Salaires 2026 : des économies sur notre dos et des augmentations pour les administrateurs

Aucune négociation sur les salaires…

Les années précédentes avaient déjà été démontré  l’absence de volonté de la direction d’aboutir à un accord sur les salaires.

Autant dire que la NAO salaires 2026 sur fonds de plan de départs n’a absolument rien donné.

Ainsi, il n’y a pas eu d’accord entre les syndicats et la direction du groupe. Elle appliquera juste de façon unilatérale une augmentation de 5 % des primes de travail de nuit et posté.

La direction n’a même pas cherché à obtenir les signatures… pour le PV de désaccord ! Cela démontre, s’il était besoin, l’intérêt que porte la direction à cette négociation.

A tel point que plusieurs syndicats ont exprimé une position commune pour dénoncer la façon dont cette négociation a été menée.

Au terme de cette négociation les syndicats ont fait la déclaration disponible en fin d’article.

Où est passée la politique salariale ?

Le résultat de cette négociation est à mettre en perspective avec la décision de n’augmenter personne en dehors des promotions, de supprimer l’intéressement et de réduire la participation.

Cela démontre que la direction fait encore des économies sur notre dos en jouant sur la crainte qu’elle instaure par son plan de départ collectif et l’utilisation massive du PRPA comme outil de répression.

La politique salariale est aujourd’hui proche du néant alors que dans le même temps les prix des carburants flambent et que la plupart des salarié·es constatent chaque mois la baisse de leur niveau de vie.

Augmentations du conseil d’administration

Dans le même temps la direction elle, ne fait pas d’économie sur sa rémunération. Au contraire, elle s’augmente…

En effet, l’assemblée générale des actionnaires, qui a eu lieu le 20 mai dernier, a voté les augmentations suivantes :

  • L’enveloppe globale de la rémunération des administrateur·ices passe de 1 700 000 € à 1 900 000 € (+11,7 %)
  • Les jetons de présence aux réunions du conseil d’administration passent de 5 500 € à 6 000 €  (+9,1 %)
  • Les jetons de présence aux réunions du comité du conseil passent de 3 000 € à 4 250 € (+41,6 %)

Patrick Pouyanné, qui apporte l’expertise de Total  Energies sur le sujet en tant que Président du Comité des Rémunérations, justifie ces augmentations comme étant “en ligne avec l’inflation sur la période“.

Pauvres administrateurs qui, avec leur faibles rémunérations et leurs multiples casquettes, ont besoin d’augmenter les jetons de présence pour boucler leurs fins de mois…

tableau de rémunération des administrateurs

Comment obtenir des augmentations ?

Partant du principe que la direction ne nous promet rien d’autre que toujours plus de travail pour absorber la charge des salarié·es qui ont quitté le groupe, plus de pression et davantage de PRPA pour nous obliger à atteindre les objectifs financiers, le choix qui s’offre à nous et relativement simple : soit nous courbons l’échine et nous acceptons sans rien dire soit nous relevons la tête et disons : Stop ! Ca suffit.

C’est la raison d’être des syndicats que de permettre l’organisation des salarié·es pour résister aux abus des patrons.

Alors, si la situation vous exaspère, parlez avec vos collègues et discutez avec les représentant·es CGT pour organiser une réponse collective à cette injustice…

Déclaration intersyndicale de fin de négociation

Communication sur la Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) sur les salaires chez Capgemini.

La pire négociation sur les salaires  s’est donc achevée. Engagée dans un contexte marqué par un plan de rupture conventionnelle collective, elle s’est déroulée dans un climat particulièrement rigide, instauré par la direction qui n’a pas voulu faire la moindre concession.

L’ensemble des organisations syndicales a été unanime pour dénoncer à la fois la faiblesse des propositions salariales de la direction et la manière dont cette négociation a été conduite. C’est donc en cohérence avec ce constat que nos organisations syndicales —  CGT, FO et Lien-UNSA — ont décidé de ne pas signer cet accord.

En effet, signer un tel texte reviendrait à cautionner la politique salariale du groupe Capgemini, qui n’a communiqué les bénéfices de l’UES qu’après la 4e réunion de négociation et n’a cessé de dramatiser la situation économique du groupe alors que les résultats Groupe et France en 2025 sont bons  :

  • 1,1 Milliard d’Euros sont dédiés aux dividendes et rachats d’actions, soit 70 % du résultat net part du Groupe qui s’élève à 1,6 Milliard d’Euros
  • Une marge opérationnelle France en nette augmentation : 10,9 % contre 10,2 % en 2024
  • 290 Millions d’Euros de bénéfices sur l’UES Capgemini France et pas un centime pour les salariés

Cependant d’autres organisations syndicales ont signé le projet d’accord. N’ayant toutefois pas atteint la majorité nécessaire, ces syndicats avaient la possibilité de demander l’organisation d’un référendum auprès des salariés, ce qu’ils n’ont pas fait et qui interroge sur leurs réelles convictions et leur volonté d’aider les salariés à défendre leur intérêt !

Nous sommes donc aujourd’hui face à un constat d’échec. À ce stade, la direction a décidé d’appliquer unilatéralement une mesure anecdotique (en termes de budget) de revalorisation de 5 % des primes de travail de nuit et posté. La revalorisation de ces primes était de toute façon obligatoire.

Plus généralement, nous dénonçons la politique salariale actuelle – gel des augmentations individuelles, budget quasi nul de la négociation sur les salaires, pas d’intéressement et participation réduite – qui sert à financer les 2409 suppressions de postes via la Rupture Conventionnelle Collective.

Nous tenons à rappeler que la direction porte l’entière responsabilité de cet échec, tant par la manière dont elle a mené cette négociation, la limitant à des réunions de présentation sans la moindre concession, que par des propositions largement en deçà des attentes et des enjeux. Ce blocage résulte clairement de ses choix, et non de ceux des organisations syndicales.

Nous demandons désormais la (ré)ouverture de réelles négociations afin d’instaurer un véritable dialogue social et d’aboutir à des mesures à la hauteur des attentes des salarié·es.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

À propos

Publié le :
30 juillet 2026