Alertée par de nombreux témoignages de salarié·es travaillant sur un CDS (Centre De Service) pour le client URSSAF, une élue CGT a levé une alerte pour atteinte au droit des personnes qui a donné lieu à une enquête paritaire menée par la direction et des représentants du personnel CGT. Cette enquête aura permis de mettre au jour des faits édifiants !
Contrat au ras des pâquerettes
Après avoir remporté le marché grâce à une offre à très bas prix, et un début de prestation avec des équipes éclatées sur près de 6 à 7 sites, constituées de beaucoup de profils juniors, de premières difficultés sont rencontrées. La rentabilité du projet n’est pas jugée satisfaisante par la direction, mais les abaques, le système qui permet de convertir une charge de travail en montants facturables, ont été mal négociés lors de l’établissement du contrat. Le client, tributaire d’une procédure d’appel d’offre stricte ainsi que d’une baisse de budget issue de décisions gouvernementales, reste intraitable et exige la livraison de la prestation telle qu’elle a été contractualisée.
Les conséquences qui en découlent
De plus, des difficultés de delivery sont mises en avant par le client, ce qui occasionne la mise en place d’un « plan de Recovery » visant à rassurer le client et lui fournir des indicateurs supplémentaires sur l’activité réalisée. Paradoxalement, la constitution de ces indicateurs occasionne un travail supplémentaire et aggrave la situation pour les équipes impliquées.
Forfait soir et Week-End
Pour faire face à cette charge de travail impossible, les salarié·es ont témoigné d’un rythme de travail infernal, pouvant aller jusqu’à 60 heures par semaine, avec des amplitudes pouvant aller de 7 heures à 22 heures, parfois jusqu’à 2 heures du matin, des messages Teams après 20h, des mails le samedi ou le dimanche. Ces heures supplémentaires étaient réalisées mais ne donnaient pas lieu à une déclaration dans Replicon, des consignes étant données pour que seuls les horaires classiques soient reportés. Evidemment, ces heures n’étaient donc pas payées et ne donnaient lieu à aucune récupération.
Pressions managériales graves

De plus, des méthodes managériales scandaleuses ont été mises en œuvre pour exiger des équipes qu’elles fournissent la prestation à tout prix :
- incitation des responsables de domaines à pressuriser leurs équipes,
- mise en place d’objectifs inatteignables afin d’avoir une raison pour ne pas octroyer d’augmentation,
- demandes à des salarié·es de réduire leurs nombres d’arrêts maladie,
- remise en cause des temps de pause,
- reproches quand les salarié·es quittent leur poste de travail à la fin de leurs horaires contractuels,
- travail collectif sur un document partagé pendant une réunion Teams sous le contrôle de la chefferie de projet,
- incitation à la prise de médicaments pour maintenir la productivité…
Des effets sur la vie personnelle et la santé
Toutes ces problématiques ont des effets dramatiques sur la vie personnelle et la santé des salarié·es. Un·e salarié·e témoigne avoir travaillé les weekends pour espérer manger avec ses enfant le lundi soir, d’autres reprenaient le travail après avoir couché leurs enfants ou ont rencontré des problèmes de couple. De nombreux·ses salarié·es ont rapporté des problèmes de santé : prise de poids, troubles anxieux, prescriptions médicamenteuses, problèmes de sommeil. Les arrêts maladies en cascade, dont plusieurs pour épuisement professionnel, ont engendré sur la seule année 2025 pas moins de 759 jours d’arrêt maladie pour 21 salarié·es avec un turnover annuel de 28 % à l’échelle du périmètre.
Analyse de la CGT
Les salarié·es ne sont pas là pour compenser les conséquences douloureuses d’une relation commerciale mal contractualisée.
Le management doit respecter les salarié·es et le code du travail, si ce n’est pas le cas il doit être poursuivi et sanctionné.
La CGT Capgemini souhaite s’adresser à la direction ainsi qu’à tous·tes les managers : Ces situations ne peuvent perdurer ! Nous ne vous laisserons pas faire.
La CGT Capgemini souhaite s’adresser à tous·tes les salarié·es qui connaîtraient des situations similaires : Ces situations ne peuvent perdurer ! Nous ne les laisserons pas faire.
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