Activité de l’établissement : ça va cirer le banc
Le CSE est à chaque mois l’occasion de faire un rappel des effectifs par entité (FS, APPS, Sogeti et I&D) avec l’activité macro économique : depuis début 2024, il y a beaucoup plus de projets perdus que de projets gagnés.
Mais heureusement, en juin, on a gagné plusieurs supers projets sur FS pour plusieurs clients du secteur bancaire ! L’occasion de staffer 500 personnes.
Enfin, 500, mais pas que sur FS, mais avec l’espoir pour le directeur de la practice de staffer au moins 1/3 des salarié·es concerné·es via le bench de FS. Enfin, entre 100 et 150. Il a été très ferme avec les consignes !
Quand on pousse un peu la réflexion, au delà du calcul qui nous a semblé assez hasardeux, on se rend compte que le bench va permettre à des salarié·es de trouver un projet, mais que la taille du bench ne sera pas réduite pour autant parce que ce projet parvient à peine à entraver le flot des projets perdus.

On déplore notamment la perte de 3 gros sujets qui occupaient une bonne partie de nos collègues : un marché à 150 millions d’€ pour l’Assurance Maladie, un autre très gros centre de services pour la SNCF avec plus de 200 salarié·es et enfin tout une partie de l’ASP, victime des changements de la PAC au niveau Européen. Il va falloir un sacré banc pour accueillir tous·tes ces collègues sans mission !
Sur Nantes notamment, l’agence est concernée par ces 3 projets. Nous estimons que d’ici à la fin de l’année, ce sont près de 300 salarié·es sur cette agence qui vont se retrouver en intermission.
Mais la direction nous dit : alerte orange ! Ouf, on pensait qu’on était plutôt en alerte rouge, puisqu’on ne peut plus augmenter les salarié·es depuis 2 ans ?
Le taux d’ARVE sur les différentes practices est en chute libre, malgré les très nombreux départs non remplacés : 500 personnes de moins dans les effectifs d’APPLI depuis début 2025 : nous ne sommes plus que 17 450 contre quasi 18 000 fin décembre 2024.
La CGT dénonce avec force depuis plusieurs mois maintenant ce qui ressemble à un plan de licenciement déguisé. Quand la question a été posée à nouveau lors de la réunion de juillet, la direction a fait comme si tout allait bien, malgré la hausse des licenciements et des ruptures conventionnelles constatée depuis début 2024.
Et il ne faudrait pas non plus parler des PRPA (Plan de Retour à la Performance Attendue), nouveaux outils de coercition à la mode pour le management de la boîte aux 2 milliards reversés aux actionnaires : la direction a communiqué les chiffres que nous avons détaillés dans notre flash de juin, et ils sont très inquiétants. Nous savons très bien qu’ils sont utilisés pour mettre la pression et conduire à des entretiens disciplinaires, en plus de majorer les risques psychosociaux auxquels sont exposés les salarié·es : cette pression supplémentaire ne peut rien apporter de positif, et surtout pas un “retour à la performance attendue”.
Dans tous les cas : si vous êtes concerné·es par un PRPA, une convocation pour une rupture conventionnelle ou pour un entretien pouvant aller jusqu’au licenciement : contactez vos élu·es CGT qui pourront vous aider dans cette épreuve.
SOGETI devient SOGET I.A
Sogeti est la practice qui regroupe aujourd’hui une majorité des testeuses et testeurs chez Capgemini. C’est un vrai service client, avec la possibilité de mobiliser des centaines de salarié·es sur les bancs de tests en deux claquements de doigts.
Mais, bon, la direction semble vouloir raccourcir le plan de test à 1 seul claquement de doigts : le virage de l’IA devra être pris le plus rapidement possible et on doit s’adapter. Dans un contexte où SOGETI devrait dégraisser ses effectifs de 10 % en 2025 (projections de la direction), on a du mal à imaginer que l’IA ne vienne pas prendre la place de nos collègues.

La CGT a demandé à ce que l’accent soit surtout mis sur la formation, mais pas seulement sur les prompts, des formations certifiantes, reconnues sur le marché du travail, qui permettent de comprendre comment fonctionnent et comment développer les outils d’intelligence artificielle.
Concernant l’automatisation des tests, nous regrettons que beaucoup de testeuses et testeurs fonctionnel·les qui voudraient s’orienter vers cette branche doivent quémander pendant de nombreuses années pour être formé·es.
Et nous regrettons qu’aujourd’hui beaucoup de ces formations se fassent en Anglais et à distance. La CGT a également demandé à ce que soit réfléchie la possibilité de cadrer le recours à l’IA générative et à l’IA Agentique (nouvelle marotte pour flexibiliser encore un peu plus le travail) dans un accord d’entreprise : l’évolution technologique ne doit pas se faire au détriment des salarié·es et des conditions de travail.
Formation 2025 : la direction se la joue Bayrou
On est en juillet, la période de l’année où l’on prépare son départ en congés de fin d’année, où l’activité baisse pour décorer les sapins de Noël et accrocher les guirlandes, et où on prépare le plan de formation pour l’année à venir… Ah non, chez Capgemini, on prépare ça pour juillet, histoire de présenter une vision bien entamée de ce que sera la formation sur cette année. On a l’impression de voir le budget 2025 du gouvernement Bayrou !
Au final : on n’a pas raté grand-chose.
Désormais, place à la formation continue : les demandes de formations ne seront plus étudiées une fois par an avec le PM, mais tous les trois mois.
La CGT a posé la question si le fait que des salarié·es n’aient toujours pas reçu leur plan de formation pour l’année avait un lien avec cette mise à disposition tardive du plan de formation : la direction n’a pas su répondre.
Et vous allez dire qu’on radote, mais nous avons également posé la question des PRPA que certain·es reçoivent parce qu’iels n’ont pas suivi telle ou telle formation. Nous regrettons que les formations soient faites dans l’urgence et dans la crainte d’une sanction disciplinaire et pas en prévisionnel dans le plan de formation des salarié.es.
D’autre part, nous pouvons regretter, comme évoqué l’an passé, que les formations soient majoritairement devenues des petites capsules sous la forme d’e-learning, parfois non traduits en Français. Le droit à la formation est un droit du code du travail : nous devrions pouvoir exiger qu’elle soit de qualité, et si possible, en présentiel avec des intervenant·es qualifié·es. M’enfin on est pas à une incohérence près chez Capgemini…
Les élu·es ont appris grâce à l’expertise que 7 salarié·es de Infra travaillent sur l’IA (Intelligence Artificielle), en lien avec une centaine de consultant·es à l’échelle de la GBL (monde). L’IA est utilisée aujourd’hui couramment chez Infra dans au moins trois domaines liés à la documentation et à la gestion d’incidents. De nouvelles briques sur d’autres sujets sont également en cours de développement. Capgemini implémente aussi des outils IA au stade pilote ou en production chez 5 clients avec leur accord. La direction voudrait très rapidement pousser beaucoup plus loin l’utilisation de l’IA, même si les gains de productivité attendus ne sont pas mirobolants, de l’ordre de 2 à 5 %.
L’avocat du CSE sort manifestement de son rôle. Il met en doute la capacité des élu·es du CSE à analyser une liasse fiscale : or des élu·es, CGT mais pas que, ont suivi des formations pour y trouver des éléments comptables aussi instructifs que les provisions prévues par la direction (pour se prémunir des redressements fiscaux ou des actions intentées par des salarié·es aux prud’hommes), le CIR (crédit d’impôt recherche) versé par l’État, les sommes astronomiques (« fees ») versées au groupe par les filiales françaises, etc.








A cette époque de l’année, il y a l’exercice rituel dit des « orientations stratégiques » : la direction communique sur les résultats économiques de l’année écoulée et fait des projections sur les années qui viennent. Sur Capgemini Infra, on constate une différence importante entre le chiffre d’affaires prévu et celui effectivement réalisé. A croire que la direction fait ses prédictions au doigt mouillé ou joue à la loterie. A noter toutefois qu’elle a été prudente pour 2025, tablant sur une stagnation du chiffre d’affaires. Pour 2028, tous les espoirs sont permis puisque la direction pronostique un chiffre d’affaires en hausse de… +14 % par rapport à celui de 2024.
Pour la rentabilité, on observe un phénomène analogue au chiffre d’affaires. Sauf que là, la réalisation est systématiquement inférieure à la prévision et que les écarts sont de plus en plus grands. Le fameux taux de GOP* s’éloigne de plus en plus des 10 % espérés année après année. Est-ce une conséquence de cela, en tout cas la direction n’a pas voulu se mouiller pour 2025.La rentabilité baisse, plombée, de l’aveu même de la direction, par des gros problèmes de delivery sur certains grands comptes. Mais n’y voyez pas là un début d’autocritique de la direction dans sa gestion des affaires. A noter que, au-delà d’un discours plutôt catastrophiste de la direction, Capgemini Infra est toujours nettement bénéficiaire. Si on prend en compte le chiffre d’affaires dit « managé » (qui mesure mieux l’activité réelle de l’entité que le chiffre d’affaires total, puisque en sont déduites les refacturations avec les autres entités du groupe), le taux de GOP* s’élève à 7,9 % en 2023 et à 6,5 % en 2024. Certes pas assez pour déclencher de l’intéressement sur Infra, en application de l’accord d’entreprise sur l’intéressement signé par des organisations syndicales autres que la CGT.
Depuis plusieurs années, la direction claironne que la cybersécurité est un fleuron de Capgemini, que ça va dynamiser son chiffre d’affaires, rapporter de nouveaux contrats, etc. Comme souvent, la com ne cadre pas avec la réalité. Après l’explosion post-covid de l’année 2022, le chiffre d’affaires de la cybersécurité est en chute libre : -25 % entre 2024 et 2022, c’est sûrement ça que la direction appelle le « cyberboost » !