#délocalisations

Capgemini Dems, ER&D…quel est le vrai nom de cette filiale de Capgemini ?

La consultation sur les orientations stratégiques de l’entreprise et le calcul de l’intéressement et de la participation ont été l’occasion de mettre en lumière le rôle de cette filiale, Capgemini ER&D, récemment encore Capgemini DEMS, anciennement Sogeti High Tech…

Une entreprise encore trop dépendante de l’aéronautique et du spatial

L’étude de la part des différents domaines d’intervention dans lesquels travaille Capgemini ER&D ne montre pas d’évolution sur cette très forte dépendance. Ce n’est pourtant pas faute de le souligner depuis longtemps…
Les leçons de la pandémie n’ont pas été tirées. Ou alors la direction sait qu’elle compensera par du chômage partiel et des efforts supplémentaires demandés aux salarié·es.

Une entreprise pénalisée par le turn-over

Les chiffres du mois de mai sont les suivants :
– 63 entrées, dont 62 en CDI. En baisse par rapport au début de l’année.
– 67 sorties qui se décomposent ainsi : 
  • 50 démissions. C’est énorme. Le seuil des 50 démissions en 1 mois n’a été dépassé que 3 fois dans les 6 dernières années.
    Selon la direction : Il s’agit d’un rattrapage des démissions qui ne se sont pas concrétisées durant la crise Covid ainsi que des recrutements accrus de la part de nos clients.
    Ce n’est surtout pas à cause de la politique salariale du groupe et une réaction des salarié·es suite aux EDR (entretien de restitution)
  • 10 ruptures de période d’essai. On en est quand même à 38 recrutements non pérennes  depuis le début de l’année (malgré la hausse du salaire d’embauche), soit 13 % des entrées.
  • 1 licenciement
  • 1 rupture conventionnelle
  • 1 fin de CDD
  • 3 mutations

Le Turn-over est donc au plus haut : 

  • Taux d’entrée : 9,92 % (en 4 mois !)
  • Taux de sortie : 7,98 % (en 4 mois !)

A la fin de l’année, entre 1/4 et 1/3  des salarié·es seront remplacé·es 

On voit donc que le turnover est important en France mais il semble qu’il y ait également un fort turnover en Inde.
Et cela impacte directement Capgemini qui a du mal à délivrer à cause de cela.
Pourtant le recours à l’offshore (en vrai ce sont des délocalisations) poursuit sa progression (345 équivalents temps-plein aujourd’hui)
Jusqu’où va-t-on aller ? Réponse de la direction : c’est une tendance que nous vous avions annoncée.
La CGT pose la question : Est-ce que ces difficultés à recruter ne devraient pas remettre en cause la stratégie de délocalisation par le groupe (la direction rappelle qu’elle va augmenter les délocalisations) ?
Pas de réponse de la direction !

Encore plus d’efforts à venir pour les salarié·es de Capgemini ER&D

Alors que les effectifs ne vont croître que de 3 %, le chiffre d’affaires est prévu d’augmenter de + 12 % et la marge de +39 % !
Comment ? Avec plus d’efforts pour tout le monde !
Mais pas que … L’analyse du cabinet d’expertise et de la direction est la suivante : Oui bien entendu il y aura “davantage de productivité” mais aussi “des prix de vente en hausse et un meilleur management” (les managers apprécieront…).
Ainsi nous apprenons par l’expertise que Capgemini est en train de renégocier ses contrats pour intégrer l’inflation galopante. 
Comme l’essentiel des “coûts” sont les salaires, le cabinet en conclut que c’est pour augmenter nos salaires..
Or on ne peut pas dire que ce soit très visible sur nos feuilles de paye…
La direction de Capgemini essayerait-elle de gratter des remises au client pour faire encore plus de bénéfices en faisant croire qu’elle va augmenter nos salaires ? Ou bien fait-elle financer les augmentations de ses salarié·es par les clients ?

Moins de participation et d’intéressement que pour les autres filiales du groupe Capgemini

La participation moyenne 2021 pour ER&D et Open cascade est de 871€-brut (1085€-brut en 2020). 
La moyenne au niveau de Groupe est de 905€-brut.
L’intéressement en 2021 n’est déclenché qu’à partir d’un niveau de rentabilité fixé à 12,4 % de GOP, sinon il n’y pas d’intéressement. 
En 2021 la rentabilité était à 14 % donc nous aurons droit à de l’intéressement pour 2021.
Mais l’attribution des montants est proportionnelle au salaire brut.
Cela ne favorise donc pas les bas salaires alors que ce système impose des efforts à tout le monde pour se déclencher.
Et surtout nous apprenons que l’intéressement pour Capgemini ER&D est le plus faible de tout le groupe Capgemini.
Même les syndicats qui ne font pas partie de l’intersyndicale (et qui ont pourtant signé l’accord) le disent : ce calcul ne permet pas une redistribution juste de la richesse produite. 
ER&D est déjà l’entité qui a la plus faible augmentation de la masse salariale du l’UES (+1,67 % alors que Infra est à +2 % et Appli à +3,4 %). 
Pourquoi ? parce que ER&D est l’entité avec les prix de vente les plus bas.
Comme ER&D est l’entité avec les salaires les plus bas du groupe ; elle est également pénalisée sur la participation et sur l’intéressement.
Et ce, non pas à cause de notre travail mais parce que tout cela résulte de choix de la direction qui regroupe ses activités les moins bien vendues dans cette filiale.
Ces choix nous pénalisent car, s’ils assurent de la rentabilité pour les dirigeants.
Ils nous demandent toujours plus d’efforts de productivité et induisent toujours plus de délocalisations. Super !
C’est la double peine pour les salarié·es de ER&D : la masse salariale est plus faible donc les montants calculés pour l’intéressement et la participation sont les plus bas du groupe, puisque indexés sur les salaires qui sont les plus bas.
Et quand une activité est rentable elle est transférée par la direction dans une autre entité, comme par exemple la Cybersécurité en 2021. 
C’est pourquoi le vrai nom de Capgemini ER&D est : Capgemini Low cost (ou encore Capgemini Economies, Rentabilité et Délocalisations …).

Une entreprise qui ne paye pas d’impôt sur les sociétés

Il est intéressant de constater que ER&D crée de la valeur ajoutée mais ne paye pas d’impôt sur les sociétés ! 
ER&D est le plus important pourvoyeur de Crédit Impôt Recherche du groupe.
Sur l’objectif affiché de 350 M€ grâce aux synergies de revenus liés à l’intégration d’Altran, 85 % de l’objectif de chiffre d’affaires additionnel semble être fléché sur ER&D France (soit un objectif de + 300 M€ horizon 2024).
ER&D est donc le principal acteur de l’intégration d’Altran
La rentabilité est au rendez-vous…
Bref cette filiale offre de nombreux atouts…pour la direction !
La direction se félicite même de la bonne réputation du groupe auprès des salarié·es du secteur…
Mais pour les futur·es embauché·es, attention de choisir la bonne filiale … c’est-à-dire éviter Capgemini ER&D !
L’intersyndicale, dont fait partie la CGT Capgemini, revendique une augmentation générale de 2500€ annuel. 
Pour toutes et tou·te·s les salarié·es…
Y compris celles et ceux de Capgemini  ER&D.

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Publié le :
29 juillet 2022