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Ce qu’il faut attendre de la négociation sur les salaires…

En ce début d’année, s’ouvre la négociation sur les salaires sur fonds de plan de ruptures conventionnelles collectives.
Depuis deux ans aucun syndicat n
a signé les propositions dérisoires de la direction.
Alors que faut-il attendre cette année 
 ?

Aucune remise en cause de la politique salariale du groupe

Le moins que l’on puisse dire c’est que la direction n’affiche pas une volonté de rupture par rapport aux années précédentes : la réunion de cadrage de la négociation a été un quasi copier coller des autres années
Seul petit changement : le contexte national et international.
Tous les prétextes sont bons pour justifier la prudence quand il s’agit de nos augmentations : cette année elle ne parle plus d’Ukraine mais de politique commerciale américaine et d’incertitude politique et budgétaire en France. 
La CGT retorque que le conseil d’administration est bien moins frileux lorsqu’il s’agit de s’octroyer des dividendes ou faire du rachat d’actions (pour rappel, 6 Milliards d’euros de rachat d’action sont planifiés sur les 4 prochaines années (~1,5 Md€/an)…
Aucune volonté affichée d’arriver à un accord cette année. Mais il faut dire que la loi n’impose aucune obligation de résultat.
La direction doit juste mener la négociation correctement pour éviter une amende.
Cela n’a de négociation que le titre.
Aucun signe de remise en question de la politique salariale non plus, dont le bilan pour 2025 confirme l’impression de mépris que tout le monde ressent : l’enveloppe des augmentations individuelles, au bon vouloir discrétionnaire de la direction, a été en baisse en 2025. 
Pire même, elle annonce de façon très médiatique la suppression de 2400 postes… 

Des effectifs en baisse de 8 % en 2025

La direction explique que cette baisse serait à pondérer au regard de la baisse des effectifs.
Car en effet, c’est un fait majeur : les effectifs en France sont en baisse constante : -8 % entre juin 2024 et fin 2025.
Pourquoi ? pour coller à un Chiffre d’Affaires en légère baisse.
Pas à cause de l’IA comme c’est parfois avancé.
Mais à cause de la baisse de la commande industrielle.
Extrait du communiqué de presse de la direction du 28 octobre 2025 :
“Le chiffre d’affaires de la France (20 % du Groupe en 2024) s’est inscrit en recul de -4,7 %, pénalisé notamment par la faiblesse persistante du secteur de l’Industrie.”
Nous sommes donc la principale variable pour maintenir la rentabilité en France.
Mais la baisse d’effectif ne se fait pas uniformément : elle se fait essentiellement sur les grades A et B.
C’est ce que démontre de façon évidente un rapport d’expertise présenté aux élu·es du personnel.
Moins de bras pour faire plus de travail et facturer, pour un nombre quasi identique de hauts grades qui pointent sur les projets.
Mais pas question pour la direction de reconnaitre notre rôle clé… au contraire : un des objectifs du plan annoncé est de nous faire accepter les surcharges de travail que ce plan va engendrer.
Tout ce que nous promettent les prochains mois avec cette organisation : travailler toujours plus avec toujours plus de stress et de surveillance pour assurer la rentabilité du groupe, sortir du chiffre pour pouvoir racheter des actions et donner aux actionnaires. 
Et ce n’est pas une énième réorg. qui va améliorer la situation
Quant aux augmentations de salaires, mieux vaut ne pas compter dessus cette année encore…
Il n’y aura rien de nouveau sans une mobilisation des salarié·es et des syndicats pour refuser cette comédie en 3 actes et mettre la pression à la direction qui permettrait d’obtenir quelque chose  ! 

Les revendications de la CGT : 

  • Hausse de 6,5 % de la masse salariale pour arrêter de subir l’inflation, soit une enveloppe d’augmentations générales d’au moins 100 millions d’euros (environ 3 500 euros brut par an pour tous·tes) ;
  • Compensation des temps de déplacements lors des missions éloignées ;
  • Respect et mesure du temps de travail ;
  • Mise en place d’un système de mesure et de suivi du volume et de la charge de travail ;
  • 6 millions d’euros pour supprimer les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes ;
  • Paiement des jours enfant malade quel que soit l’âge des enfants à charge.
Illustration satirique. "Ceci n'est pas une goutte d'eau mais la proposition de Capgemini pour ton augmentation de salaire…"

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Publié le :
30 janvier 2026