Capgemini : des résultats économiques excellents
De 2019 à 2024, le chiffre d’affaires du groupe Capgemini a progressé de 56 %, passant de 14,1 à 22,1 Md€ (milliards d’euros). Dans le même temps, le montant absolu de la marge opérationnelle, qui est un bon indicateur de la rentabilité de l’entreprise, a bondi de 68 % pour atteindre 2,9 Md€. Devinette : à quoi a servi tout ce « pognon de dingue » ?
- très peu à augmenter les salaires, les 350 000 salarié·es (dont 59 % en offshore) s’en seraient aperçu ;
- à gaver les actionnaires : en 5 ans, le montant cumulé des dividendes et des rachats d’actions a été multiplié par 3, pour atteindre plus de 1,5 Md€
- à faire des acquisitions : achat de l’entreprise WNS cet été pour 3,3 Md$.

Une politique anti-sociale
Sur l’UES Capgemini (France hors Altran), les effectifs ont reculé de 4,1 % entre 2022 et 2024 et même de 7,3 % entre fin 2022 et septembre 2025 (2050 salarié·es en moins !). La direction « pilote » clairement cette baisse des effectifs :
- en réduisant drastiquement les recrutements, qui sont passés de 9500 en 2022 à 3000 en 2024 ; ce alors que les démissions, en raison d’un marché du travail atone, ont nettement reculé, de 4500 en 2022 à 2750 en 2024 ;
- en multipliant les ruptures conventionnelles (341 en 2024, ×2,8 entre 2022 et 2024 !) et les licenciements individuels (396 en 2024, +30 % entre 2022 et 2024).
Les salaires : une variable d’ajustement
L’inflation cumulée entre fin 2019 et fin 2024 est de 15,1 %. L’augmentation du salaire de base annuel médian sur ces 5 années est de 9,8 %. Elle est donc loin de compenser la hausse des prix. La CGT le rappelle régulièrement : la grande majorité des salarié·es de (qui restent à) Capgemini subit une nette baisse de pouvoir d’achat depuis des années. Nous savons ce qu’il nous faut faire pour y remédier lors des prochaines négociations annuelles obligatoires (NAO) : nous mobiliser toutes et tous ensemble, construire un rapport de forces qui contraigne la direction à céder une augmentation générale des salaires.
À noter la grande disparité des salaires sur l’UES Capgemini, illustrée dans le tableau suivant (le salaire désigne le salaire de base annuel médian) :
- entre entités, le salaire de Capgemini Services est 2,4 fois celui de ER&D ;
- entre grades, le salaire d’un grade VP fin 2024 représente plus de 4 fois celui du grade A, et même 6 fois en tenant compte de la partie variable du salaire qui s’élève en médiane à 61 k€ pour un VP (tous les VP ont une partie variable, alors que très peu de grade A en ont, au total seulement 15 % des salarié·es de l’UES Capgemini touchent une partie variable).
|
Entités |
Effectifs CDI |
Salaire fin 2024 |
Grade A |
Grade B |
Grade C |
Grade D |
Grade E |
VP |
| Apps | 11167 |
46,3 k€ |
36 k€ |
42 k€ |
52 k€ |
68,5k€ |
97,4k€ |
148,6 k€ |
| FSSBU | 1614 |
49 k€ |
37 k€ |
45,2 k€ |
56 k€ |
73 k€ |
100 k€ |
170,3 k€ |
| Sogeti | 4096 |
43 k€ |
37 k€ |
43 k€ |
51,5 k€ |
67,1 k€ |
84,5 k€ |
120 k€ |
| Infra | 5232 |
45 k€ |
35 k€ |
42,1 k€ |
54,9 k€ |
73,8 k€ |
106,3 k€ |
161 k€ |
| ER&D | 2660 |
41 k€ |
36,1 k€ |
40,2 k€ |
50 k€ |
65 k€ |
87,4 k€ |
130,3 k€ |
| Invent | 2016 |
57,3 k€ |
37,3 k€ |
43,7 k€ |
55,1 k€ |
73,2 k€ |
99,7k€ |
155,6 k€ |
| Capgemini Services | 173 |
98 k€ |
39,6 k€ |
58,5 k€ |
66 k€ |
82,5 k€ |
117,5 k€ |
197,3 k€ |
| UES | 26958 |
45,9 k€ |
36 k€ |
42,4 k€ |
53,2 k€ |
70,2 k€ |
98,6 k€ |
155,7 k€ |
NEO : la pilule ne passe pas !
Nous en parlions dans le flash CGT CSEC d’octobre, la direction veut déployer début 2026 un nouvel outil IA, appelé NEO, en remplacement de AskAdam. L’expertise commandée par le CSEC n’a malheureusement pas permis de lever les inquiétudes. La direction s’avère en effet incapable de répondre à des questions plutôt banales :
- quel sera le taux de pertinence des réponses que NEO apportera aux questions posées par les salarié·es ? ➡️ La direction en rejette la responsabilité sur les salarié·es qui devront vérifier la véracité des réponses de NEO
- quel sera l’impact environnemental et le coût financier de NEO, par rapport à AskAdam notamment ?
- quel sera l’impact sur l’emploi du déploiement de NEO ?
Bref la direction ne sait pas ou elle va mais elle y va, au détriment des conditions de travail des salarié·es.
Congés : la direction persiste dans l’illégalité
La direction a présenté la note de service sur le temps de travail pour l’année 2026. Comme les années précédentes, il y est indiqué, en violation du code du travail, que la direction peut imposer des congés payés (hors RTT employeur) lors de la fermeture d’un site client. Le CSEC a voté une expertise juridique libre : est-ce pour préparer (enfin) une action en justice contre la direction ou est-ce pour faire diversion ? La suite au prochain épisode…