À l’annonce du PAEC (Plan d’Adaptation des Compétences et des Emplois) et de ses 2409 suppressions de postes, la CGT déplorait un calendrier de mise en place du plan ne permettant pas d’attendre la remise des expertises issues du cycle d’information consultation qui s’ouvrait dans les instances représentatives du personnel (CSEE et CSEC).
Ces expertises devaient à notre sens permettre d’éclairer les négociations et nous déplorons qu’aucune autre organisation syndicale représentative n’ai souhaité s’associer à notre proposition de ne pas entamer les négociations avant d’avoir reçu le résultat de ces expertises.
La remise de ces expertises sur les conséquences organisationnelles du PAEC aujourd’hui nous donne des informations importantes sur la manière dont est construit ce plan, sa réception par les salarié·es et les risques sur la santé pour celleux qui resteront à leur poste dans l’entreprise.
Justifications économiques bancales
D’après le directeur exécutif France et porteur du projet : « La décision de lancer le projet PAEC a été prise en septembre 2025, à un moment de creux de l’activité. La sortie de crise s’amorce toutefois en 2026. ».
Ainsi, la fédération patronale Numeum assurait fin 2025 que tous les indicateurs étaient au vert pour une reprise. On a aussi pu constater début 2026 que l’activité est repartie, avec une baisse de seulement 1 % par rapport à l’année dernière alors que l’effectif a diminué de plus de 7 % sur la même période. Ainsi, est-ce que ce plan s’avérait réellement nécessaire dans un groupe de cette taille ayant la capacité d’encaisser des variations de ce genre ? De plus, aucune entreprise concurrente du secteur n’a réalisé de suppressions de postes dans la même conjoncture. D’après l’expert, ce plan vise surtout à rassurer les actionnaires dans une logique de communication financière. Nos postes sont donc supprimés pour protéger le cours de l’action et les profits de nos chers actionnaires.
L’équilibre financier du plan serait très rapide avec un retour sur investissement dans le courant de l’année 2028. À partir de cette date, chaque année Capgemini dégagera des économies nettes récurrentes de 80 millions d’euros par an.

Risques pour la santé des salarié·es
Dans le cadre de cette expertise, une enquête réalisée auprès d’environ 2600 salarié·es témoigne des risques élevés pour la santé physique et mentale des salarié·es. En effet, près de 31 % d’entre elleux sont exposé·es à un risque d’épuisement professionnel, 19 % présentent des symptômes dépressifs plus ou moins graves, 33 % des troubles de santés tels que des troubles du sommeil ou des troubles alimentaires et 20 % se sont vu prescrire des médicaments pour anxiété, troubles du sommeil ou stress au cours des douze derniers mois.
Parmi les populations jugées « à risque » on compte entre autres les entités Sogeti, Practices CORE, Manufacturing & Ops et Technology Innovation, Product & Systems. La communauté professionnelle des analystes business, les femmes, les fonctions supports dont les postes seraient visés pour une délocalisation et les salarié·es en intermission présentent tous des indicateurs de santé dégradés.
Parmi les salarié·es éligibles, les ETAM et les cadres ayant les positions les plus basses sont sur-représenté·es, les femmes sont aussi 10 % plus concernées que leurs collègues masculins et le salaire moyen de l’effectif. Ce plan vise donc en priorité les salarié·es les plus fragiles.

En conclusion
En conclusion, les effets et les conséquences du plan se font déjà sentir et mettent à mal la santé physique et mentale de nos collègues pour des justifications économiques bancales. Face à cette violence sociale inédite chez Capgemini, la CGT réaffirme : Nos vies valent plus que leurs profits !
Si vous ressentez vous aussi cette violence, contactez la CGT, nous saurons être à vos côtés.