#Réforme des retraites

GREVE pour nos retraites et nos salaires les 7 et 11 février

Emmanuel Macron a décidé de passer en force sa réforme des retraites contre l’avis de l’ensemble des organisations syndicales et d’une large majorité de la population.
Au lieu de répondre au défi énergétique, sanitaire et environnemental, le Gouvernement prend la grave responsabilité de plonger le pays dans un conflit social de grande ampleur.

Pourquoi cette réforme ?

Notamment pour contraindre les cadres et les professions techniciennes et intermédiaires à se tourner vers l’épargne retraite dans l’espoir de maintenir leur niveau de vie. Ce serait un cadeau en or pour les banques et les assurances mais un grave recul pour les salarié·es qui n’auraient aucune garantie de récupérer leur mise !

Trop c’est trop

Il s’agit de la 8e réforme en 30 ans qui organise la baisse des droits à retraite.
Dans le même temps les dividendes ont explosé et les grandes entreprises payent toujours moins d’impôts et de cotisations sociales.
En 2020, nous avons forcé le gouvernement à enterrer son projet de retraite à points.
Nous pouvons à nouveau faire changer la donne par notre mobilisation. Notre pays n’a jamais été aussi riche.
Ce que nous voulons, c’est  travailler moins et mieux, pas le contraire !

Tout le monde perdant…  

Aujourd’hui, les cadres partent à 63 ans en moyenne. Avec ce projet, les salarié·es devraient travailler beaucoup plus longtemps. Pourtant, l’espérance de vie en bonne santé stagne à 65 ans en moyenne. 
  • L’âge d’ouverture des droits serait augmenté de 3 mois chaque année dès la génération 1961. Il ne serait plus possible de partir avant 64 ans pour celles et ceux nés après 1968
  • Il faudrait avoir cotisé 43 annuités pour toutes celles et ceux né·es à partir de 1965
  • Les départs anticipés pour pénibilité, carrières longues ou régimes spéciaux seraient reportés de deux ans Une réforme injuste qui va précipiter la baisse des pensions
Seules 35 % des personnes de plus de 60 ans sont en emploi. Reporter l’âge de départ n’augmenterait pas l’emploi des seniors mais accélèrerait la chute du niveau des pensions déjà  sévèrement amputé par les précédentes réformes.
Pour un cadre du privé, sa pension totale représentait
  • 72 % du salaire de fin de carrière il y a 40 ans
  • contre 67 % aujourd’hui,
  • et 51 % dans 40 ans
(Source : AGIRC-ARRCO).
Vous accepteriez que, demain, votre fiche de paie soit amputée d’un tiers ? ! C’est ce que le gouvernement veut faire avec nos retraites.

Et si on parlait enfin financement ?

Le Gouvernement veut imposer sa réforme violente et injuste pour résoudre un déficit qui s’élèverait à 12 milliards à horizon 2030…
Pourtant, il a refusé d’examiner les nombreuses propositions des organisations syndicales qui permettent non seulement de remettre les comptes à l’équilibre mais, surtout, de financer la retraite à 60 ans avec au minimum 75 % du dernier salaire :
  • Mobiliser les 157 milliards d’euros annuels d’aides publiques aux entreprises
  • Mettre à contribution les revenus financiers des entreprises.(En 2022 les actionnaires des entreprises du Cac 40 ont touché 80 milliards d’euros, un sommet jamais atteint)
  • Élargir l’assiette des cotisations et y intégrer les primes des fonctionnaires, l’intéressement et la participation
  • Mettre fin aux 28 % d’écart de salaire entre les femmes et les hommes rapporterait 6,5 milliards par an dans les caisses
  • Augmenter les cotisations d’un point rapporterait près de 15 milliards d’eurosAugmenter les salaires, pas l’âge de la retraite !
Des augmentations générales des salaires amèneraient davantage de cotisations sociales pour financer les retraites et garantirait de meilleures pensions pour toutes et tous.
Alors que l’inflation atteint des records, gouvernement et patronat gèlent pourtant les salaires et nous excluent des augmentations générales en nous renvoyant à des primes ponctuelles.
Ainsi, en 2022, les salaires des cadres et professions intermédiaires ont baissé de 3,6 % en euros constants !
Pour garantir la juste rémunération de notre travail et de nos qualifications, la CGT revendique :
  • L’indexation des salaires sur les prix et le rétablissement de l’échelle mobile des salaires
  • La mise en place de sanction pour les entreprises qui discriminent les femmes
  • La revalorisation des métiers féminisés et la reconnaissance des qualifications
L’ensemble des organisations syndicales appelle à se mobiliser contre cette réforme violente et injuste. Le 7 février, chaque action, chaque manifestation, chaque heure de grève comptera pour l’avenir. Plus nous serons nombreuses et nombreux, plus vite le gouvernement sera contraint de retirer sa réforme !

À propos

Publié le :
3 février 2023

 GRÈVE POUR NOS RETRAITES ET NOS SALAIRES LE 31 JANVIER  !

Phénoménal ? Et même pas 3 fois rien !

La direction propose une augmentation de 0,52 % de la masse salariale soit moins de 3 fois plus que l’année d’avant qui était de 0,18 % de la masse salariale !
Ce ne sont que quelques miettes pour les plus petits salaires, 100€ /mois en brut, pour les moins de 30K€ cette proposition concerne 3 % des effectifs, pour celles et ceux qui sont entre 30K€ et 35K€ ça sera 83€/mois en brut et pour les moins de 43K€  soit 35 % des effectifs, ça sera 60€/mois en brut. 
Et puis c’est tout … pour la négociation, on ne peut rien avoir de plus car l’enveloppe est bloquée à  5,52 % de la masse salariale  dont 5 % non négociables car ces 5 % sont réservés aux promotions  (changement de grade ou de coefficient) et/ou au mérite, c’est ce que la direction appelle les augmentations individuelles, les AI.
Ce qui veut dire que la direction nous demande de négocier seulement sur les 0,52 % de la masse salariale et pour le reste ce ne sont que des décisions unilatérales de la direction ! Et elle ose nous dire que la négociation est loyale ?
La direction refuse de discuter sur des augmentations générales, et en particulier celle de 2 500 euros revendiquée en intersyndicale,, elle refuse que les augmentations individuelles soient négociées, elle refuse toute discussion en dehors de ses propositions, elle refuse une véritable  augmentation de l’enveloppe, elle refuse de parler de juste répartition, elle refuse d’aborder le partage des richesses, bref elle refuse de négocier !
Pourtant les chiffres et les résultats n’ont jamais été aussi bons. Pourtant le gouvernement continue à faire des cadeaux aux grandes entreprises du CAC40 comme Capgemini. Pourtant Capgemini profite du Crédit Impôts Recherche – CIR. Pourtant…etc
Alors comment demander ?

Mobilisation ?  Soyons 3 fois plus !

Ces dernières années, le gouvernement n’a jamais donné autant d’argent public aux grandes entreprises ! Cependant il continue à cibler les plus précaires, les sans emplois et les retraité.es. Il est temps d’exiger un meilleur partage des richesses que nous produisons. 
Aussi selon OXFAM France, taxer à peine 2 % la fortune des milliardaires français suffirait à financer le déficit attendu des retraites. Depuis 2020, les richesses mondiales ont été captées à 63 % par les 1 % les plus riches et à 37 % par 99 % de la population.  
C’est bien pour cela que cette réforme est injuste.
Deux ans de plus c’est trop ! Nous voulons la retraite à 60 ans et une augmentation générale de nos salaires !
Alors comment demander ?

La CGT Capgemini appelle toutes et tous les salarié·es à faire grève et à descendre dans la rue

le 31 JANVIER 2023 pour s’opposer à cette réforme.

Uni·es nous sommes et serons toujours plus fort·es !

Si vous ne l’avez pas déjà fait, signez la pétition contre la réforme des retraites !

https://www.change.org/p/retraites-non-%C3%A0-cette-r%C3%A9forme-injuste-et-brutale-reformesdesretraites

 

 

 

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À propos

Publié le :
25 janvier 2023
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La retraite de A à Z en 4 minutes – Vidéo

À propos

Publié le :
16 décembre 2022

Toutes tous en grève !

Grève les 27 octobre et 10 novembre 2022

La CGT avec l’intersyndicale revendique une augmentation générale des salaires de 2 500 euros annuels. Elle est plus que jamais d’actualité.

Exigeons l’ouverture immédiate des Négociations !

La CGT Capgemini appelle à rejoindre les mobilisations nationales interprofessionnelles pour l’augmentation des salaires et contre la “réforme” des retraites.

Toutes et tous en grève

les 27 octobre et 10 novembre 2022

Guide pour se mettre en grève

Notre tract

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À propos

Publié le :
26 octobre 2022
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Retraites : continuons ensemble la grève en 2020

 Après le code du travail et l’assurance chômage, Macron et son gouvernement s’attaquent maintenant à nos retraites qui échappent à la finance. Ils veulent liquider les 42 régimes de retraites existants et les remplacer par un système de retraite « à points », « universel », qu’ils présentent comme beaucoup plus équitable. C’est une énorme escroquerie.

 POUR UNE AUTRE RÉFORME DES RETRAITES 9-10-11 JANVIER DES RENDEZ-VOUS POUR AMPLIFIER LA MOBILISATION

Suite aux annonces du 1er Ministre, nous avons toutes les raisons de continuer et d’amplifier la mobilisation en grève et en manifestation :

  • Toutes les classes d’âge et toutes les professions du public et du privé sont concernées par les mesures annoncées. Le gouvernement tente la division des salariés y compris dans la même entreprise et même profession
  • Le calcul sera basé sur l’ensemble de la carrière au lieu des 25 meilleures années pour ce qui est du privé et les 6 derniers mois pour ce qui est du public
  • L’âge pivot de départ à la retraite à 64 ans a été réaffirmé. Pour un départ à la retraite à 62 ans, 10 % de décote seront appliqués
  • Le gouvernement ne remet pas en cause le blocage des 3 leviers de financement que sont les 14 % du PIB, consacrés au financement, le plafonnement à 120.000 € annuels des salaires soumis à cotisation et refuse d’augmenter les recettes indispensables à l’amélioration du système actuel. Cela dans un contexte où 6 millions de retraitables sont attendus d’ici 2042. Il apparaît donc clairement que la variable d’ajustement serait la valeur du point et donc la baisse du niveau des pensions
  • Ajoutons à cela la tentative de recycler des mesures déjà existantes (minimum de pension à 85 % du SMIC soit 1.000 €, pension de réversion, allocation vieillesse des parents au foyer…) comme des avancées sociales

 TOUS ENSEMBLE, POUR GAGNER LE RETRAIT DE LA RETRAITE PAR POINTS

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À propos

Publié le :
8 janvier 2020
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Retraites : des chiffres pour débattre

À propos

Publié le :
18 décembre 2019

Continuons ensemble la grève

Après le code du travail et l’assurance chômage, Macron et son gouvernement s’attaquent maintenant à nos retraites qui échappent à la fi nance. Ils veulent liquider les 42 régimes de retraites existants et les remplacer par un système de retraite « à points », « universel », qu’ils présentent comme beaucoup plus équitable. C’est une énorme escroquerie.

LA CGT CAPGEMINI APPELLE TOU.TE.S LES SALARIE.E.S DU GROUPE CAPGEMINI A LA GREVE ET AUX MOBILISATIONS .

Téléchargez notre tract d’appel, le mode d’emploi « Comment faire grève » et la BD d’Emma très pédagogique sur la toxicité de cette réforme des retraites.

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Comment expliquer la réforme des retraites à tes collègues qui n’ont rien suivi ?

1. De quoi parle-t-on ? Il y a un texte de réforme ou pas ?

Pour éviter le débat, le gouvernement souffle le chaud et le froid en disant une chose et son contraire et en faisant croire que rien n’est écrit. Il y a pourtant un projet très précis de réforme des retraites. Celui qui figurait dans le programme d’Emmanuel Macron et qui a été détaillé dans les 140 pages du rapport Delevoye, remis au milieu de l’été.

Voir le décryptage Réforme des retraites : les 10 points chauds du rapport Delevoye

Les concertations avec les syndicats ont lieu sur cette base, et le gouvernement veut limiter le débat à la modification de quelques paramètres marginaux.

2. Qui est impacté ? Seulement les régimes spéciaux ?

L’ensemble des actifs et actives sont concerné.e.s. Le projet de réforme du gouvernement repose sur 3 principes centraux :

  • Instituer une règle d’or et bloquer les ressources dévolues au financement de nos retraites à leur niveau actuel, c’est-à-dire 14 % de PIB. Quel est le problème ? Le nombre de personnes de plus de 65 ans va augmenter d’un tiers d’ici 2050 ce qui signifie que le niveau des pensions va s’effondrer. Pour s’en rendre compte, allez sur le calculateur.
  • Transformer les pensions en variable d’ajustement. Le montant de votre pension ne sera connu qu’au moment du départ en retraite. Cela dépendra de la valeur du point qui sera déterminée au moment du départ en retraite et ajusté en fonction de l’espérance de vie, de la situation économique et démographique. Le montant de votre pension pourra même baisser une fois que vous serez parti à la retraite, en cas de crise économique. C’est ce qui s’est passé en Suède qui a un système similaire. Entre 2010 et 2014 les pensions des retraité.e.s ont baissé de 10 %. On passe donc d’un système à prestation définies, où le niveau de pension est garanti, à un système à cotisations définies, où le montant des cotisations est bloqué et où ce sont les pensions qui s’ajustent à la baisse.
  • Prendre en compte toute la carrière au lieu des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public. Conséquence : celles et ceux qui ont une carrière ascendante seront particulièrement pénalisés…comme ceux et surtout celles qui ont une carrière hâchée avec du temps partiel et de la précarité

3. 62, 64, 70 ans…A quel âge pourra-t-on partir à la retraite ? ? ?

Age légal, âge pivot, durée de cotisation, décote…Vous ne vous y retrouvez plus ? C’est normal, c’est fait exprès pour organiser le grand flou…

Aujourd’hui pour partir à la retraite il faut avoir plus de 62 ans et avoir validé tous ses trimestres de cotisation, soit 41,5 annuités, et 43 ans pour les générations nées après 1973. Après 62 ans, vous partez quand vous voulez mais si vous n’avez pas tous vos trimestres, vous subirez une violente décote sur le montant de votre pension. Pour l’éviter il faut avoir tous ses trimestres ou attendre 67 ans, ce que sont contraintes de faire 20 % des femmes. L’âge de départ en retraite est aujourd’hui de 62,4 ans en moyenne, en prenant en compte les départs anticipés liés à la pénibilité et aux régimes spéciaux.

En théorie, dans un système à point, il n’y a pas forcément besoin d’âge de départ ni de durée de cotisation. Vous partez quand vous voulez et si vous avez peu de points vous aurez une pension ridicule. Sauf que le gouvernement craint que malgré la faiblesse de la pension, du fait de la pénibilité ou du chômage notamment, certain.e.s ne partent trop tôt. Il conserve donc l’âge légal d’ouverture des droits de 62 ans et y ajoute un « âge pivot » de 64 ans, avec une décote pour toutes celles et ceux qui partiraient avant. Il conserve également l’exigence de durée de cotisation : le minimum vieillesse sera par exemple soumis à « une carrière complète », c’est à dire la validation de tous les trimestres.

Mais, le vrai enjeu est dans la valeur du point. Delevoye nous indique qu’elle serait aujourd’hui de 0,55€ pour 1 point. Il faudrait donc aujourd’hui cotiser en continu 43 ans pour pouvoir partir à la retraite avec 60 % de son dernier salaire (comme les hommes cadres aujourd’hui avec 41,5 annuités) ou 47,5 ans pour obtenir 66 % de son dernier salaire (comme les femmes cadres aujourd’hui). Cerise sur le gâteau, Delevoye nous annonce discrètement que cet âge pivot sera amené à évoluer en fonction de l’espérance de vie…sans réforme, grâce à la règle d’or et au système de pilotage automatique mis en place par le gouvernement. Nouvel oubli au passage : l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé, ce n’est pas pareil. En France, l’espérance de vie en bonne santé stagne à 63,4 ans en moyenne…

Autrement dit, la réforme Macron c’est un système pour repousser indéfiniment et sans réforme l’âge de la retraite…

4. Refuser la réforme du gouvernement, c’est vouloir le statut quo ?

Non. Il est nécessaire de faire évoluer notre système de retraites pour prendre en compte les années d’études, répondre aux inégalités F/H et permettre des départs anticipés du fait de la pénibilité. Pour rétablir la retraite à 60 ans avec 75 % du dernier salaire il y a de nombreuses sources de financement et notamment :

  • Une hausse modérée des cotisations suffirait à financer le retour de la retraite à 60 ans. Pour un.e cadre, il faudrait chaque année augmenter la cotisation de 10€/mois (dont 6€ à charge de l’employeur) pendant les 25 prochaines années.
  • La remise en cause des exonérations de cotisations sociales dont bénéficient aujourd’hui les entreprises sans aucune contrepartie en matière d’emploi et de salaire, et qui dépassent maintenant les 60 Mds d’euros. De même, une vraie politique de lutte contre la fraude aux cotisations sociales permettrait de faire rentrer au moins 10 Mds d’euros dans les caisses de la sécurité sociale, comme vient de le démontrer la cour des comptes
  • Sanctionner les entreprises qui ne pratiquent pas l’égalité salariale, en mettant en place une surcotisation retraites pour toutes celles qui n’obtiennent pas 100/100 à l’Index égalité salariale

 

 

5. Comment les cadres sont-ils concernés ?

3 mesures vont particulièrement pénaliser les cadres :

  • La prise en compte de toute la carrière au lieu des 25 meilleures années ou des 6 derniers mois va pénaliser toutes celles et ceux qui ont une carrière ascendante. Voir ici pour des exemples chiffrés
  • 10 % des cadres ne vont plus cotiser sur l’ensemble de leur salaire. Jusqu’à présent, les cadres sup’ cotisent obligatoirement pour la retraite jusqu’à huit plafonds de la Sécurité sociale, soit 328 724 € annuels en 2020. Avec la réforme Delevoye, ils ne cotiseraient plus que jusqu’à trois plafonds soit 123 264 €. Une perte majeure de droits pour les intéressé·e·s, condamné·e·s à jouer une partie de leur retraite sur les marchés financiers (en se constituant une épargne dont les assureurs ne garantissent même pas la restitution). Une perte surtout pour le système de retraite par répartition qui serait privé de cette part des cotisations.
  • L’exclusion des mécanismes de solidarité. La compensation des périodes de chômage, maladie, maternité,…serait renvoyée à un financement par l’impôt, avec le risque que ce soit plafonné et sous conditions de ressources…

 

6. Le gouvernement dit que sa réforme va avantager les femmes…

C’est faux…

Il réforme les droits familiaux au détriment des femmes

Pour ce faire, il explique que la majoration de 10 % de la retraite des parents de 3 enfants ou plus sera transformée en majoration de 5 % dès le premier enfant. Le gouvernement oublie de dire deux choses :

  • Dans le même temps, il supprime la majoration de durée d’assurance (MDA), qui permettait aux femmes de valider 8 trimestres par enfants dans le privé (et 4 dans le public). Ce dispositif est déterminant pour compenser les interruptions de carrière liées aux enfants
  • Cette majoration de 5 % sera au choix des parents, alors qu’aujourd’hui les 10 % sont pour le père et la mère. Dans certains couples, c’est l’homme qui la prendra, ce sera donc la double peine pour les femmes

Un institut indépendant, l’IPS a fait des projections chiffrées et précises pour mesurer l’impact de ces modifications sur les mères. La conséquence : qu’elles aient 1, 2 ou 3 enfants, la quasi-totalité des mères y perdent et beaucoup. Pour une mère d’un enfant ayant travaillé 38 ans, la perte sera de 9 % et de 17 % si elle a deux enfants…

…et les pensions de réversion

De plus, la réforme de la pension de réversion va aussi être très défavorable aux femmes. Aujourd’hui 90 % des bénéficiaires de la réversion sont des femmes. La réforme Delevoye apporte 2 reculs majeurs :

  • La pension de réversion ne serait plus versée qu’une fois que le conjoint survivant est à la retraite. Si votre conjoint décède et que vous avez 55 ans, vous ne pourrez plus comme aujourd’hui bénéficier de sa pension de réversion, il faudra attendre d’être à la retraite pour pouvoir toucher sa réversion ! Ceci signifie qu’il n’y aura plus de garantie du maintien du niveau de vie, à des âges où l’on doit souvent financer les études supérieures des enfants…
  • La pension de réversion ne serait plus accessible aux couples divorcés…Bonjour le retour en arrière pour l’émancipation des femmes !

7. Le gouvernement dit que sa réforme sera favorable aux carrières hachées, et notamment aux femmes

C’est faux, encore…

Pour cela, il explique que même les durées de travail très courtes seront prises en compte. Effectivement, aujourd’hui, pour valider un trimestre de retraite il faut avoir travaillé au moins 150h, soit environ 12h par semaine. Avec le régime par point, chaque heure de travail est prise en compte, c’est vrai.

Par contre, aujourd’hui, le calcul de la retraite sur les 25 meilleures années dans le privé et les 6 derniers mois dans le public permet d’évacuer les moins bonnes années, de ne pas prendre en compte les années de temps partiel et de précarité.

Pour se donner une idée de l’impact pour les femmes et les carrières hâchées de la prise en compte de toute la carrière, il suffit de comparer les inégalités F/H dans le régime général et dans les retraites complémentaires (AGIRC et ARRCO) qui fonctionnent déjà à points et prennent en compte toute la carrière.

Dans le régime général il y a 40 % d’écart entre les femmes et les hommes alors que dans la retraite complémentaire des cadres, l’AGIRC, ces inégalités s’élèvent à 60 % ! Le fait de prendre en compte toutes les heures travaillées ne suffit donc pas, loin de là, à compenser la prise en compte de toute la carrière pour le calcul du montant de la retraite.

 

8. Le gouvernement dit que pour la pénibilité il y a le compte individuel…

Le gouvernement annonce vouloir mettre fin à tous les régimes spéciaux et par là à tous les dispositifs qui permettaient un départ avant 60 ans. C’est par exemple le cas dans la fonction publique pour les infirmières, les sages-femmes, les aides-soignantes, les égoutiers, les policiers et pompiers, c’est aussi le cas pour les marins, les cheminots, militaires…

Seules les professions en uniformes (militaires et policiers) garderaient leur départ anticipé. Pour tout.te.s les autres, la généralisation du compte de prévention de la pénibilité mis en place dans le privé depuis 2015. Au menu, un départ au mieux à partir à 60 ans. Et encore, il faudra avoir atteint des expositions maximales et donc n’avoir vraiment plus beaucoup de temps à vivre car :

  • Les critères de pénibilité sont à minima et discriminants pour les femmes. Seuls 6 critères sont pris en compte : les activités exercées en milieu hyperbare ; les températures extrêmes ; le bruit ; le travail de nuit ; le travail en équipes successives alternantes ; le travail répétitif. Exit le port de charges lourdes, les postures pénibles, l’expositions aux vibrations mécaniques ou aux risques chimiques. Depuis la mise en place du compte pénibilité dans le privé 75 % des salarié.e.s qui y ont acquis des points sont des hommes (source : Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes).
  • Les seuils de reconnaissance dissuasifs. Les seuils d’exposition pour valider des points sont très élevés. Par exemple, pour valider les points liés au travail de nuit il faudra avoir travaillé 120 nuits par an ! Pour les points liés aux températures, il faudra avoir travaillé 6 mois de l’année (900 heures) dans des températures inférieures à 5°C ou supérieures à 30°C ! Pour partir à 60 ans il faut avoir été exposé pendant au moins 25 années à un facteur de risque ou pendant 12,5 années à plusieurs facteurs…

Quand on sait que l’espérance de vie en bonne santé d’un ouvrier est de 59 ans, on mesure qu’ils finiront en invalidité ou au chômage avant même la retraite !

9. Le gouvernement dit qu’il maintient le régime par répartition

C’est vrai (pour une fois !

le principe d’une régime par répartition est que les cotisations des actifs servent à financer les pensions des retraité.e.s, et ça peut marcher pour des régimes par points comme par annuités.

Par contre, en baissant le niveau des pensions, notamment pour les ingés, cadres et tech, le gouvernement crée un énorme espace pour la capitalisation, les fonds d’épargne retraite, de pension…

Pour maintenir leur niveau de vie, les salarié.e.s qui en auraient les moyens n’auraient d’autre choix que de se tourner vers la capitalisation…A leurs risques et périls car la restitution  de leur épargne n’est pas garantie…Et surtout au détriment de notre système solidaire par répartition, qui se verrait privé d’une bonne partie de ses ressources.

Les assureurs et les banquiers se frottent les mains, cela fait des années qu’ils attendaient cette opportunité…

Voir l’analyse détaillée  Capitalisation vs/ répartition : le vrai match de cette réforme

10. Comment se mobiliser contre cette réforme des retraites ?

Sur ce reforme-retraite.info vous trouverez :

  • des tracts à distribuer
  • des pancartes à imprimer
  • des affiches à générer
  • des décryptages détaillés
  • des groupes de mobilisation
  • un mode d’emploi de la grève

 

À propos

Publié le :
7 décembre 2019

Grève : mode d’emploi !

Nous nous mobilisons pour refuser la réforme des retraites du gouvernement. Nous exigeons la prise en compte des années d’études, des mesures pour l’égalité F/H et portons des propositions pour financer des retraites de haut niveau. Mais comment faire pour rejoindre la mobilisation ? Voici les réponses aux questions que vous vous posez.

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À propos

Publié le :
4 décembre 2019
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