RCC, toutes les mauvaises idées

Le 29 mai dernier, trois organisations syndicales apposaient leurs signatures à l’accord sur la mobilité interne et externe, supprimant 2409 postes au moyen d’une rupture conventionnelle collective. La CGT a fait le choix de ne pas signer cet accord pour plusieurs raisons, dont certaines que nous avons déjà exposées.

Justification économique ? nope

Premièrement, cet accord ne nous semblait pas justifié par des conditions économiques assez sérieuses, ce qui a été confirmé par le rapport d’expertise commandé par le CSE Central :

  • Les 11,17 % de marge de Capgemini en France en 2025 feraient rêver beaucoup d’autres entreprises du CAC40 !
  • Le dividende à 3,4 euros par action est identique à celui des deux exercices antérieurs pour un total de 578 millions d’euros pour 2025.
  • Capgemini a acheté en juillet 2025 la société WNS, spécialisée en intelligence artificielle et composée de 60 000 salarié·es, pour la modique somme de 2,8 milliards d’euros…

Dessin humoristique d'Allan Barte. Un patron sur un tas de sacs de billets. +11% de marge en 2025, 578 Millions de dividendes pour 2025, Achat de WMS pour 2,8 Milliards d'euros. "C'est la cata ! Il faut supprimer 2400 postes !" * * (Afin de continuer à engraisser nos actionnaires).

Pas de garantie pour les salarié·es

De plus l’accord ne prévoit aucune garantie d’emploi pour les salarié·es non éligibles : nous l’avons déjà dit, seul·es les éligibles seraient protégé·es, et seulement contre les licenciements économiques pendant 24 mois. Rien contre les licenciements pour insuffisance professionnelle ou pour faute simple, qui sont parfois utilisés de manière abusive pour se débarrasser de certain·es salarié·es. La CGT revendiquait que la direction s’engage à ne pas en faire usage pendant une durée de 36 mois.

Rien non plus au sujet des PRPA (Plan de Retour à la Performance Attendue), instrument de coercition utilisé par la direction pour mettre la pression aux moutons noirs qu’elle aurait dans le viseur. La CGT revendiquait un moratoire sur les PRPA, le volontariat au plan de mobilité ne pouvant être garanti quand des salarié·es subissent de telles pressions.

Commission fantoche

L’accord prévoit la création de trois commissions : une “commission de recours”, une “commission paritaire de validation” et une “commission de suivi de l’accord” mais seules les organisations syndicales signataires de l’accord peuvent y siéger. Cette méthode dénoncée par la CGT constitue un chantage à la signature manifeste et tient à distance les organisations syndicales qui ont l’outrecuidance de ne pas signer.

Paritaire, mais pas trop !

La commission de recours et la commission paritaire de validation seront composées de membres désigné·es par les organisations syndicales signataires et du même nombre de membres désigné·es par la direction. Seulement, en cas de désaccord et d’égalité sur le vote d’une décision, la direction garde le dernier mot et tranche la décision. Ainsi, les organisations syndicales membres de cette commission ne possèdent aucune capacité décisionnelle en son sein, la direction pouvant décider des dossiers qu’elle souhaiterait accepter ou refuser avec toute la latitude qui lui conviendrait.

Les membres de la commission de validation ne pourront bénéficier que de trois demi-journées de délégation pour étudier les dossiers de candidature pour les 2409 départs,  impossible de faire un travail sérieux en un laps de temps si court.

Retraite express

Concernant le parcours 4 dit de “Départ volontaire à la retraite”, la direction conditionne une entrée dans ce parcours à la possibilité pour un·e salarié·e de liquider sa retraite à taux plein avant le 31 décembre 2027. Cette condition concernant le taux plein rend impossible d’éventuels rachats de trimestres pour des salarié·es concerné·es qui en auraient pourtant eu les moyens avec leurs indemnités de départ.

Dessin humoristique de Kurt : RCC : Mobilité interne vers pétaouchnok, mobilité externe vers France Travail.Confidentialité en option

L’accord ne prévoit aucune confidentialité de l’éligibilité. On constate même depuis la validation par la DRIETS que la direction a communiqué aux PM (People Manager) la liste de leurs subordonné·es éligibles et que ces derniers vont les solliciter pour leur demander s’iels seraient volontaires au départ.

Et surtout, pas de pression, hein ? ! !

Dans ces conditions, comment s’assurer que des pressions ne seront pas exercées par le management de proximité pour faire partir les salarié·es jugé·es improductifs ?

Il est important de rappeler que cet accord repose avant tout sur le volontariat donc si vous ne souhaitez pas qu’il vous soit appliqué, n’hésitez pas à dire “NON”.

Il se pourrait que des salarié·es “éligibles” soient “approché·es” par la Direction notamment si le seuil des 2 409 postes à supprimer n’est pas atteint donc si cela vous arrive :

  1. Rappelez que l’accord repose sur le volontariat
  2. Tracez les échanges oraux par écrit en faisant un bref compte-rendu par mail à la destination de la personne vous ayant approché du style “Je fais suite à notre échange et ai noté ce que tu m’as dit… Merci de confirmer que j’ai bien compris ta demande / proposition”
  3. Contactez vos représentant·es du personnel CGT

Faites vous accompagner

Contrairement aux communications de certaines organisations syndicales signataires, ce n’est pas parce que la CGT Capgemini n’a pas signé cet accord qu’elle ne peut pas vous accompagner. De plus, la CGT Capgemini reste pleinement mobilisée et disponible pour aider les salarié·es notamment les “éligibles” ne souhaitant pas quitter Capgemini.

Dessin humoristique d'Allan Barte. Un patron sur un tas de sacs de billets. +11% de marge en 2025, 578 Millions de dividendes pour 2025, Achat de WMS pour 2,8 Milliards d'euros. "C'est la cata ! Il faut supprimer 2400 postes !" * * (Afin de continuer à engraisser nos actionnaires).

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