STRATÉGIES DU FUTUR
Nous avons eu droit aux Orientations Stratégiques de l’entreprise par le biais d’une présentation de belles intentions genre : « on va s’améliorer là où on est pas bon et puis vu le contexte politique international, la défense il faut absolument y être ! L’écologie c’est vachement joli ! Et l’IA on n’y coupera pas… » Mais découvrons les cartes de madame Irma.
La baisse de croissance est conjoncturelle (euh !… c’est peut-être vrai pour Cap, mais pas pour la concurrence) Une affirmation qui, de fait, écarte d’autres thèses comme la diminution de la qualité des livrables quand on sait que les experts partent massivement pour être remplacés par des juniors.
On aura plus de clients ! Pour ça, contrairement aux stratégies passées, ERD va passer son carnet de client cible de Top20 à Top39 ce qui devrait entrainer plus de proximité géographique.
Rapprochement avec Invent. Les têtes pensantes lancent le plan Intelligent Industry qui va créer plus d’offshore, plus de prod, moins de process, bref, ça va transpirer le pognon !
Vers l’infini et au-delà ! Grâce à l’Environnementing durabeul. Vous trouvez ça débile comme nom ? C’est pas faux, on vient de l’inventer, mais quand les slides nous parlent de « Sustainabilité », on est dans le même registre. Enfin bon, dans le secteur de l’écologie, ERD compte se positionner auprès des acteurs des minerais rares (batteries), de l’hydrogène, du solaire mais aussi sur les process de dépollution, tels que CO2 ou efficacité énergétique chez les acteurs comme Total ou bien dans le nucléaire… Pour tous ces sujets, combien d’embauches prévues ? environ Zéro ! Comme d’hab, les promesses n’engagent que…
L’HOROSCOPE DES ACTIVITÉS
Secteur Airbus => 10 ans de commande => prévisions de croissance du chiffre d’affaire de +1,6 %
Secteur automobile => prévision de décroissance -2,5 % faute à la Chine 30 % moins chère
Secteur défense => les acteurs ont des carnets de commande pleins néanmoins prévision de -3 % du Chiffre d’Affaire.
Secteur transport => les TER devraient être remplacés par les TLI (trains légers innovants) +2 % (mais +20 % grâce à l’automatisation avec la RATP et la SNCF)
Secteur santé => ces capitalistes de Sanofi se décident à refaire de la Recherche (remember Covid) mais aussi l’IA à donf. Donc prévision de +1,2 % du CA.
Intelligence artificielle va croître fortement ainsi que le PLM par contre dans l’activité du process documentaire cela devrait fortement baisser le volume d’activité sur ce périmètre
Promotions : Grades A + B + E + F = constants, Grades C en hausse, Grades D en baisse. Et pour éviter la stagnation d’évolution ils ont créé les grades A1, A2, A3, B1, B2…etc. ça ne sert à rien c’est juste pour patienter en attendant une véritable augmentation du coefficient BETIC.
La DRH de la GBL, comme à chaque fois, insiste sur le fait que les salaires ne sont pas la principale cause des départs, d’ailleurs l’attrition diminue. C’est oublier un peu vite que naturellement, quand le marché se tend il y a moins de rotations…
Pour les priorités (objectifs) le logiciel (rôle, grade) est en anglais, les élu·es demandent que cette partie soit en Français, la RH dit que la langue officielle du groupe c’est l’anglais ^^ Ils ne sont pas très malins à la direction, ils n’ont même pas pensé à surfacturer aux clients le fait de leur fournir des prestataires qui parlent leur langue.
Dans un registre similaire, la direction a répondu aux élu·es : « Les salariés sont en attente de formations agiles et adaptables ce qui a conduit à une augmentation des formations en elearning » ! ! ! Bien sûr ! Ce seraient donc les salarié·es qui réclameraient des e-learning en lieu et place de formation physique. Vous savez quoi ? ! Quand on donne plus d’importance aux émotions et aux opinions qu’à la réalité des faits, ça s’appelle de la post-vérité et celle-ci s’invite dans les CSE.
VA FALLOIR BOSSER PLUS !
Mais derrière les belles intentions, entendez-vous crier la bête ? « ARVE ! ARVE ! ARVE* ! » C’est malheureusement le mot d’ordre à partir de maintenant pour augmenter les chiffres. A partir de 2025, alors qu’aucun effort de fidélisation des salarié·es n’est envisagé, la rentabilité se fera sur nos têtes. Cela signifie qu’il va y avoir une chasse organisée sur toutes les intermissions. C’est pourquoi certain·es retrouveront cette priorité dans leurs objectifs, comme si c’étaient les travailleur·ses qui maîtrisaient les affaires…
*ARVE : Tx d’activité hors vacances. C’est le maître mot de la direction dès aujourd’hui et pour l’avenir. Résumons : quitte à faire des extras il est impératif de respecter les deadlines des projets, mais après on viendra te reprocher de ne pas être restaffé.
Pile ils gagnent, Face tu perds, et toi quand c’est que tu gagnes ? Rejoins la CGT !
La direction reconnaît que son objectif est purement financier, il ne faut pas dépasser l’enveloppe prévue : la suppression de l’inégalité salariale femme homme attendra ! Devant l’indignation des élu·es, elle rappelle que le montant de cette enveloppe (il est très bas, 0,04 % de la masse salariale !) est fixé par l’accord égalité pro. Quand la CGT pointe la responsabilité des organisations syndicales signataires de cet accord, la direction… prend leur défense. Même en prenant des critères d’application plus justes (des groupes de salarié·es plus grands, basés sur la codification de la convention collective et pas sur les grades Capgemini, des seuils d’écart moyen pondéré par groupe bien moins élevés, etc.), la méthode des comparatios exclue forcément des groupes, alors que rien ne permet de supposer que les femmes qui sont dans ces groupes ne sont pas sous-payé·es par rapport à leurs collègues hommes.
Augmentations de salaire : un poisson d’avril ?
Concernant le décès soudain d’un salarié ER&D en 2024, les circonstances ont fait que le retour d’enquête n’a pu s’appuyer que sur des hypothèses ; ce qui, reconnaissons le, est regrettable.
Le président du CSEE Georges Dorgal a quitté les infâmes syndicalistes de l’instance. En effet, la retraite l’a appelé après quelques mots d’adieux résumés ici.
Les effectifs de Capgemini Infra en France baissent de façon quasi continue, mois après mois, depuis décembre 2022. En 2023, cette baisse avait été masquée par l’arrivée de salarié·es venant d’autres entités du groupe. En 2024, il n’y a quasiment pas eu de mutations et la baisse des effectifs a été de près de 500 salarié·es, soit 8,5 % des effectifs. Sur 2 ans, hors mutations, la baisse est énorme : 950 salarié·es soit -15,8 % !Et pour 2025 ? La direction espère une croissance des effectifs mais refuse de donner un objectif chiffré…
Quelques exemples. L’article « sécurisation de l’espace de travail » stipule que un·e salarié·e « est responsable de la sécurisation de son espace de travail physique et virtuel, individuel et collectif » : donc y compris l’espace de travail collectif ? Dans l’article « accès au système d’information et au réseau », il est interdit à un·e salarié·e de se connecter à un réseau client avec un pc fourni par Capgemini : comment dans ces conditions les salarié·es en clientèle peuvent ils, pendant leurs heures de travail, remplir les multiples tâches administratives imposées par Capgemini ? Les articles « Messagerie professionnelle et utilisation d’internet » et « Utilisation des réseaux sociaux et des sites/espaces ouverts » sont assortis d’un tas d’interdictions supplémentaires : rappelons que chaque salarié·e a la possibilité d’en avoir une utilisation personnelle sur son lieu de travail et dispose d’un droit à la liberté d’expression au travail.
Dans les flashs CGT CSEC des mois derniers, nous avions évoqué les différentes briques de la grosse réorg globale et mondiale baptisée Pxcell : dans le désordre, « getsuccess », « people manager », « taxonomie », « unified grades », « professionnal communities », « replicon », réorg des services RH, etc. Sous couvert de standardisation et de normalisation à l’échelle du groupe, ces projets sont déployés à marche forcée en ce début d’année, tout en n’étant pas finalisés, et pas adaptés à l’environnement d’un pays comme la France. De plus ils constituent un chamboulement complet des conditions de travail pour l’ensemble des salarié·es, notamment un changement d’équipe, de manager, d’interlocuteur (en premier lieu un robot, en second lieu un support offshore) et présentent une menace grave de RPS (risques psycho-sociaux). Même la direction semble appréhender des RPS. Et elle a une solution, faire appel à un cabinet extérieur, Oasys, dirigé par une certaine Myriam El Khomri. Oui, il s’agit bien de l’ancienne ministre du travail de Hollande, chargée d’appliquer la fameuse loi travail de 2016, laquelle a constitué une grave régression sociale et fait descendre dans la rue des centaines de milliers de salarié·es. On est mal barré·es !