#Extrême droite

Les vrais fascistes sont… les fascistes

 Après que Capgemini se soit illustré en ce début d’année en fournissant des prestation à l’ICE pour la chasse aux “migrants illégaux” aux USA, nous apprenons maintenant que Paul Hermelin, président du conseil d’administration Capgemini, organise et participe avec les grands patrons français, à un repas avec Marine Le Pen.

Par avance, puisque l’on nous reprochera de faire de la politique : oui, la vie syndicale est éminemment politique.

Dans la mesure où la vie politique et économique influe sur nos vies et notre travail, nous avons notre mot à dire.

Nous nous basons sur nos convictions politiques, nos actions sont politiques, nos prises de positions le sont également. Ne pas prendre position, c’est déjà faire de la politique. 

Alors nous alertons sur la gravité de ce repas organisé par Paul Hermelin car il se positionne dans une stratégie en place depuis 15 ans qui vise à normaliser l’ancien Front National, parti politique créé par des collaborationnistes Nazis, un ex Waffen-SS et des miliciens fascistes et entretenant toujours des relations troubles avec des organisations d’extrême-droite violentes, racistes et antidémocratiques

Patrick Pouyanné patron de Total, actionnaire et membre du conseil d’administration de Capgemini, qui appelait publiquement en début d’année à « engager le dialogue », y compris avec le RN, était également présent lors de ce repas.

Et le RN n’est pas le seul à constituer l’extrême-droite : les relents des idées fascistes s’étendent désormais jusqu’à la Macronie et au PS, avec des ministres et des député-es qui partagent ouvertement des références à des thèses d’extrême-droite, ou bien l’hommage donné à l’Assemblée Nationale au militant de l’Action Française, un néo-nazi convaincu, mort à Lyon en février. Le RN n’est que l’arbre qui cache la forêt de la fascisation du paysage politique Français. Retailleau, Ciotti, Zemmour, Wauquiez, Attal (entre autres) font tous campagne sur les idées historiques de l’extrême droite.

Paul Hermelin lui-même, avant de démarrer sa carrière chez Capgemini, était conseiller de Dominique Strauss-Kahn alors qu’il était ministre du commerce. Il se revendiquait encore proche de François Hollande il y a quelques années. Pourquoi une telle complaisance avec l’extrême-droite, quand on est censé être proche des idées socialistes ?

De plus, contrairement à l’image populaire qu’elle aime se donner et qu’on lui donne dans les médias, l‘extrême-droite est l’alliée objective des grands patrons et des politiques (Macron et autres) à leur serviceLa droite et l’extrême droite votent contre toute réforme de progrès social : 

  • Contre l’augmentation du salaire minimum (SMIC)
  • Pour le durcissement des droits à l’assurance chômage
  • Contre le gel des loyers
  • Contre les mesures anti-inflation
  • Contre le rétablissement de l’ISF
  • Pour la privatisation de la RATP (merci le ticket de métro à 2,55€ !)
  • Contre la création d’un service public de la petite enfance
  • Contre l’égalité entre les femmes et les hommes dans la fonction publique

Et c’est sans compter l’abstention ou le vote contre de la moitié des député-es d’extrême-droite lors de la constitutionnalisation du droit à l’avortement.

On le voit bien : ce sont nos collègues, nos familles, nos ami-es et nos proches qui sont directement ciblé-es par les politiques que prône l’extrême droite. Nous qui sommes la classe des travailleurs et des travailleuses serons les premier·es ciblé·es par ces refus de progrès, ou par ces regressions sociales. Ce sont nos vies qui sont en jeu, notre santé au travail, notre santé tout court. Penser un seul instant que l’extrême droite pensera à notre classe sociale est une hérésie : elle n’a jamais été de notre côté.

Et alors, c’est quoi le fascisme ?

On nous dit souvent qu’à gauche, on traite tout le monde de « facho ». Rassurez-vous : non. Il faut quand même quelques critères.

Le fascisme est un mouvement politique autoritaire, profondément xénophobe et violent, et qui tend à l’instauration d’un régime centré sur une supposée appartenance à une population ou à une race supérieure au sein d’un Etat. Les régimes fascistes ont toujours été contre le progrès social : droits des personnes LGBTQIA+, droits des femmes, droits des minorités ethniques ou religieuses.

Mais c’est surtout le produit d’un capitalisme qui s’écroule : dans les années 20 en Italie, c’est en réponse à la première guerre mondiale que le fascisme naît. Puis dans les années 30 en Allemagne, on donne le pouvoir aux Nazis en réaction à la crise financière de 29. 

Le fascisme fonctionne toujours avec les mêmes mécanismes pour arriver au pouvoir : fournir à la populations des boucs émissaires responsables de tous ses malheurs. Ces responsables seront au gré des époques : les juifs, les musulmans, les étrangers, les rouges (communistes, syndicats), les homosexuels …

Historiquement, le capital, la bourgeoisie et le patronat, furent toujours des fervents soutiens aux différentes formes de fascisme. Henri Ford, Ferdinand Porsche, Walt Disney, Louis Renault, Fiat et tant d’autres ont soutenu financièrement et/ou matériellement le fascisme afin de servir leurs intérêts. Pour certain-es comme Coco Chanel, iels ont même collaboré directement avec les Nazis à la mise en place de la “solution finale”. D’autres, comme Louis Ferdinand Céline ou François Miterrand, collaborent activement avec le régime de Vichy. Les termes alors employés contre les Juifs sont aussi odieux que ceux dans la bouche des dirigeants de l’extrême-droite de nos jours lorsqu’iels évoquent les musulmans ou les “migrants”.

Peut-on vraiment parler de fascisme à notre époque ?

L’histoire ne se répète pas, elle balbutie.

En France, nous sommes abreuvés par les médias de l’éternel sujet de l’insécurité, depuis des années, comme si c’était la priorité de la population. Mais, répéter sans cesse la même chose, même si elle est fausse, est efficace à long terme : c’est la base de l’apprentissage. Cela à aussi l’avantage d’occulter les sujets qui intéressent vraiment les gens : en ces temps de crise énergétique, des difficultés dans le monde du travail, d’inflation galopante et de baisse proportionnelle des salaires, nous pensons à la CGT qu’il est plus important de parler de ces sujets par exemple.

Qui se pose aujourd’hui la question du vivre ensemble et de l’organisation de notre société ? Surtout pas les médias mainstream aux heures de grande écoute.

Les mécaniques sont les mêmes que dans l’Europe des années 30 : mise au ban des minorités, criminalisation de toute idée de gauche, concentration des médias, et pouvoir grapillé petit à petit par les réactionnaires.

Aux USA, ce sont des figures comme Peter Thiel (l’ancien patron de Palantir, une firme mis en cause dans un scandale de surveillance de masse des citoyens Américains, en lien notamment avec l’ICE), Elon Musk, Mark Zukerberg ou encore Sam Altman (PDG d’OpenIA) qui ouvrent leurs portefeuilles et collaborent directement avec le gouvernement néo-fasciste de Donald Trump.

Et encore aujourd’hui, des milliardaires comme Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin souhaitent “mener un combat civilisationnel ». Ils oeuvrent à la construction de la victoire des idées d’extrême-droite, qui ont pourtant conduit des millions de Français à l’éxode, dans les camps de travail du STO ou encore dans les camps de la mort du régime Nazi. Les observateurs des mouvements d’extrême droite sont formels : non, l’extrême droite n’a pas changée. La stratégie de la cravate n’y fait rien. 

Les observateurs sont également formels : le paysage politique glisse à droite et de plus en plus de partis partagent des idées fascisantes jusqu’alors bannies du discours politique.

Et donc, qu’est-ce que l’antifascisme ?

C’est un mouvement violent et qui conduira à la wokisation de nos enfants ! ” (Enfin ça c’est ce qu’on en dit dans les médias dominants, notamment ceux de Bolloré, et chez les députés de la “gauche responsable” à l”extrême droite qui ont bien compris qu’ils auraient maille à partir avec cette opposition à leurs idées)

L’antifascisme est né d’une opposition à la prise de pouvoir de Mussolini dans les années 20, puis s’exporta par la suite en Allemagne et en Espagne pour lutter contre Hitler et Franco. C’est ce mouvement qui conduira à l’entrée en résistance, au fil du 20ème siècle et des conflits démarrés par les totalitaristes de tout poil, des millions de personnes. L’antifascisme est un mouvement de résistance qui n’existe que dans un monde où le fascisme existe. C’est un mouvement pour le progrès social, pour les libertés pour toustes et fermement opposé aux idées d’extrême droite (on vous voit venir : l’antifascisme s’oppose aussi aux dictatures qui agiraient sous revendication de communisme ou de socialisme alors qu’ils ne sont qu’une version déclinée du fascisme).

Être antifasciste, ce n’est pas une lubie militante ni une insulte en kit. C’est juste refuser qu’on monte les salarié·es les un·es contre les autres pendant que les vrais responsables trinquent… ou plutôt ne trinquent jamais.

Pourquoi est-il important de se revendiquer antifasciste ?

Nous le voyons dans le monde, avec les différents gouvernements d’extrême droite, la liberté des travailleur·euse·s est d’autant plus en danger : en Argentine sous Javier Milei avec le démantèlement des conventions collectives, la restriction du droit de grève etc, aux USA, la criminalisation des mouvements sociaux, la pression sur les travailleur·euse·s étrangères et étrangers, en Russie ou en Chine avec des régimes totalitaires appliquant les méthodes fascistes.

En France, nous vivons une époque trouble avec de plus en plus de présence et de répression policière dans des manifestations pacifistes ainsi que la criminalisation croissante de militants sociaux ou écologistes. Le but étant de museler par la peur la population en réprimant les mouvements et organisations de contestations.

Cela vaut également pour Modi en Inde, qui mène une politique autoritaire et violente depuis son accession au pouvoir, et avec qui Capgemini adore faire affaire, mais c’est loin d’être le seul : nous avons cité Trump, Milei, ou Poutine mais nous pourrions y ajouter Meloni en Italie, Kast au Chili, et tant d’autres …

Pourquoi la CGT Capgemini est et restera antifasciste ?

Les régimes fascistes ont toujours été contre les mouvements de travailleur·euse·s, avec notamment des dissolutions des syndicats, la suppression des conventions collectives, l’augmentation du temps de travail. 

Historiquement, la CGT a toujours défendu la classe des travailleur·euse·s, notamment en rentrant dans la resistance pendant la Seconde Guerre mondiale puis dans le Conseil national de la résistance, qui aidera par la suite à la création de la Sécurité sociale ou des Comités d’EntrepriseNotre syndicat est un des plus grands syndicats nationaux à adhérer à VISA, un collectif de vigilance syndicale contre le fascisme.

La CGT sera toujours antifasciste car elle défend avant tout les travailleurs et que le fascisme les a toujours exploité tout autant que son proche allié le capitalisme.

Nous demandons donc à Capgemini de prendre ses distances avec Paul Hermelin et plus globalement avec tous parti politique, ou gouvernement ouvertement raciste, xenephobe et fasciste.

Son implication politique est contraire aux valeurs d’éthique pronées par le groupe. 

Historiquement, l’antifascisme était naturel. Aujourd’hui, il est une nécessité.

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Sources et références : 

https://www.lecanardenchaine.fr/economie/53654-medef-et-rn-le-diner-de-cac

https://www.institutmontaigne.org/experts/paul-hermelin

https://www.liberation.fr/france/2013/11/11/francois-pinault-le-consultant-de-luxe-pierre-pringuet-l-influent-qui-garde-ses-distances-paul-herme_946220/

https://www.librairiesindependantes.com/product/9782073061195/

https://www.youtube.com/watch?v=W9XrS5Ba2L8&list=PLv1KZC6gJTFnPEMFcUPFejlF9dPoH6dxB&index=7

À propos

Publié le :
6 mai 2026

Quand l’extrême droite avance, les droits des femmes reculent !

Qu’entend t’on par « extrême droite » ? 

L’extrême droite est traditionnellement définie comme un ensemble de partis politiques, d’organisations et de médias portant un agenda politique axé autour du rejet de l’immigration, voire d’une xénophobie assumée ; d’un projet autoritaire en matière de politique intérieure, et d’une rhétorique anti-système hostile aux partis traditionnels.
Il faut également y ajouter un anti-féminisme profond et un agenda « antigenre », opposé aux droits des femmes et des personnes LGBTQIA+, et visant à maintenir les normes genrées et patriarcales.

a group of people holding up signs in the airQuand l’extrême droite avance, les droits des femmes reculent !

Ces dernières années, l’Union européenne a connu, tout comme le reste du monde, des mobilisations féministes historiques qui ont changé les aspirations sociales des Européen·nes.
Dans tous les pays, des voix s’élèvent, des citoyen·nes se rassemblent et se mobilisent pour des sociétés égalitaires et débarrassées des violences sexistes et sexuelles. 
Ces révolutions suscitent et/ou se heurtent à l’action des camps les plus conservateurs qui ont pour projet de maintenir le statu quo patriarcal et de « remettre les femmes à leur place » ; un phénomène communément appelé le « backlash » (« retour de bâton »), à travers lequel des mouvements réactionnaires déploient partout en Europe des stratégies pour saper les progrès en matière d’égalité de genre et faire reculer des droits obtenus de haute lutte.
C’est dans ce contexte de « backlash » que l’extrême droite gagne du terrain, en Europe et dans le monde. 
Les partis d’extrême droite instrumentalisent autant qu’ils nourrissent les mouvements réactionnaires et masculinistes, dont les deux principaux boucs émissaires sont le féminisme, qui serait responsable d’une prétendue « dévirilisation » des hommes ; et l’immigration, qui conduirait selon eux à une « désoccidentalisation » de l’Europe.
Du discours d’extrême droite, on ignore souvent un de ses traits idéologiques fondamentaux : son sexisme. 
Le moindre des paradoxes n’est pas, de constater l’existence d’un engagement féminin dans les rangs de l’extrême droite, voire d’un « féminisme d’extrême droite », glorifiant la femme dans son rôle d’épouse et plus encore de mère, l’assujettissant à l’impératif de la transmission du patrimoine biologique et culturel. 
C’est dire que l’extrême droite est une menace pour les femmes, leurs acquis et leurs droits, dont les actions des commandos anti-IVG, en sont l’illustration spectaculaire. 

Photo d'un drapeau antifascisteL’extrême droite c’est le réarmement démographique mais en pire !

La CGT considère que l’émancipation des femmes passe par leur égal accès au travail salarié. 
C’est dans une perspective d’émancipation et de progrès social pour toutes et tous que la CGT combat les inégalités de genre, les idées et comportements sexistes, les stéréotypes culturels qui tendent à justifier et perpétuer les inégalités entre les femmes et les hommes. 
La CGT agit pour la liberté pleine et entière des femmes, au travail et dans la société.
Ce n’est pas parce que le rn est dirigé par une femme que ce parti est en faveur des droits des femmes, en tout cas ses actes le contredisent. 
À l’international, il affiche sa proximité avec des dirigeants aux politiques discriminatoires et ultra réactionnaires comme Donald Trump, Viktor Orban, ou Vladimir Poutine.
Dans l’histoire récente ou aujourd’hui dans d’autres pays, lorsque l’extrême droite et les partis alliés du rassemblement national sont au pouvoir, les femmes paient un lourd tribut. 
En 2017, avec le soutien de Vladimir Poutine, la Russie a décriminalisé une grande partie des violences domestiques. 
Le danger de voir un jour une telle politique en France est réel et nos droits sont fragiles.
Le projet de l’extrême droite s’appuie sur la différence sexuelle « naturelle » qui différencie les femmes et les hommes pour mieux les assigner à leurs rôles sociaux spécifiques, renvoyant les femmes à la maison et surtout à leur rôle de mère. 
Leurs propositions entérinent l’ordre patriarcal, un système où l’homme domine la cellule familiale et centralise tous les pouvoirs.
La volonté de contrôle de la vie des femmes s’étend jusqu’au droits des femmes à disposer de leur corps. 
L’extrême droite s’attaque au droit à l’avortement ou l’accès à la contraception. 
Les mesures pour la santé des femmes s’inscrivent uniquement dans une perspective nataliste. 
De plus, l’extrême droite instrumentalise les violences faites aux femmes, pour diffuser son message anti immigration.
Comme si les violences faites aux femmes étaient liées à une culture, à un pays, à une religion ou une classe sociale.
Considérer qu’un violeur ne peut être qu’un étranger alimente la culture du viol. 
C’est au sein de l’espace privé que se produisent en majorité les violences faites aux femmes.
Photo d'un drapeau antifasciste

À propos

Publié le :
19 novembre 2024