFTC-FO du CSEC a choisi, avec le soutien de la direction, de continuer avec la méthode des « comparatios », au lieu d’opter pour la méthode dite des « nuages de points » qui est beaucoup plus performante : sans commentaires !

Dessin humoristique de Babouse

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Publié le :
26 février 2025

Flash CSE Central décembre 2024

Les rapports d’expertise commandés par le CSEC donnent quelques informations intéressantes en matière économique et sociale. Pour rappel, l’UES Capgemini se compose des CSE Appli (et ses sous-entités Apps, FS, Sogeti, etc.), Infra (CIS), Ingénierie (ER&D), Invent (Consulting) et Corporate (Services et Gouvieux). Elle représente la partie française du groupe (monde), moins l’UES Altran (Altran a été racheté par le groupe Capgemini en avril 2020) et la société chapeau, Capgemini SE.

RÉSULTATS ÉCONOMIQUES DE L’UES : EN LIGNE AVEC CEUX DU GROUPE

Le chiffre d’affaires (managé) de l’UES Capgemini (hors Corporate) représente environ 16 % du chiffre d’affaires du groupe. Il connaît une évolution en phase avec celui du groupe. L’UES Capgemini a même fait mieux en 2023 avec +3,7 % de croissance contre +2,4 % pour le groupe. Elle a un taux de marge opérationnelle confortable, comparable à celui du groupe : elle a fait légèrement mieux en 2022 avec 13,2 % contre 13 % pour le groupe. Elle a décroché un peu en 2023 et cela risque de se poursuivre en 2024, le marché européen et notamment français étant moins dynamique et moins lucratif que le marché américain.

Bref, quand la direction nous dit qu’en France la situation économique de Capgemini n’est pas bonne, par exemple pour justifier une non augmentation de notre salaire, il faut lui répondre, chiffres à l’appui.Dessin humoristique de Babouse

TAXES VERSÉES AU GROUPE : EN HAUSSE !

L’UES Capgemini verse au groupe différentes taxes qui servent à gaver les cadres dirigeants : les « logo fees » (pour pouvoir utiliser la marque du groupe), les « management fees » (pour « bénéficier » des services administratifs du groupe), les allocations « SBU » (pour payer les coûteux services centraux du groupe), les attributions gratuites d’actions (là, pas besoin de traduire !). Leur montant total est passé de 5,8 % du chiffre d’affaires de l’UES en 2019 à 6,8 % en 2023. Il croit nettement plus que le chiffre d’affaires ou la marge opérationnelle : par exemple en 2023 il a augmenté de 10 %, contre 3,7 % pour le chiffre d’affaires et 1,3 % pour la marge opérationnelle de l’UES. A la 1ère place sur le podium, les allocations SBU avec +15 % par rapport à 2022. Quant aux actions gratuites, leur nombre a explosé de +22 %, leur valeur a augmenté de « seulement » +7 % car l’action a baissé en 2023.

IMPÔTS PAYÉS PAR CAPGEMINI EN FRANCE : « OPTIMISÉS » !

Initialement, Capgemini devait verser 126,6 millions d’euros au fisc français en 2023. Mais la France possède une attractivité fiscale indéniable, quoiqu’en dise le MEDEF. Déduisez le fameux CIR (Crédit d’Impôt Recherche, 71 millions d’euros !), les déficits de quelques filiales (Capgemini a 23 filiales en France !) dans le cadre de l’intégration fiscale, le crédit d’impôt étranger, le crédit d’impôt mécénat, etc. Résultat, Capgemini n’a payé en tout que 41,7 millions d’euros d’impôts en France, ce qui représente moins de 1 % du chiffre d’affaires et de l’ordre de 7 % de la marge opérationnelle, réalisés en France. Une baisse d’impôt des 2/3 : elle est pas belle la vie pour les grandes entreprises ?

ET POUR LES SALAIRES, C’EST TOUJOURS LA SOUPE À LA GRIMACE…

Pour la suite, sdbam signifie salaire de base annuel médian. C’est du brut fixe, sans la partie variable. Quand l’année n’est pas précisée, il s’agit de 2023.

Le sdbam sur l’UES a progressé de +3,9 % par rapport à 2022, alors que l’inflation était de 4,9 %. Il a progressé de +7,4 % depuis 2019, alors que l’inflation cumulée de 2019 à 2023 est de 13,3 %. La CGT le rappelle régulièrement, la grande majorité des salarié·es de (qui restent à) Capgemini subit une baisse de pouvoir d’achat depuis des années. Chaque salarié·e (y compris en incluant les 8159 salarié·es « offshore » qui travaillent pour l’UES) a produit une richesse moyenne (chiffre d’affaires annuel managé divisé par le nombre de salarié·es) de 98 k€ et a rapporté à l’entreprise un bénéfice moyen (marge opérationnelle annuelle divisée par le nombre de salarié·es) de 12,6 k€ : et la direction nous dit qu’en France nous ne sommes pas productifs !

DE FORTES DISPARITÉS DANS LES SALAIRES

Le sdbam connaît d’importantes disparités au sein de l’UES Capgemini :

  • au plan géographique : il existe un écart de +27 % en faveur de l’IdF par rapport aux autres régions, et hors IdF, l’écart varie en tout de 6 % entre la région du Nord (40k€) et la région Rhône-Alpes-Auvergne (42,3k€)tableau des sdbam par régions
  • par entité ou sous-entité : ER&D a le plus bas sdbam ; à l’opposé, Capgemini Services a un sdbam qui est 2,5 fois celui de ER&Dtableau des sdbam par établissement juridique
  • par grade : à noter que pour les grades les plus élevés, s’ajoute la partie variable (qui ne concerne en tout que 17 % des salarié·es de l’UES) : par exemple la rémunération médiane des VP est 6 fois celle des grades A !tableau des sdbam par grade

CONGÉS : LA DIRECTION PERSISTE DANS L’ILLÉGALITÉ

La direction a présenté la note de service sur le temps de travail pour l’année 2025. La CGT, comme les années précédentes, a dénoncé l’illégalité de l’article 4.1 intitulé « cas particulier de la fermeture du site client ». Les références faites à la convention collective Betic sont fallacieuses. Celle-ci ne parle pas de la fermeture de site client mais de la fermeture de l’entreprise (employeur), donc de Capgemini. La direction ne peut donc pas imposer à un·e salarié·e de prendre des congés payés (sauf les RTT à l’initiative de l’employeur) en cas de fermeture d’un site client.

Dessin humoristique de Babouse

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Publié le :
17 janvier 2025

Flash CSE Central novembre 2024

LE DÉBUT DE LA FIN DE LA GRANDE RÉORG RH

La direction présente son projet mondial et global de « transformation RH » baptisé Pxcell. Non, cela n’a rien à voir avec la technologie du même nom développée par la Nasa. En jargon Capgemini, Pxcell signifie « people experience » : on peut craindre que les salarié·es fassent un « very bad trip » !

La direction avait vaguement évoqué Pxcell en octobre 2022 : une com « bullshit » (« une fonction RH globale, intégrée et agile », « une organisation centrée sur les talents », « pour développer une expérience collaborateur digitale et innovante », « pour porter l’innovation », etc.), et un calendrier étalé sur 3 ans avec 4 vagues géographiques (par groupe de pays). Elle s’était bien gardée à l’époque de présenter une vue d’ensemble avec son ordonnancement en 5 (ou 6) parties. Elle a ensuite consulté le CSEC sur chaque partie, l’une après l’autre, indépendamment des autres. La direction aurait voulu brouiller les pistes, masquer les interactions croisées entre ces différentes parties, minimiser l’impact sur les conditions de travail des salarié·es, qu’elle ne s’y serait pas prise autrement.

Le premier étage de la fusée Pxcell, c’était « getsuccess » (voir flash CGT CSEC de janvier 2023). Ensuite il y a « people manager » et « taxonomie » (ah non, la direction dit que « taxonomie » ne fait pas partie de Pxcell : pourtant, voir ci-après), puis « unified grades » et « professionnal communities » (voir flash CGT CSEC d’octobre 2024). L’atterrissage est prévu en France pour avril 2025.

Le DRH de l’UES Capgemini prévient que la mise en œuvre prendra du temps. Il faut, parait il, « changer de culture d’entreprise » : le DRH invoque la fameuse nécessité du changement, pour être plus performant, plus efficace, plus réactif, etc., (c’est forcément positif puisque c’est la direction qui l’élabore et qui le conduit !) et tance le « conservatisme » (sic) des représentant·es du personnel qui seraient réfractaires au changement.

A la CGT, nous cherchons à comprendre et force est de constater qu’il manque encore pas mal de pixels pour avoir une image complète et précise de Pxcell. Ce qui est certain, c’est que ce projet, comme quasiment tous les projets de la direction, est « orienté business », c’est-à-dire qu’il vise à faire des économies sur les coûts de gestion du personnel et à dégager encore plus de profits, au détriment des conditions de travail des salarié·es.

« ORGANISATIONS ET SOLUTIONS »

Ce dernier étage de Pxcell intègre une réorganisation et une séparation hiérarchique des fonctions de recrutement et des fonctions RH proprement dites. Cette séparation du recrutement ne préfigure pas pour autant un changement de modèle. Capgemini continuera à recruter des grades A, c’est-à-dire principalement des jeunes frais émoulus d’écoles d’ingénieurs, qui quitteront l’entreprise au bout de quelques années car leurs salaires ne sont pas suffisamment augmentés, et qui seront remplacé·es par d’autres jeunes nouvellement diplômé·es.

A LA CGT, NOUS CHERCHONS À COMPRENDRE ET FORCE EST DE CONSTATER QU’IL MANQUE ENCORE PAS MAL DE PIXELS POUR AVOIR UNE IMAGE COMPLÈTE ET PRÉCISE DE PXCELL.

Cette réorg est annoncée à effectif constant. Mais, précise la direction, pas forcément avec les salarié·es en poste actuellement. D’une part, les salarié·es qui n’adhéreront pas à la nouvelle organisation partiront : « de l’attrition naturelle » selon la direction. D’autre part, il y aura une augmentation des effectifs « offshore », au moins sur la partie RH.

Le changement pèsera principalement sur les épaules des équipes RH. Pas de soucis, la direction a tout prévu, elle a élaboré « un plan de prévention », avec l’aide d’un cabinet externe spécialisé dans les RPS (risques psychosociaux). La montagne accouche d’une souris : en fait « d’analyse approfondie des RPS », il y a 4 diapos dans le document, qui en compte 69, présenté par la direction, et aucun rapport ne sera rédigé.

Cela impactera aussi les conditions de travail de l’ensemble des salariéEs. Des nouveaux « process » intégrés dans l’outil SucessFactors remplaceront des outils très utilisés, comme MyConnect ou MyLearning par exemple. Les salarié·es posteront toutes leurs demandes de modifications administratives ou contractuelles dans SuccessFactors. Et après c’est la boite noire : le retour se fera par un chatbot au niveau 0, ou par des équipe « offshore » au niveau 1, ou par des équipe « onshore » aux niveau 2 et 3. La direction répète que c’est pour « le bien être » du ou de la salarié·e et iel doit « comprendre et ressentir les bénéfices de la transformation ». Et puis cela va lui donner « plus d’autonomie » : traduisez plus de tâches administratives à sa charge.

RETOUR SUR « TAXONOMIE » ET « PEOPLE MANAGER »

Dessin humoristique de BabousePour résumer (cf flash CGT CSEC de septembre 2024), la partie « taxonomie », c’est la réorg de l’ensemble des Business Lines (BL), avec leur normalisation au niveau mondial et leur découpage en practices et sub-practices (minimum 100 salariés), la partie « people manager » c’est la mise en place d’un management unique de proximité, avec la suppression des « career manager ». La direction affirme que ce sont 2 projets indépendants qui avancent en parallèle, « taxonomie » serait organisationnel, alors que « people manager » serait RH. L’expertise commandée par le CSEC l’infirme : les 2 projets sont bien liés et appartiennent tous les deux au mégaprojet Pxcell.

Les « people manager » s’intègreront dans une subpractice de la « taxonomie » et devront respecter les mêmes critères, à savoir la priorité à la proximité métier plutôt qu’à la proximité géographique.

Dans l’état actuel, il existe beaucoup d’inconnues (la liste ci-dessous n’est pas exhaustive !) :

  • comment s’articuleront les practices et les sub-practices de la « taxonomie » avec les « communautés professionnelles » ?
  • comment sera réparti l’ensemble des salarié·es dans les différentes practices et subpractices ?
  • quels seront les critères de « cross-staffing » des salarié·es pour les missions internes, pour un client, à l’international, etc. ?

Avec le risque d’éclatement des équipes actuelles qui travaillent principalement sur des missions locales et la crainte d’une mise en concurrence des salarié·es entre elleux, d’une compétition permanente entre les équipes, les pays.

  • quels sont les critères de désignation des « people manager » (hors le grade minimum C) et comment seront déterminées les équipes de salarié·es qu’iels encadreront ?
  • combien y aura-t-il de « people manager »(avec 4 à 10 salarié·es à manager, leur nombre peut varier de 2900 à 7000) ?
  • que deviendront les salarié·es que la direction veut nommer « people manager » mais qui ne souhaitent pas le devenir et qui préfèrent continuer à développer leur expertise technique ? Que deviendront les « career manager » (leur nombre actuel est de 6142) qui ne seront pas promu·es « people manager » ?
  • quelles relations entre les « people manager », qui seront des responsables hiérarchiques N+1, et les services RH remodelés ? – quand les différents « mapping », répartissant l’ensemble des salarié·es dans les 25 « communautés professionnelles », dans les practices et les sub-practices de « taxonomie », seront-ils communiqués ?

La direction n’apporte pas de réponse à ces questions mais répète que le calendrier prévisionnel doit être tenu. Bref, on y va… dans le mur ?

Dessin humoristique de Babouse

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Publié le :
17 décembre 2024

FLASH CSE CENTRAL juillet 2024

TOULOUSE : LA RENTABILITÉ AVANT TOUT !

Résumé de la tectonique des plaques du bassin Toulousain : en 2020, Capgemini, après avoir acheté Altran, disposait en tout de 10 sites, soit 49800 m² et 5134 postes de travail pour 6 600 salarié·es (y compris celles et ceux en clientèle) ; en 2021, Capgemini a fermé 2 sites, Galilée et Pythagore, diminuant la surface immobilière à 43800 m² et le nombre de postes de travail à 4270 et passant partiellement les autres sites en flex office ; fin 2024, la direction veut fermer 3 sites, Mesplé, Aéropark et Claude-Marie Perroud, réduisant la surface immobilière à 32 300 m² et le nombre de postes de travail à 3 057 pour… 7 000 salarié·es (y compris 1 570 en clientèle), et 7 700 prévu·es à l’horizon 2026, et généralisant le flex office sur les 5 sites restants, Eisenhower, Take-Off, Synapse, Aéropole, B12. En 2025, l’économie par rapport à 2020 réalisée sur les coûts immobiliers dépassera les 5 millions d’euros par an !

Dans le détail, les 487 salarié·es CIS Infra de Mesplé seront transféré·es sur Eisenhower ; les 804 salarié·es ER&D de Aéropark seront éparpillé·es sur Eisenhower (197), Take-Off (160) et Synapse (237) ; les 143 salarié·es Apps, les 61 salarié·es CIS Infra et les 17 salarié·es ER&D de Claude-Marie Perroud déménageront sur Eisenhower ; de plus 83 salarié·es ER&D du Take- Off et 7 salarié·es Invent de Synapse iront sur Eisenhower. En tout, 1 600 salarié·es changeront de site, dont 1200 s’entasseront sur Eisenhower qui est déjà bien occupé. Sans compter un nombre important, et que la direction est incapable de donner, de salarié·es qui va changer de bureau à l’intérieur des sites restants. Vous avez suivi ?

Le rapport d’expertise commandé par le CSEC a recensé un grand nombre d’alertes et d’interrogations à propos des conditions de travail des salarié·es concerné·es par ce mega-projet immobilier toulousain. Par exemple, il y a un fort risque de dépassement du capacitaire incendie sur Einsehower et Take-Off, le renouvellement d’air s’avère insuffisant pour Eisenhower et Synapse, le nombre de places de parking est trop petit pour Take-Off et Synapse, l’accès à Eisenhower pour les salarié·es travaillant en horaires non ouvrés est problématique, le taux de flex-office est très bas pour des zones non sécurisées (seulement 2 postes de travail pour 5 salarié·es !), une étude acoustique serait nécessaire avec la densification des bureaux, la direction n’a pas finalisé les plans de microzoning, n’a pas communiqué de calendrier de présence sur site par projet…

La CGT a voté pour la motion adoptée en CSEC qui a notamment pointé tous ces problèmes et a rendu en conséquence un avis défavorable sur le projet de déménagement. Il aurait été logique que le CSEC rende préalablement un avis défavorable sur la fermeture des 3 sites. Mais comme nous le déplorions dans notre flash CSEC du mois dernier, la majorité du CSEC avait obtempéré au diktat de la direction et avait accepté de rendre un avis partiel, sans attendre le rapport d’expertise. A noter que le CSE Altran a aussi émis un avis défavorable sur ce projet immobilier.

REPLICON : LA DIRECTION NOUS PREND POUR DES ?

Capgemini déploie au niveau du groupe (monde) un logiciel de déclaration du temps de travail nommé Replicon, de l’entreprise américaine Deltek. L’objectif principal est, sans surprise, financier : il s’agit de gagner du temps sur les circuits internes de facturation à travers un suivi en temps réel de l’activité facturable des projets ; or comme dit le proverbe, le temps c’est de l’argent. Cet outil a déjà été déployé dans les filiales Capgemini mexicaine et… indienne. L’Inde, rendez-vous compte, c’est plus de la moitié des salarié·es du groupe, et cela s’est bien passé, nous dit la direction.

La France, c’est pour cette année. Mais ça coince. La direction avait initialement prévue le « go » au 24 avril, puis l’a ensuite décalé au 8 juillet « sous réserves » et seulement pour les salarié·es utilisant WTR (sous-entités Appli hors Sogeti), avant une 2e vague prévue en octobre pour les salarié·es utilisant Teweb. Les problèmes s’accumulent : les tests sont toujours en cours, la traduction de l’aide en français n’est pas terminée, la fonction saisie du temps de présence (temps de travail) n’est pas prête, l’interface avec le logiciel Whoz qui gère les codes projet n’est pas opérationnelle du fait du retard pris dans le déploiement de Whoz, etc. Et puis, se désole la direction, la législation sociale française est bien plus complexe (et plus protectrice) que la législation sociale indienne par exemple, en terme d’absences, de congés, de temps de travail, de temps de repos, d’astreintes, de récupération, etc., et sa prise en compte dans un outil anglo-saxon s’avère plus ardue que prévue.

La direction vante la simplification pour le ou la salarié·e : un seul point d’entrée, une seule saisie, pour ses temps d’activité (par projet), ses absences/congés, son temps de travail, etc., Replicon devant en effet remplacer les outils existants WTR, Teweb, Myrhoom, Smart RH, TOP, etc. La réalité est moins conviviale : le ou la salarié·e sera obligé·e de faire sa saisie hebdomadairement (le vendredi avant 10h) et non plus mensuellement, il devra faire une double déclaration, temps d’activité par projet et temps de travail global, il ne pourra pas remplir (ses congés d’été par exemple) plus de 6 semaines à l’avance, il devra dorénavant renseigner son lieu de travail, etc. Certes, l’outil permettra au salarié·e de déclarer son temps de travail réel, mais, pas de suprise, les heures supplémentaires seront soumises à la validation de la hiérarchie qui pourra les refuser et les « corriger » à son gré.

La CGT a voté pour la motion adoptée en CSEC, après avoir obtenu qu’elle soit modifiée afin de rendre un avis défavorable. La direction s’acharne à déployer pendant la période des congés estivaux un outil pas fini, pas abouti, qui dans sa customisation actuelle n’est absolument pas adapté à la situation sociale française. Les collègues d’Appli, entre autres les assistant·es, vont payer les pots cassés, avec la surcharge de travail et les RPS (risques psycho-sociaux) qui en découleront.

RENNES : LA DIRECTION NAVIGUE À VUE

L’an dernier, la direction nous présentait son projet immobilier sur l’agglomération rennaise, comportant la fermeture de 4 sites et le regroupement des salarié·es sur le site restant du Spiréa, moins le batiment A. la direction nous assurait bien évidemment comme à chaque fois que tout allait bien se passer et qu’il n’y aurait aucun manque de place. Le rapport d’expertise commandée par le CSEC était d’un avis différent : il concluait qu’il allait manquer au minimum 130 postes de travail en 2024 et probablemennt le double en 2025 et suggérait de garder le batiment A du Spiréa. Un an plus tard, la direction nous annonce en grande pompe la prise à bail du… batiment A du Spiréa et de ses 190 postes de travail : de qui se moque-t-on ? L’économie réalisée sur les coûts immobiliers ne sera « plus que » de 1,8 millions d’euros par an !

cardboard box lot

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Publié le :
20 août 2024

Flash CSEC mai 2024

Orientations stratégiques : beaucoup de bull-shit !

La direction a présenté en Comité social économique central (CSEC) les « orientations stratégiques » des différentes entités de l’UES Capgemini :

  • Invent,
  • Corporate,
  • Infra (dit CIS par la direction),
  • Ingénierie (dit ER&D),
  • Appli.

Et même décliné en sous-entités, puisqu’il n’y a pas moins de 5 documents pour les « orientations stratégiques » du périmètre Appli :

  • Apps (Application Services),
  • FS (Financial Services),
  • Shared Services, Sogeti
  • I&D (Insights Data)

Bon courage aux membres du CSE Appli.

Les documents présentés par la direction ont des formats et des contenus différents. Par exemple certains fournissent des prévisions sur 3 ans, d’autres seulement sur l’année 2024. Et enfin beaucoup ne donnent pas de chiffres, ce qui est un excellent moyen pour ne pas se tromper !

Au niveau des résultats économiques, seuls Infra et Sogeti se lancent dans des prévisions chiffrées pour 2024 :

  • Infra anticipe une progression de 1,2 % de son chiffre d’affaires (après 2 % en 2023) et de 2,2 point de son taux de profitabilité (après une baisse de 1,6 points en 2023),
  • Sogeti anticipe une progression de 4,5 % de son chiffre d’affaires (après 1 % en 2023) et de 1,2 point de son taux de profitabilité.
  • Ingénierie et FS se projettent sur 2027 : Ingénierie ambitionne une hausse de 35 % de son chiffre d’affaires d’ici 2027 (après 10 % en 2023),
  • tandis que FS prévoit une croissance « ambitieuse », c’est-à-dire supérieure à celle du marché, d’ici à 2027, mais sans fournir de chiffres.

Au niveau « people » (sic) comme dit la direction, comprenez les effectifs, tout le monde y va de ses perspectives de recrutement pour 2024 :

280 pour I&D, 420 pour FS, 500 pour Invent, 700 pour Ingénierie, 800 pour Infra, 1140 pour Sogeti, 2080 pour Apps… soit au total 5900 recrutements prévus, ce qui représente 1/5 des salarié·es de l’UES.

Mais combien y aura-t-il de départs de salarié·es ?

En cumulant les prévisions des différentes entités pour fin 2024, hors Invent qui se n’est pas aventuré à donner de chiffre, on arrive péniblement à 820 salarié·es supplémentaires fin 2024, ce qui représente une hausse de seulement 3 % des effectifs. Tout ça pour ça. Et ce n’est qu’une prévision, il est à craindre que le résultat final soit bien en dessous.

Sinon, il y a des anglicismes à la pelle, que la direction ne prend pas la peine de traduire. De plus, des éléments reviennent dans beaucoup de documents : sustainability, générative IA, mise en œuvre de GTM-Replicon, etc. Une forte « orientation stratégique » peut être résumée sans rire par : «  on se renforce sur les comptes où on est leader et on se développe sur les comptes où on n’est pas leader ». Et dire que des cadres dirigeants de l’entreprise sont payés très cher pour produire de tels concepts.

Un·e élu·e CGT demande quelles sont les «  orientations stratégiques » de l’entreprise au niveau de l’UES. La direction répond qu’il n’y en a pas au niveau de l’UES (France), qu’il y en a au niveau du groupe (monde). Cet·te élu·e CGT demande alors que la direction présente en CSEC les « orientations stratégiques » du groupe.

La direction refuse, expliquant que cela ne fait pas partie du périmètre du CSEC : encore un bel exemple de dialogue social de la part de la direction !

Séisme annoncé sur la « plaque toulousaine »

La direction a présenté un méga-projet immobilier sur Toulouse avec la fermeture de 3 sites :

  • Aeropark qui est partagé entre Ingénierie et Infra,
  • Mesplé qui est un site 100 % Infra,
  • Claude-Marie Perroud qui est partagé entre Appli, Infra et Ingénierie

Cela représente une diminution de la surface de bureau de 26 % et une réduction du nombre de postes de travail de 28 %. Ce qui impacte plus de 1600 salarié·es, qui vont être transféré·es vers les sites existants de Eisenhower, Take Off et Synapse, sans compter les salarié·es, dont la direction est incapable d’évaluer le nombre, qui vont changer d’étage à l’intérieur de ces sites.

Comme d’habitude, la direction le justifie par des taux d’occupation moyens « faibles ». Or une moyenne en terme d’occupation, cela ne veut pas dire grand-chose, ce sont les pics de fréquentation qui comptent. La direction projette un taux de flex office global de l’ordre de 1 poste de travail pour 2 salarié·es résident·es, sans tenir compte des salarié·es qui sont en clientèle et et qui peuvent revenir sur leur site de rattachement. A comparer avec le taux de flex office des sites qui vont fermer : plus de postes de travail que de salarié·es résident·es à Aeropark et à Claude-Marie Perroud, de l’ordre de 2 postes de travail pour 3 salarié·es résident·es à Mesplé.

Les conditions de travail des 1160 salarié·es actuellement présent·es sur ces 3 sites vont se dégrader énormément.

La direction avance différents enjeux. Un premier enjeu est de regrouper dans les mêmes bâtiments les salarié·es Apps (Appli) et Ingénierie qui sont actuellement sur des sites différents et qui travaillent sur des mêmes projets.

Doit-on en déduire que les 548 salarié·es Infra qui seront transféré·es de Mesplé et de Claude-Marie Perroud vers Eisenhower sont des victimes collatérales ?

Un 2e enjeu est parait-il de réduire l’empreinte carbone. Mais alors pourquoi fermer le bâtiment Claude-Marie Perroud qui est l’un des moins énergivores et pourquoi garder le plus gros site toulousain, Eisenhower, qui a un mauvais diagnostic de performance énergétique à E ?

Sans compter que Eisenhower est nettement moins bien desservi par les transports en commun, contraignant sans doute une bonne partie du millier de salarié·es qui y vont être transféré·es à prendre leur voiture. Le principal enjeu, que la direction se garde bien de mettre en avant, est bien sûr économique : une réduction des coûts immobiliers de plus de 3 millions d’euros par an !

Le CSEC a unanimement décidé de recourir à une expertise pour l’aider à analyser les tenants et les aboutissants de ce méga-projet immobilier. La direction a découpé la consultation du CSEC en 2 parties, une première sur la résiliation des baux immobiliers, une seconde, ultérieure, sur le déménagement.

Cela n’a pas de sens de se prononcer sur la fermeture des sites, indépendamment des conditions dans lesquelles le déménagement des 1600 salarié·es et l’aménagement des sites cibles pourraient se passer.

Pourtant, la majorité du CSEC a accepté de se soumettre au diktat de la direction. Sans attendre le rapport d’expertise, qui sera bientôt disponible, elle a rendu un avis partiel qui de fait avalise le projet de la direction de fermeture des 3 sites.

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Dessin humoristique de Faujour.

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Publié le :
24 juin 2024
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