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Maladie pendant des congés, nouvelle jurisprudence

Maladie pendant les congés : fin de la double peine

Dessin humoristique de Kurt : Congés payés, évolutions dans le droit français. Léon lbum du fond de sa tombe : "pas trop tôt…"

Des vacances gâchées par une maladie ou un accident, cela peut vous arriver à toutes et tous.
Ce sont même des vacances doublement gâchées, car en plus de ne pas pouvoir occuper son temps de repos comme prévu, les jours de congés qui coïncident avec la période de maladie sont perdus. Il n’est pas possible de les reporter.
Sous la pression des lobbies patronaux, la loi française n’a jamais permis de reporter ces congés alors que la Cour de justice de l’Union européenne l’y contraint depuis le 21 juin 2012.
Auparavant la même cour avait déjà jugé que la finalité du droit au congé annuel payé, qui est de permettre au travailleur de se reposer et de disposer d’une période de détente et de loisirs, diffère de celle du droit au congé de maladie, qui est accordé au travailleur afin qu’il puisse se rétablir d’une maladie.
Il aura fallu une mise en demeure de la Commission européenne pour que la Cour de cassation reconnaisse, le 10 septembre 2025, que « le salarié en situation d’arrêt de travail pour cause de maladie survenue durant la période de congé payé a le droit de bénéficier ultérieurement des jours de congé payé coïncidant avec la période d’arrêt de travail pour maladie » (Cass. Soc. 10/09/2025 n°23-23.732).
Cette jurisprudence fera l’objet d’une modification du code du travail et la rétroactivité sera précisée, comme cela avait été le cas pour les congés acquis en période de maladie.
Par conséquent si vous êtes malade ou victime d’un accident pendant un congé payé ou un congé d’ancienneté, vous pourrez bénéficier du report de vos congés en envoyant par mail votre arrêt de travail à votre hiérarchie et/ou votre RH dans le délai légal de 48 heures.

Congés acquis pendant les périodes de maladie

La LOI n° 2024-364 du 22 avril 2024 avait déjà permis une avancée en terme de reconnaissance de la différence entre maladie et congé. Nous vous avions adressé une communication sur ce sujet en juin de la même année.
En effet depuis le 22 avril 2024, les périodes d’arrêt de travail non professionnels sont considérées comme du travail effectif et donnent droit à l’acquisition de congés payés.
Ce droit à congé est limité : 2 jours ouvrables par mois d’absence (au lieu de 2,5 jours) et plafonné à 24 jours ouvrables par an (au lieu de 30 jours).
Si, en raison de votre maladie, vous ne pouvez pas prendre tout ou partie de vos congés avant la fin de la période de prise de congés (30 juin chez Capgemini), vous bénéficiez d’un report de 15 mois.
Après votre arrêt de travail vous devez être informés par Capgemini du nombre de jours de congés dont vous disposez et de la date jusqu’à laquelle ils peuvent être pris.
L’acquisition de congés payés pendant les périodes de maladie est rétroactive, vous pouvez réclamer à Capgemini les congés non attribués depuis le 1er décembre 2009.
En l’absence de réponse ou en cas de refus, vous devrez engager une action judiciaire avant le 24 avril 2026.
Enfin, sachez que les congés d’ancienneté sont des congés payés.

Et dans le cadre de vos démarches, faites-vous assister par la CGT Capgemini !

De nombreux salariés ont fait appel à nous et ont obtenus jusqu’à 40 jours de congés !

Dessin humoristique de Kurt : Congés payés, évolutions dans le droit français. Léon lbum du fond de sa tombe : "pas trop tôt…"

À propos

Publié le :
16 janvier 2026

Congés de fin d’année (suite)

Pas de limite à la recherche du profit !

Depuis plusieurs années Capgemini tente d’imposer des congés au prétexte de la fermeture de fin d’année chez certains clients.
Alors que le modèle économique des ESN prévoit ce type de situation via l’intercontrat, Capgemini préfère imposer des congés. La recherche du profit n’a pas de limite, y compris celle de l’illégalité.
En effet, en 2019, suite à l’action de la CGT, La justice condamne Capgemini pour avoir illégalement tenté d’imposer cette semaine de congés. Ce procès , la CGT l’a gagné mais cela n’empêche TOUJOURS pas la direction de Capgemini de produire des notes de service afin d’intimider les salarié‧es pour les forcer à poser des congés de fin d’année.
Cette année, Capgemini pousse encore plus loin sa tentative d’intimidation en prétextant faussement un article de la convention collective pour appuyer sa démarche.
La CGT a donc fait la déclaration ci-dessous en CSE Central et l’a envoyée à l’inspection du travail.
 

Déclaration CGT au CSEC du 8 décembre 2021 

La note de service « temps de travail et modalités de prises de congés pour l’année 2022 » affirme au paragraphe 4.1. intitulé « Cas particulier de la fermeture de site client » : « La fermeture pour congés de site client constitue une contrainte de service (articles 25 et 26 de la Convention Collective Syntec) qui a pour conséquence la prise de congés sur initiative de l’employeur » 
Or l’article 25 de la convention collective nationale du BETIC stipule  : « L’employeur peut soit procéder à la fermeture totale de l’entreprise dans une période située entre le 1er mai et le 31 octobre, soit établir les congés par roulement après consultation du comité d’entreprise (ou à défaut des délégués du personnel) sur le principe de cette alternative. Si l’entreprise ferme pour les congés, la date de fermeture doit être portée à la connaissance du personnel au plus tard le 1er mars de chaque année ». Comme on peut le constater, cet article traite exclusivement de la fermeture de l’entreprise, donc ici Capgemini, et en aucun cas de la fermeture d’un site client. 
Quant à la « contrainte de service » invoquée par la note de service, elle est hors sujet : une « nécessité du service » peut être invoquée par l’employeur dans certaines conditions, pour reporter une prise de congés payés demandée par la ou le salarié·e, pas pour imposer à un·e salarié·e une prise de congés payés. 
Il n’existe actuellement aucun accord collectif de branche ou d’entreprise permettant à Capgemini de déroger aux règles légales et conventionnelles. Cette note de service contient donc une disposition manifestement illégale. La direction de Capgemini ne peut pas imposer aux salarié·es la prise de congés payés lors de fermeture de sites clients. 
La CGT dénonce fermement cette attitude scandaleuse de la direction qui abuse de sa position hiérarchique et veut sacrifier les droits des salarié·es pour faire encore plus de bénéfices. 
La CGT met en garde : l’imposition illégale de congés payés est génératrice de RPS (risques psychosociaux) chez les salarié·es
 

 Et maintenant ?

 
Si Capgemini tente de vous imposer la prise de congés pendant la fermeture d’un site client, n’hésitez pas à nous contacter, nous vous accompagnerons.