Baisse de la durée d’indemnisation en cas de rupture conventionnelle

A compter du 1er septembre, les droits a l’assurance chômage des salarié·es qui concluent une rupture conventionnelle (RC) sont fortement réduits en France métropolitaine, en application de la nouvelle convention signée par le Medef, la CPME et I’U2P, côté patronal, et la CFDT, la CFTC et FO côté syndical.

Pour rappel, ce dispositif de rupture conventionnelle a été créé en 2008 contre l’avis de la CGT.

Grpahique : Parmi les salarié·es qui ont signé une RC en 2024, 12% de TAM, 17% d'ouvriers, 23% de cadres, 48% d'employé.esEn trois ans de réformes successives de l’assurance chômage, les seniors auront perdu au total 15.5 mois d’indemnisation, or au moins 15 % des plus de 55 ans ne sont ni en emploi, ni à la retraite (INSEE).

Près de 20 % des dépenses de l’assurance chômage concernent les ruptures conventionnelles, soit 9,4 milliards d’euros (DARES).

Astuce

les salarié·es qui signent une rupture conventionnelle et reprennent une activité, même d’une seule journée (par exemple en intérim), peuvent échapper a la pénalisation. Même en ayant perçu des allocations chômage post-RC, une personne peut, par exemple, faire une mission d’intérim, demander a recharger ses droits et repasser ainsi a une durée d’indemnisation classique.

Durée maximale d’indemnisation de l’assurance chômage (en cas de RCI)

Durée maximale d’indemnisation de l’assurance chômage (en cas de RCI) : Baisse de 3 mois (18 au lieu de 15 mois) avant 55 ans. Baisse de 2 mois (20,5 au lieu de 22,5) entre 55 et 56 ans. Baisse de 6,5 mois (20,5 mois au lieu de 27) pour les 57 ans et plus.

Les tranches les plus sévèrement touchées par la nouvelle convention sont les seniors, avec -6,5 mois d’indemnisation après une RC.

La vision CGT de la rupture conventionnelle

Pour la CGT, c’est clair : le gouvernement et le patronat ciblent délibérément les travailleur·ses les plus vulnérables, celles et ceux qui ont déjà donné des décennies de leur vie au travail. La rupture conventionnelle, présentée comme une solution, devient un piège pour les seniors, poussé·es vers la sortie sans véritable alternative.

  • Un piège pour les salarié·es

La rupture conventionnelle, c’est un outil du patronat pour forcer les départs sans cause réelle, sous couvert d’un accord « à l’amiable ». La CGT ne l’a jamais acceptée, car elle déséquilibre le rapport de force en faveur de l’employeur.

  • Des droits en recul

Les réformes récentes de l’assurance chômage aggravent la précarité : baisse de la durée d’indemnisation chômage, moins de garanties pour les travailleurs. C’est une attaque de plus contre nos conquis sociaux.

  • Un abus systématique

68 % des ruptures conventionnelles ne sont pas vraiment volontaires. Le patronat s’en sert pour licencier sans dire le nom, en évitant ainsi une assignation au conseil des prud’hommes.

 

Infographie : Il existe un pic du nombre de ruptures conventionnelles quelques mois ou années avant le départ en retraite. Le nombre a cru de 317 000 en 2013 à 538 000 en 2024. Pour la CGT, les signataires des ruptures conventionnelles devraient avoir les mêmes droits que les salarié·es qui sont licencié·es.

Et chez Capgemini ?

D’après certain·es collègues, les Ruptures Conventionnelles Individuelles leurs seraient refusées en raison de la RCC. Mais cela n’est pas prévu dans l’accord PAEC !

En cas de pression ou de situation dégradée, contactez vos représentant·es CGT.

Pas d’impact sur la Rupture Conventionnelle Collective. Seules les Ruptures Conventionnelles Individuelles sont concernées par cette modification de durée d’indemnisation.

Près de 20 % des dépenses de l’assurance chômage concernent les ruptures conventionnelles, soit 9,4 milliards d’euros (DARES).

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