L’argent n’a pas d’odeur mais il commence fortement à avoir le goût du sang, pour Capgemini.
Lors de la réunion CSE Appli de septembre dernier, vos élu·es CGT dénonçaient les rapprochements entre Capgemini et la société étasunienne Palantir, dont l’ancien dirigeant Pieter Thiel est désormais membre du gouvernement de Donald Trump.
Nous évoquions alors le positionnement de Palantir, qui est mis en cause aux USA pour sa collecte et sa gestion de données personnelles sur des centaines de millions d’Américains, faisant craindre une surveillance de masse de la population, avec notamment la mise à disposition de Palantir auprès des services de police et de l’armée américaine.
La direction n’a pas bronché et nous a indiqué que nos clients choisissaient les logiciels que nous devions implémenter pour eux, et que ce n’était pas un sujet : rien à craindre, ce n’était qu’un partenariat commercial destiné à servir nos clients, rien de plus.
Début 2025, nous dénoncions également la modification de la politique RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) de Capgemini sous la contrainte du gouvernement américain. Le Canard Enchaîné révélait en effet que Capgemini souhaitait effacer la mention de “diversité” dans ses documents internes, au profit de l’équité. L’attaque “anti-wokisme” avait été commanditée par l’ambassadeur des USA en France, qui avait envoyé un courrier à de grandes entreprises françaises, dont Capgemini, leur demandant de revoir leur position en matière de lutte contre les discriminations si ces entreprises souhaitait continuer à travailler sur le marché nord-américain.
Nous avons décidé de publier dans notre flash CSE Appli du mois de septembre un article évoquant les liens entre Palantir et Capgemini.
Nous avions bien compris alors que Capgemini était prêt à tout pour gagner de l’argent, même les partenariats les plus immoraux : nous nous posions la question d’une alliance commerciale entre Capgemini et les néo-fascistes qui sont au pouvoir depuis début 2025 aux USA.
Nous terminions notre article en faisant un lien cynique entre l’utilisation de Palantir et l‘ICE (Immigration and Customs Enforcement), une police aux frontières qui existe depuis deux décennies aux USA mais qui avait déjà, depuis début 2025, défrayé la chronique (c’est le moins que l’on puisse dire), en participant à la déportation de dizaines de milliers de personnes, accusées souvent à tort d’être des “migrant·es illégaux·ales”.
Nous faisions ce lien car l’ICE utilise au quotidien les outils de Palantir pour cibler, traquer, arrêter, déporter et parfois tuer sans autre forme de procès ces populations déjà précaires aux USA, de par leur statut souvent proche de la clandestinité.Cet autoritarisme sans vergogne a pris un tournant tout particulier en début d’année 2026 quand un des agents de l’ICE a abattu de trois balles dans la tête une citoyenne Américaine, Renée Nicole Good, alors qu’elle était en patrouille en tant qu’observatrice indépendante pour documenter les actes commis par cette milice aux mains des fascistes. Ce n’est pourtant pas la première victime directe de l’ICE qui est accusée d’avoir tué une trentaine de personnes en 2025, et déjà au moins 7 en janvier 2026, dont Renée Nicole Good.
Sa mort n’est pas sans rappeler celle de Nahel Merzouk en France, qui s’inscrit elle aussi dans une logique de violences policières de notre côté de l’Atlantique. Capgemini ne se gêne pas pour travailler main dans la main avec le gouvernement français auprès du ministère de l’Intérieur qui fait partie de nos plus grands clients, mais également avec les services de police de par le monde. Tant qu’il y a de l’argent à prendre…
Capgemini, en marche avec les fascistes ?
Le lien cynique que nous avions fait en septembre dernier avait vu juste : fin janvier 2026, plusieurs articles de presse ont signalé que Capgemini, qui prône pourtant des valeurs d’éthique et d’inclusion, allant jusqu’à affirmer faire partie des entreprises les plus éthiques au monde depuis plusieurs années, travaillait aussi main dans la main directement avec l’ICE depuis ses bureaux situés aux USA, et ce depuis au moins 2007.Par le biais de sa filiale américaine “Capgemini Government Solutions”, notre employeur a signé des dizaines de contrats sur les 20 dernières années avec l’ICE, allant de l’optimisation du parcours de détention (via une application de gestion des “camps de détention”), à des solutions visant à remplacer le transport aérien pour les déportations par du transport routier ou encore à “obtenir des services de recherches de personnes (skip tracing) pour les opérations de coercition et de déportation”, selon les termes du dernier partenariat signé par Capgemini avec l’ICE. Il s’agit de pistage (notamment via l’intelligence artificielle) en utilisant toutes les données disponibles sur les réseaux sociaux afin de faire la chasse aux migrant·es qui ne se trouveraient pas dans leur pays d’origine. Nous parlions de surveillance de masse : nous n’étions pas loin de la vérité.
Mais ce n’est pas tout pour Capgemini : une hotline (ligne de support dédié) permet aux citoyens Américains de dénoncer des immigré·es qui commettraient des crimes.
Cette hotline, nommée VOICE (VICTIMS OF IMMIGRATION CRIME ENGAGEMENT), qui ressemble fortement aux “voisins vigilants pour dénoncer les Mexicains”, a été développée par Capgemini.
Une trahison des valeurs affichées
Capgemini s’en vantait même sur son site public, sur une page désormais supprimée, mais que nous avons pu consulter “The team from Capgemini is working closely with ERO (Enforcement and Removal Operations, une division de l’ICE) to help it minimize the time required and the cost incurred to remove all removable illegal aliens from the US.” (“L’equipe de Capgemini travaille en étroite collaboration avec ERO pour l’aider à réduire le temps requis et les coûts associés pour expulser tous les migrants illégaux des Etats-Unis”).
On en est là : c’est une fierté et une réussite de traquer les immigrant·es. “Get the future you want”, qu’ils disaient.
Get The future You Want, c’est le slogan de Capgemini depuis 2020. Aiman Ezzat, notre PDG ; déclarait d’ailleurs en 2023 à propos de la politique d’inclusion du groupe :
“La reconnaissance de la liberté de chaque individu et la confiance dans les autres qu’elle implique sont fondamentales pour le respect de la dignité humaine. La liberté et la confiance sont à la base de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et constituent deux des sept valeurs fondamentales de Capgemini.
Depuis sa fondation, Capgemini est donc naturellement enclin à un respect inébranlable des droits humains, et nous considérons que c’est une condition préalable à la réalisation de notre ambition d’avoir un impact positif sur toutes les parties prenantes de notre écosystème.”
Ces mots résonnent aujourd’hui tristement, alors que l’on a appris tout dernièrement que l’ICE allait jusqu’à détenir des enfants de 5 ans pour essayer de capturer leur parents pour les déporter. Puis, le samedi 24 janvier, c’est Alex Pretti, lui aussi observateur indépendant, qui a été abattu à bout portant par les agents de l’ICE en marge d’une manifestation, sans autre forme de justice que la décision de quelques hommes surarmés et qui agissent en toute impunité.
Pour Capgemini, c’est une manne très rentable. Chaque contrat représente des millions de dollars. On parle de plusieurs centaines de millions de dollars depuis 2007.
Cela nous laisse présager le pire quant aux activités que Capgemini pourra accepter de mettre en place demain si les fascistes venaient à prendre le pouvoir chez nous en France. Nul doute que l’extrême droite Française, grande alliée du peuple, se fera un plaisir de respecter les droits humains 🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂
Le capitalisme a systématiquement eu pour allié le fascisme, quand il n’arrivait plus à fonctionner seul. AU niveau mondial, l’exemple le plus mémorable est bien sûr celui de la seconde guerre mondiale, où l’industrie de la guerre, de la colonisation, de la déportation et de la Shoah ont profité à de très nombreuses entreprises capitalistes, qui ont aujourd’hui toujours pignon sur rue.
Nous, salarié·es du groupe, devons prendre la mesure de ces partenariats et exiger qu’une des plus grandes entreprises françaises cesse immédiatement ces collaborations mortifères.

Nos exigences
La CGT Capgemini exige la fin immédiate et sans réserve de la collaboration de Capgemini avec l’ICE. Capgemini doit également suspendre ses activités avec le gouvernement fédéral Etasunien, tant qu’il sera au mains de fascistes qui considèrent que chaque vie humaine n’a pas la même valeur.
La CGT Capgemini exige également que Capgemini s’aligne effectivement avec les valeurs présentées sur ses documents officiel et repense ses partenariats commerciaux avec des entreprises ou des insitutions qui contribuent à des guerres, aux meurtres de civils, ou encore au génocide qui ne s’est jamais achevé dans la bande de Gaza, ainsi qu’à la colonisation meurtrière en Cisjordanie.
La CGT a des valeurs, avec lesquelles elle est droite et constante. La Paix en fait partie.
Nous nous battrons sans relâche pour que notre entreprise ne soit pas complice de ces atrocités commises de par le monde.
Sources
https://investigate.afsc.org/company/capgemini
https://www.ice.gov/doclib/voice/factsheetVoiceEnglish.pdf
https://www.lecanardenchaine.fr/economie/50315-trop-woke-capgemini
https://www.capgemini.com/ca-fr/notre-groupe/nous-connaitre/valeurs-ethique/notre-culture-ethique/