Ce qui devait être une simple mise à jour est devenu une manœuvre de destruction de nos droits.
Un revirement qui ne trompe personne
Le 20 octobre 2025, les Organisations Syndicales Représentatives (OSR) étaient invitées à négocier un avenant à l’accord Santé au Travail, avec un calendrier s’étendant jusqu’au 27 avril. Mais coup de théâtre le 15 décembre : dès la seconde réunion, la direction change son fusil d’épaule. Elle nous demande d’abandonner l’avenant pour négocier un « nouvel accord » complet.
Pourquoi ce basculement ? Nous ne sommes pas dupes. Passer d’un avenant à un nouvel accord est une stratégie classique pour remettre en cause les conquis sociaux et proposer un texte moins disant pour les salarié·es.
Des méthodes de négociation déloyales !
Le calendrier initial a été détourné à la suite de « bilatérales », des discussions privées entre la direction et certaines organisations syndicales représentatives, auxquelles la CGT refuse de participer.
Notre position est claire : Négocier en « catimini », plutôt qu’autour d’une table commune avec l’ensemble des représentant·es, n’est pas une négociation loyale. C’est une méthode qui vise à diviser pour mieux régner.
Votre santé n’est pas une option, c’est une obligation !
Nous parlons ici de santé et de sécurité au travail. Rappelons que c’est une responsabilité pleine et entière de l’employeur. Pourtant, à travers ce projet de nouvel accord, la direction tente de se défausser de ses obligations légales pour les faire reposer directement sur les épaules des salarié·es.
La CGT restera vigilante et s’opposera à toute tentative de désengagement de l’entreprise sur un sujet aussi vital.
Après la réunion du 15 décembre, la direction reporte puis annule puis reporte puis annule les réunions de négociations suivantes. La santé au travail n’est pas d’un grand enjeu pour la direction, elle préfère négocier les départs de 2409 salarié·es en France et le non-versement d’un intéressement au grand bonheur des actionnaires ! Soit, nous voilà donc le 16 avril avec le tout nouveau projet d’accord de la direction que nous « lisons » ensemble en séance avec peu d’espoir d’y voir les revendications portées, puisque le directeur des Affaires Sociales nous le dit, il y écrit ce qu’il veut, c’est son document !
Transformation de l’accord Santé au travail en « Expérience Plénitude »
Cher·ères salarié·es,
La direction est heureuse de vous annoncer une évolution majeure dans notre approche de la vie au bureau. Dans le cadre de notre dernier accord, nous avons décidé d’abolir le terme « Santé au Travail », jugé trop clinique, pour le remplacer par celui, bien plus enveloppant, de « Bien-être au travail ».
Désormais, ne considérez plus votre poste de travail comme un simple bureau, mais comme votre cabine de soin individuelle. Nous travaillons activement à transformer l’atmosphère du groupe pour que chaque dossier traité ressemble à une immersion sensorielle :
L’open space devient un Lagon de Productivité, vos réunions ne sont plus des points de synchronisation, mais des séances de flottaison collective où les idées circulent comme une huile essentielle de lavande.
Le Code et le Conseil comme Rituels de Beauté, nous envisageons chaque ligne de code ou chaque livrable client comme un gommage purifiant pour l’esprit.
La Gestion du Stress en mode Hammam, les deadlines, le manager insistant ne sont plus une pression, mais une douce vapeur de sauna destinée à éliminer les toxines de l’inaction.
Nous sommes convaincus que cette transition sémantique saura masquer… pardon, sublimer les réalités du quotidien. Préparez vos peignoirs de fonction : chez Capgemini, l’excellence n’est plus une performance, c’est un soin du visage longue durée.
Aussi, inutile de demander une augmentation de salaire, la seule chose que nous pourrons vous offrir c’est une augmentation de travail, enfin, de bien-être au travail, voyez il n’y a plus de raison de se plaindre quand on prend soin de vous.