#CSEC

Flash CSE Central novembre 2024

LE DÉBUT DE LA FIN DE LA GRANDE RÉORG RH

La direction présente son projet mondial et global de « transformation RH » baptisé Pxcell. Non, cela n’a rien à voir avec la technologie du même nom développée par la Nasa. En jargon Capgemini, Pxcell signifie « people experience » : on peut craindre que les salarié·es fassent un « very bad trip » !

La direction avait vaguement évoqué Pxcell en octobre 2022 : une com « bullshit » (« une fonction RH globale, intégrée et agile », « une organisation centrée sur les talents », « pour développer une expérience collaborateur digitale et innovante », « pour porter l’innovation », etc.), et un calendrier étalé sur 3 ans avec 4 vagues géographiques (par groupe de pays). Elle s’était bien gardée à l’époque de présenter une vue d’ensemble avec son ordonnancement en 5 (ou 6) parties. Elle a ensuite consulté le CSEC sur chaque partie, l’une après l’autre, indépendamment des autres. La direction aurait voulu brouiller les pistes, masquer les interactions croisées entre ces différentes parties, minimiser l’impact sur les conditions de travail des salarié·es, qu’elle ne s’y serait pas prise autrement.

Le premier étage de la fusée Pxcell, c’était « getsuccess » (voir flash CGT CSEC de janvier 2023). Ensuite il y a « people manager » et « taxonomie » (ah non, la direction dit que « taxonomie » ne fait pas partie de Pxcell : pourtant, voir ci-après), puis « unified grades » et « professionnal communities » (voir flash CGT CSEC d’octobre 2024). L’atterrissage est prévu en France pour avril 2025.

Le DRH de l’UES Capgemini prévient que la mise en œuvre prendra du temps. Il faut, parait il, « changer de culture d’entreprise » : le DRH invoque la fameuse nécessité du changement, pour être plus performant, plus efficace, plus réactif, etc., (c’est forcément positif puisque c’est la direction qui l’élabore et qui le conduit !) et tance le « conservatisme » (sic) des représentant·es du personnel qui seraient réfractaires au changement.

A la CGT, nous cherchons à comprendre et force est de constater qu’il manque encore pas mal de pixels pour avoir une image complète et précise de Pxcell. Ce qui est certain, c’est que ce projet, comme quasiment tous les projets de la direction, est « orienté business », c’est-à-dire qu’il vise à faire des économies sur les coûts de gestion du personnel et à dégager encore plus de profits, au détriment des conditions de travail des salarié·es.

« ORGANISATIONS ET SOLUTIONS »

Ce dernier étage de Pxcell intègre une réorganisation et une séparation hiérarchique des fonctions de recrutement et des fonctions RH proprement dites. Cette séparation du recrutement ne préfigure pas pour autant un changement de modèle. Capgemini continuera à recruter des grades A, c’est-à-dire principalement des jeunes frais émoulus d’écoles d’ingénieurs, qui quitteront l’entreprise au bout de quelques années car leurs salaires ne sont pas suffisamment augmentés, et qui seront remplacé·es par d’autres jeunes nouvellement diplômé·es.

A LA CGT, NOUS CHERCHONS À COMPRENDRE ET FORCE EST DE CONSTATER QU’IL MANQUE ENCORE PAS MAL DE PIXELS POUR AVOIR UNE IMAGE COMPLÈTE ET PRÉCISE DE PXCELL.

Cette réorg est annoncée à effectif constant. Mais, précise la direction, pas forcément avec les salarié·es en poste actuellement. D’une part, les salarié·es qui n’adhéreront pas à la nouvelle organisation partiront : « de l’attrition naturelle » selon la direction. D’autre part, il y aura une augmentation des effectifs « offshore », au moins sur la partie RH.

Le changement pèsera principalement sur les épaules des équipes RH. Pas de soucis, la direction a tout prévu, elle a élaboré « un plan de prévention », avec l’aide d’un cabinet externe spécialisé dans les RPS (risques psychosociaux). La montagne accouche d’une souris : en fait « d’analyse approfondie des RPS », il y a 4 diapos dans le document, qui en compte 69, présenté par la direction, et aucun rapport ne sera rédigé.

Cela impactera aussi les conditions de travail de l’ensemble des salariéEs. Des nouveaux « process » intégrés dans l’outil SucessFactors remplaceront des outils très utilisés, comme MyConnect ou MyLearning par exemple. Les salarié·es posteront toutes leurs demandes de modifications administratives ou contractuelles dans SuccessFactors. Et après c’est la boite noire : le retour se fera par un chatbot au niveau 0, ou par des équipe « offshore » au niveau 1, ou par des équipe « onshore » aux niveau 2 et 3. La direction répète que c’est pour « le bien être » du ou de la salarié·e et iel doit « comprendre et ressentir les bénéfices de la transformation ». Et puis cela va lui donner « plus d’autonomie » : traduisez plus de tâches administratives à sa charge.

RETOUR SUR « TAXONOMIE » ET « PEOPLE MANAGER »

Dessin humoristique de BabousePour résumer (cf flash CGT CSEC de septembre 2024), la partie « taxonomie », c’est la réorg de l’ensemble des Business Lines (BL), avec leur normalisation au niveau mondial et leur découpage en practices et sub-practices (minimum 100 salariés), la partie « people manager » c’est la mise en place d’un management unique de proximité, avec la suppression des « career manager ». La direction affirme que ce sont 2 projets indépendants qui avancent en parallèle, « taxonomie » serait organisationnel, alors que « people manager » serait RH. L’expertise commandée par le CSEC l’infirme : les 2 projets sont bien liés et appartiennent tous les deux au mégaprojet Pxcell.

Les « people manager » s’intègreront dans une subpractice de la « taxonomie » et devront respecter les mêmes critères, à savoir la priorité à la proximité métier plutôt qu’à la proximité géographique.

Dans l’état actuel, il existe beaucoup d’inconnues (la liste ci-dessous n’est pas exhaustive !) :

  • comment s’articuleront les practices et les sub-practices de la « taxonomie » avec les « communautés professionnelles » ?
  • comment sera réparti l’ensemble des salarié·es dans les différentes practices et subpractices ?
  • quels seront les critères de « cross-staffing » des salarié·es pour les missions internes, pour un client, à l’international, etc. ?

Avec le risque d’éclatement des équipes actuelles qui travaillent principalement sur des missions locales et la crainte d’une mise en concurrence des salarié·es entre elleux, d’une compétition permanente entre les équipes, les pays.

  • quels sont les critères de désignation des « people manager » (hors le grade minimum C) et comment seront déterminées les équipes de salarié·es qu’iels encadreront ?
  • combien y aura-t-il de « people manager »(avec 4 à 10 salarié·es à manager, leur nombre peut varier de 2900 à 7000) ?
  • que deviendront les salarié·es que la direction veut nommer « people manager » mais qui ne souhaitent pas le devenir et qui préfèrent continuer à développer leur expertise technique ? Que deviendront les « career manager » (leur nombre actuel est de 6142) qui ne seront pas promu·es « people manager » ?
  • quelles relations entre les « people manager », qui seront des responsables hiérarchiques N+1, et les services RH remodelés ? – quand les différents « mapping », répartissant l’ensemble des salarié·es dans les 25 « communautés professionnelles », dans les practices et les sub-practices de « taxonomie », seront-ils communiqués ?

La direction n’apporte pas de réponse à ces questions mais répète que le calendrier prévisionnel doit être tenu. Bref, on y va… dans le mur ?

Dessin humoristique de Babouse

À propos

Publié le :
17 décembre 2024

FLASH CSE CENTRAL juillet 2024

TOULOUSE : LA RENTABILITÉ AVANT TOUT !

Résumé de la tectonique des plaques du bassin Toulousain : en 2020, Capgemini, après avoir acheté Altran, disposait en tout de 10 sites, soit 49800 m² et 5134 postes de travail pour 6 600 salarié·es (y compris celles et ceux en clientèle) ; en 2021, Capgemini a fermé 2 sites, Galilée et Pythagore, diminuant la surface immobilière à 43800 m² et le nombre de postes de travail à 4270 et passant partiellement les autres sites en flex office ; fin 2024, la direction veut fermer 3 sites, Mesplé, Aéropark et Claude-Marie Perroud, réduisant la surface immobilière à 32 300 m² et le nombre de postes de travail à 3 057 pour… 7 000 salarié·es (y compris 1 570 en clientèle), et 7 700 prévu·es à l’horizon 2026, et généralisant le flex office sur les 5 sites restants, Eisenhower, Take-Off, Synapse, Aéropole, B12. En 2025, l’économie par rapport à 2020 réalisée sur les coûts immobiliers dépassera les 5 millions d’euros par an !

Dans le détail, les 487 salarié·es CIS Infra de Mesplé seront transféré·es sur Eisenhower ; les 804 salarié·es ER&D de Aéropark seront éparpillé·es sur Eisenhower (197), Take-Off (160) et Synapse (237) ; les 143 salarié·es Apps, les 61 salarié·es CIS Infra et les 17 salarié·es ER&D de Claude-Marie Perroud déménageront sur Eisenhower ; de plus 83 salarié·es ER&D du Take- Off et 7 salarié·es Invent de Synapse iront sur Eisenhower. En tout, 1 600 salarié·es changeront de site, dont 1200 s’entasseront sur Eisenhower qui est déjà bien occupé. Sans compter un nombre important, et que la direction est incapable de donner, de salarié·es qui va changer de bureau à l’intérieur des sites restants. Vous avez suivi ?

Le rapport d’expertise commandé par le CSEC a recensé un grand nombre d’alertes et d’interrogations à propos des conditions de travail des salarié·es concerné·es par ce mega-projet immobilier toulousain. Par exemple, il y a un fort risque de dépassement du capacitaire incendie sur Einsehower et Take-Off, le renouvellement d’air s’avère insuffisant pour Eisenhower et Synapse, le nombre de places de parking est trop petit pour Take-Off et Synapse, l’accès à Eisenhower pour les salarié·es travaillant en horaires non ouvrés est problématique, le taux de flex-office est très bas pour des zones non sécurisées (seulement 2 postes de travail pour 5 salarié·es !), une étude acoustique serait nécessaire avec la densification des bureaux, la direction n’a pas finalisé les plans de microzoning, n’a pas communiqué de calendrier de présence sur site par projet…

La CGT a voté pour la motion adoptée en CSEC qui a notamment pointé tous ces problèmes et a rendu en conséquence un avis défavorable sur le projet de déménagement. Il aurait été logique que le CSEC rende préalablement un avis défavorable sur la fermeture des 3 sites. Mais comme nous le déplorions dans notre flash CSEC du mois dernier, la majorité du CSEC avait obtempéré au diktat de la direction et avait accepté de rendre un avis partiel, sans attendre le rapport d’expertise. A noter que le CSE Altran a aussi émis un avis défavorable sur ce projet immobilier.

REPLICON : LA DIRECTION NOUS PREND POUR DES ?

Capgemini déploie au niveau du groupe (monde) un logiciel de déclaration du temps de travail nommé Replicon, de l’entreprise américaine Deltek. L’objectif principal est, sans surprise, financier : il s’agit de gagner du temps sur les circuits internes de facturation à travers un suivi en temps réel de l’activité facturable des projets ; or comme dit le proverbe, le temps c’est de l’argent. Cet outil a déjà été déployé dans les filiales Capgemini mexicaine et… indienne. L’Inde, rendez-vous compte, c’est plus de la moitié des salarié·es du groupe, et cela s’est bien passé, nous dit la direction.

La France, c’est pour cette année. Mais ça coince. La direction avait initialement prévue le « go » au 24 avril, puis l’a ensuite décalé au 8 juillet « sous réserves » et seulement pour les salarié·es utilisant WTR (sous-entités Appli hors Sogeti), avant une 2e vague prévue en octobre pour les salarié·es utilisant Teweb. Les problèmes s’accumulent : les tests sont toujours en cours, la traduction de l’aide en français n’est pas terminée, la fonction saisie du temps de présence (temps de travail) n’est pas prête, l’interface avec le logiciel Whoz qui gère les codes projet n’est pas opérationnelle du fait du retard pris dans le déploiement de Whoz, etc. Et puis, se désole la direction, la législation sociale française est bien plus complexe (et plus protectrice) que la législation sociale indienne par exemple, en terme d’absences, de congés, de temps de travail, de temps de repos, d’astreintes, de récupération, etc., et sa prise en compte dans un outil anglo-saxon s’avère plus ardue que prévue.

La direction vante la simplification pour le ou la salarié·e : un seul point d’entrée, une seule saisie, pour ses temps d’activité (par projet), ses absences/congés, son temps de travail, etc., Replicon devant en effet remplacer les outils existants WTR, Teweb, Myrhoom, Smart RH, TOP, etc. La réalité est moins conviviale : le ou la salarié·e sera obligé·e de faire sa saisie hebdomadairement (le vendredi avant 10h) et non plus mensuellement, il devra faire une double déclaration, temps d’activité par projet et temps de travail global, il ne pourra pas remplir (ses congés d’été par exemple) plus de 6 semaines à l’avance, il devra dorénavant renseigner son lieu de travail, etc. Certes, l’outil permettra au salarié·e de déclarer son temps de travail réel, mais, pas de suprise, les heures supplémentaires seront soumises à la validation de la hiérarchie qui pourra les refuser et les « corriger » à son gré.

La CGT a voté pour la motion adoptée en CSEC, après avoir obtenu qu’elle soit modifiée afin de rendre un avis défavorable. La direction s’acharne à déployer pendant la période des congés estivaux un outil pas fini, pas abouti, qui dans sa customisation actuelle n’est absolument pas adapté à la situation sociale française. Les collègues d’Appli, entre autres les assistant·es, vont payer les pots cassés, avec la surcharge de travail et les RPS (risques psycho-sociaux) qui en découleront.

RENNES : LA DIRECTION NAVIGUE À VUE

L’an dernier, la direction nous présentait son projet immobilier sur l’agglomération rennaise, comportant la fermeture de 4 sites et le regroupement des salarié·es sur le site restant du Spiréa, moins le batiment A. la direction nous assurait bien évidemment comme à chaque fois que tout allait bien se passer et qu’il n’y aurait aucun manque de place. Le rapport d’expertise commandée par le CSEC était d’un avis différent : il concluait qu’il allait manquer au minimum 130 postes de travail en 2024 et probablemennt le double en 2025 et suggérait de garder le batiment A du Spiréa. Un an plus tard, la direction nous annonce en grande pompe la prise à bail du… batiment A du Spiréa et de ses 190 postes de travail : de qui se moque-t-on ? L’économie réalisée sur les coûts immobiliers ne sera « plus que » de 1,8 millions d’euros par an !

cardboard box lot

À propos

Publié le :
20 août 2024

Flash CSEC mai 2024

Orientations stratégiques : beaucoup de bull-shit !

La direction a présenté en Comité social économique central (CSEC) les « orientations stratégiques » des différentes entités de l’UES Capgemini :

  • Invent,
  • Corporate,
  • Infra (dit CIS par la direction),
  • Ingénierie (dit ER&D),
  • Appli.

Et même décliné en sous-entités, puisqu’il n’y a pas moins de 5 documents pour les « orientations stratégiques » du périmètre Appli :

  • Apps (Application Services),
  • FS (Financial Services),
  • Shared Services, Sogeti
  • I&D (Insights Data)

Bon courage aux membres du CSE Appli.

Les documents présentés par la direction ont des formats et des contenus différents. Par exemple certains fournissent des prévisions sur 3 ans, d’autres seulement sur l’année 2024. Et enfin beaucoup ne donnent pas de chiffres, ce qui est un excellent moyen pour ne pas se tromper !

Au niveau des résultats économiques, seuls Infra et Sogeti se lancent dans des prévisions chiffrées pour 2024 :

  • Infra anticipe une progression de 1,2 % de son chiffre d’affaires (après 2 % en 2023) et de 2,2 point de son taux de profitabilité (après une baisse de 1,6 points en 2023),
  • Sogeti anticipe une progression de 4,5 % de son chiffre d’affaires (après 1 % en 2023) et de 1,2 point de son taux de profitabilité.
  • Ingénierie et FS se projettent sur 2027 : Ingénierie ambitionne une hausse de 35 % de son chiffre d’affaires d’ici 2027 (après 10 % en 2023),
  • tandis que FS prévoit une croissance « ambitieuse », c’est-à-dire supérieure à celle du marché, d’ici à 2027, mais sans fournir de chiffres.

Au niveau « people » (sic) comme dit la direction, comprenez les effectifs, tout le monde y va de ses perspectives de recrutement pour 2024 :

280 pour I&D, 420 pour FS, 500 pour Invent, 700 pour Ingénierie, 800 pour Infra, 1140 pour Sogeti, 2080 pour Apps… soit au total 5900 recrutements prévus, ce qui représente 1/5 des salarié·es de l’UES.

Mais combien y aura-t-il de départs de salarié·es ?

En cumulant les prévisions des différentes entités pour fin 2024, hors Invent qui se n’est pas aventuré à donner de chiffre, on arrive péniblement à 820 salarié·es supplémentaires fin 2024, ce qui représente une hausse de seulement 3 % des effectifs. Tout ça pour ça. Et ce n’est qu’une prévision, il est à craindre que le résultat final soit bien en dessous.

Sinon, il y a des anglicismes à la pelle, que la direction ne prend pas la peine de traduire. De plus, des éléments reviennent dans beaucoup de documents : sustainability, générative IA, mise en œuvre de GTM-Replicon, etc. Une forte « orientation stratégique » peut être résumée sans rire par : «  on se renforce sur les comptes où on est leader et on se développe sur les comptes où on n’est pas leader ». Et dire que des cadres dirigeants de l’entreprise sont payés très cher pour produire de tels concepts.

Un·e élu·e CGT demande quelles sont les «  orientations stratégiques » de l’entreprise au niveau de l’UES. La direction répond qu’il n’y en a pas au niveau de l’UES (France), qu’il y en a au niveau du groupe (monde). Cet·te élu·e CGT demande alors que la direction présente en CSEC les « orientations stratégiques » du groupe.

La direction refuse, expliquant que cela ne fait pas partie du périmètre du CSEC : encore un bel exemple de dialogue social de la part de la direction !

Séisme annoncé sur la « plaque toulousaine »

La direction a présenté un méga-projet immobilier sur Toulouse avec la fermeture de 3 sites :

  • Aeropark qui est partagé entre Ingénierie et Infra,
  • Mesplé qui est un site 100 % Infra,
  • Claude-Marie Perroud qui est partagé entre Appli, Infra et Ingénierie

Cela représente une diminution de la surface de bureau de 26 % et une réduction du nombre de postes de travail de 28 %. Ce qui impacte plus de 1600 salarié·es, qui vont être transféré·es vers les sites existants de Eisenhower, Take Off et Synapse, sans compter les salarié·es, dont la direction est incapable d’évaluer le nombre, qui vont changer d’étage à l’intérieur de ces sites.

Comme d’habitude, la direction le justifie par des taux d’occupation moyens « faibles ». Or une moyenne en terme d’occupation, cela ne veut pas dire grand-chose, ce sont les pics de fréquentation qui comptent. La direction projette un taux de flex office global de l’ordre de 1 poste de travail pour 2 salarié·es résident·es, sans tenir compte des salarié·es qui sont en clientèle et et qui peuvent revenir sur leur site de rattachement. A comparer avec le taux de flex office des sites qui vont fermer : plus de postes de travail que de salarié·es résident·es à Aeropark et à Claude-Marie Perroud, de l’ordre de 2 postes de travail pour 3 salarié·es résident·es à Mesplé.

Les conditions de travail des 1160 salarié·es actuellement présent·es sur ces 3 sites vont se dégrader énormément.

La direction avance différents enjeux. Un premier enjeu est de regrouper dans les mêmes bâtiments les salarié·es Apps (Appli) et Ingénierie qui sont actuellement sur des sites différents et qui travaillent sur des mêmes projets.

Doit-on en déduire que les 548 salarié·es Infra qui seront transféré·es de Mesplé et de Claude-Marie Perroud vers Eisenhower sont des victimes collatérales ?

Un 2e enjeu est parait-il de réduire l’empreinte carbone. Mais alors pourquoi fermer le bâtiment Claude-Marie Perroud qui est l’un des moins énergivores et pourquoi garder le plus gros site toulousain, Eisenhower, qui a un mauvais diagnostic de performance énergétique à E ?

Sans compter que Eisenhower est nettement moins bien desservi par les transports en commun, contraignant sans doute une bonne partie du millier de salarié·es qui y vont être transféré·es à prendre leur voiture. Le principal enjeu, que la direction se garde bien de mettre en avant, est bien sûr économique : une réduction des coûts immobiliers de plus de 3 millions d’euros par an !

Le CSEC a unanimement décidé de recourir à une expertise pour l’aider à analyser les tenants et les aboutissants de ce méga-projet immobilier. La direction a découpé la consultation du CSEC en 2 parties, une première sur la résiliation des baux immobiliers, une seconde, ultérieure, sur le déménagement.

Cela n’a pas de sens de se prononcer sur la fermeture des sites, indépendamment des conditions dans lesquelles le déménagement des 1600 salarié·es et l’aménagement des sites cibles pourraient se passer.

Pourtant, la majorité du CSEC a accepté de se soumettre au diktat de la direction. Sans attendre le rapport d’expertise, qui sera bientôt disponible, elle a rendu un avis partiel qui de fait avalise le projet de la direction de fermeture des 3 sites.

Téléchargement

Dessin humoristique de Faujour.

À propos

Publié le :
24 juin 2024
Documents joints :