#PSE déguisé

Chez Capgemini, voyage dans les ghettos du ghota

Lundi 4 mai 2026. May the fourth be with you.

Le Lundi 4 mai 2026, c’est une journée de printemps assez maussade qui débute une semaine heureusement raccourcie par un jour férié que le patronat n’a pas encore réussi à nous voler.

Le Lundi 4 mai 2026, c’est une journée de printemps au cours de laquelle nous arrivons enfin, nous, salarié·es de Capgemini, à avoir de l’information sur le plan de rupture conventionnelle annoncé en grand fracas par la direction en début d’hiver.

Il aura donc fallu attendre 4 mois entre l’annonce de ce plan social maquillé et les premiers détails pour les premier·es concerné·es.

Nous avons été convoqué·es à un “webevent” sur Teams, à l’initiative de la DRH Appli, accompagnée par la DRH Apps.

Le mail d’invitation nous conviant “fortement” à venir nous connecter à ce point en distanciel organisé en dehors de notre temps de travail (défini par les horaires collectifs qui doivent s’imposer à tout le monde).

Mais bon, on va pas chipoter, on est entre nous, dans la grande famille de Capgemini !

Pendant 30 minutes, nous avons assisté à une présentation très succincte du plan de rupture conventionnelle collective que la direction souhaite mettre en place.

Ce point d’information est toutefois d’une grande déloyauté : la négociation n’est pas encore terminée avec les organisations syndicales représentatives. D’autant plus que le même jour en parallèle, se tenait la 11ème réunion de négociation entre les organisations syndicales et la direction. Réunion également planifiée à distance, pour une troisième version du projet d’accord, projet toujours très insatisfaisant pour nos collègues qui choisiraient le départ volontaire.

Nous ne pouvons encore dévoiler le contenu de l’accord mais les contours qui s’affinent montrent à quel point chez Capgemini, les salarié·es ne sont qu’une variable d’ajustement de la machine capitaliste destinée à fourrer des millions d’euros dans les poches des actionnaires, grâce au fruit de notre travail.

Autour d'un feu : "Oui, la planete a été détruite, masi pendant un bref instant qui fut magnifique, nosu avons créé beaucoup de valeur pour les actionnaires"

Ce sont nous qui créons les richesses. Pas les DRH, pas la direction des affaires sociales, qui n’a jamais aussi mal porté son nom, et surtout pas les actionnaires.

Alors notre récompense, pour cette création de richesse, ce serait une sorte de porte de sortie négociée avec conditionspour un départ volontaire ? Mais nous devons avant tout avoir la chance de faire partie d’une catégorie d’emploi et d’un périmètre géographique sélectionnés. Si nous faisons partie des heureux·ses élu·es, la direction nous promet qu’il sera bien entendu possible de refuser de nous diriger vers la porte de sortie, et elle nous promet que nous pourrons poursuivre notre carrière comme avant au sein du groupe. A la CGT, nous pensons que le doute est permis.

La Direction nous garantit un accompagnement professionnel dans le cas d’un projet de “mobilité externe”, terme cyniquement choisi par pour qualifier les collègues qui quitteront Capgemini. Le cabinet sélectionné par la direction, Alixio, est un cabinet spécialisé dans le désossage des entreprises, mais nous y reviendrons par ailleurs dans un autre article.

Petits fours et grand chambardement

Le lundi 4 mai, malgré la météo morose en ce début du mois de mai, c’est aussi jour de fête pour nos chères DRH. En effet, alors que le webevent informationnel nous « conviait fortement » à nous connecter en ligne en dehors de nos heures de travail collectives, nos DRH se réunissaient elles en présentiel au 4e étage du site de Berlingot à Nantes après un service traiteur servi au 9e étage, sobrement réservé pour l’occasion de la “venue de la DRH Appli et la DRH Apps.”

Nous n’avions pas été prévenu·es de cette visite, ni convié·es pour les petits fours.

Le lundi 4 mai, c’est le jour où les DRH de Capgemini se goinfrent avant de nous expliquer pourquoi on coûte trop cher, et à quelle sauce on va être mangé·es. Il faut bien payer les petits fours de la direction !

Le mardi 5 mai, c’est au tour de Sogeti et CIS. La tournée Française du SAV RCC 2026 a déjà commencé. Les DRH concerné·es auront-iels le droit aux petits fours cette fois encore ?

Les collègues approché·es par le management pour “bénéficier” de ce dispositif de RCC ne doivent surtout pas hésiter à nous contacter pour bénéficier d’un accompagnement.

Que la force soit avec nous.

PS : la CGT Capgemini revendiquait zéro suppressions de postes, au vu notamment des versements records de dividendes et les rachats d’actions des années passées. Bien entendu, nos revendications n’ont pas été entendues.

Lors de la négociation, menée conjointement avec le coordination syndicale CGT Altran, aucune de nos revendications n’a été entendue. La direction avance seule, son projet n’est contraint qu’à des critères sur la forme définis par le code du travail.

Qu’est-ce qu’on attend pour réagir ?

Retrouvez le journal de la RCC sur notre site :

Communiqué de presse CGT Capgemini- Rupture Conventionnelle Collective Capgemini

RCC Collective – 2409 emplois menacés

Négociation sur la suppression de 2409 postes

Journal de la RCC – Episode 1- Négocier pour négocier

Journal de la RCC – Episode 2 – Les catégories d’emploi

 

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Publié le :
21 mai 2026