Le groupe Capgemini a publié ses résultats 2025 le vendredi 13 février 2026, ils sont excellents à tous les niveaux.
Des chiffres 2025 en hausse même en France
D’abord, le groupe affiche une excellente santé financière :
1 122 M€ (millions d’euros) ont été dédiés aux dividendes et rachats d’actions, soit 70 % du Résultat net part du Groupe, qui s’élève à 1 601 M€.
En France, “dans un environnement difficile” et un chiffre d’affaires en baisse de 4,1 % (“cette évolution s’explique principalement par la faiblesse persistante du secteur de l’Industrie et la contraction des secteurs Énergie & Utilities et Biens de Consommation & Commerce“), la marge opérationnelle progresse fortement, passant de 10,2 % en 2024 à 10,9 % en 2025, soit environ 11 M€ de bénéfices supplémentaires dégagés en 2025 selon notre estimation. La direction l’écrit elle-même : la France est plus rentable que l’an dernier, malgré un léger recul de l’activité. Cette amélioration de la rentabilité repose directement sur les salarié·es, dont les effectifs ont diminué sur la même période.
Il faut donc le réaffirmer pour combattre la désinformation de la direction : il n’y a pas de problème économique sur l’activité du groupe en France.
Une enveloppe d’augmentation des salaires proche de zéro
Lors de la réunion de négociation sur les salaires qui a suivi quelques jours plus tard, la direction a fait mine de ne pas avoir pris connaissances des chiffres qu’elle a elle-même publiés, se contentant d’insister sur le fait que la France serait à la traîne par rapport au reste du groupe.
Par exemple, la direction, gênée, n’a pas voulu répondre à la question de la CGT sur le montant des bénéfices réalisés en France pour 2025. Et pour cause, nous les estimons à plus de 500 millions d’euros.
La direction a ensuite proposé sa mesure “phare” : une mesure balai de 500 € qui rattrape les bas salaires (≤ 42 k€) pas ou peu augmentés entre 2023 et 2025 (< 6 %).
Cela concernerait potentiellement 1344 salarié·es soit 5 % des salarié·es environ (mais il faudra enlever celles et ceux qui seront en RCC) pour une enveloppe de 1,7 M€ (soit une augmentation généreuse de la masse salariale de 0,11 %).
Il semble que la direction anticipe la mise en œuvre d’une directive européenne sur la transparence salariale avec un nuage de points.
Cette directive va être transposée dans la loi française en fin d’année.
Cette mesure sert donc à rattraper les cas qui de toute façon devront l’être l’an prochain.
Des syndicats unis pour dénoncer la proposition de la direction
La direction annonce également aux syndicats que s’ils ont des propositions, elles seront prises dans l’enveloppe de 1,7 M€ qui reste fixe, au détriment donc de sa mesure…
Nous lui répondons que la CGT n’est pas là pour cautionner cette enveloppe dérisoire et déconnectée de la réalité des salarié·es.
Qu’elle assume elle-même ses décisions au lieu de chercher à nous en rendre complices.
À noter les réactions indignées de tous les syndicats sur le décalage entre la réalité économique et la faiblesse de l’enveloppe.
Après deux années de négociation sans signature, on ne prend pas le chemin d’un accord salarial…
La déclaration intersyndicale
Des syndicats ont affiché une volonté d’opposer un front commun à ce simulacre de négociation.
On ne peut que se réjouir de cette condition nécessaire pour de véritables avancées.
Ils ont fait la déclaration suivante :
Déclaration intersyndicale – CFE-CGC, CGT, FO et Lien-UNSA – Lue en ouverture de la 3ᵉ réunion de Négociation sur les Salaires
Lors de la publication des résultats du groupe le vendredi 13 février 2026, nous avons pris connaissance de chiffres qui appellent plusieurs constats.
D’abord, le groupe affiche une excellente santé financière :
- 1 122 M€ ont été dédiés aux dividendes et rachats d’actions, soit 70 % du Résultat net part du Groupe, qui s’élève à 1 601 M€.
- En France, malgré une conjoncture difficile et un chiffre d’affaires en baisse de 4,1 %, la marge opérationnelle progresse fortement, passant de 10,2 % en 2024 à 10,9 % en 2025.
Ces éléments démontrent clairement que :
- Le groupe se porte très bien.
- La France est plus rentable que l’an dernier, malgré un léger recul de l’activité.
- Cette amélioration de la rentabilité repose directement sur les salarié·es, dont les effectifs ont diminué sur la même période.
Face à ces résultats, la direction propose pour 2025 :
Nous comprenons mieux, au vu de ces chiffres, la réticence de la direction à réaliser les expertises économiques qui permettraient de justifier la nécessité d’un tel plan de RCC.
Dans le même temps, le groupe engloutit 70 % des bénéfices au profit des actionnaires.
Cette politique interroge sur la reconnaissance réelle du travail effectué par les équipes.
Notre position intersyndicale :
Les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO et Lien-UNSA ne peuvent cautionner une politique salariale aussi déconnectée, injuste et profondément indécente.
Nous réaffirmons avec force :
- Notre exigence d’un meilleur partage de la richesse produite.
- Notre demande d’une révision significative des propositions salariales.
- Notre refus d’un accord au rabais qui pénaliserait encore les salarié·es alors que leurs efforts permettent au groupe d’afficher des résultats exceptionnels.
Nous appelons la direction à faire évoluer immédiatement sa position et à ouvrir une négociation réelle, respectueuse et à la hauteur de l’engagement des salarié·es.