Capgemini a annoncé dimanche 1er février dans la presse la mise en vente de la filiale Capgemini Government Solutions (CGS)
C’est une petite victoire pour les salarié·es, qui ont étés choqué·es par l’annonce de la collaboration active dans les exactions de l’ICE et qui l’ont fait savoir. Pour la CGT Capgemini, si c’est une première avancée, elle ne nous satisfait qu’à moitié.
Nous avons une annonce que Capgemini arrêtera sa collaboration avec l’ICE en vendant CBS, mais à quelle échéance et avec quel repreneur ? En attendant, CBS continue son activité comme si de rien n’était ! Quid des salarié·es de CBS qui voudraient faire valoir une clause de conscience et des victimes de cette collaboration, qui continuent de s’accumuler, malgré l’annonce de la vente ?
La volonté de revendre montre que la direction est plus soucieuse de son image “éthique“ que des vies réellement menacées derrière le contrat. C’est une décision que nous trouvons assez lâche.
je considère qu’on ne doit pas pénaliser quelqu’un pour un refus motivé par des valeurs. (A. Ezzat)
Certes, notre employeur ne serait plus complice des exactions du gouvernement Trump via l’ICE, une fois la filiale vendue. Mais Capgemini a rôdé ses outils de traque et de déportation pendant 20 ans et aujourd’hui, dans la tourmente, le groupe dit « je revends le fusil avec lequel j’ai tué des centaines de personnes » au lieu de le détruire, pensant ainsi s’en laver les mains.
Lors de la réunion de crise convoquée par Capgemini, Aiman Ezzat n’a même pas fait l’effort de se déplacer pour venir rencontrer les représentants syndicaux : Il était en visioconférence, à distance, au sein d’un dispositif destiné à nous intimider. Nous déplorons ce manque de considération.
Cette réunion a toutefois permis, grâce a l’intervention de notre représentant CGT, d’obtenir des garanties quant à la mise en place d’une clause de conscience.
Les mots de notre PDG à ce sujet sont les suivants : « Quelqu’un peut refuser pour des raisons personnelles/éthiques. Je n’ai aucun problème avec ça. Je ne suis pas au courant de cas de sanction, mais je considère qu’on ne doit pas pénaliser quelqu’un pour un refus motivé par des valeurs. »
Aiman Ezzat nous a dit ne pas savoir pour les contrat ICE, mais lorsque la CGT lui a demandé des comptes sur les logiciels de la société Palantir, que nous mettons en place pour nos clients, il a tout a fait été capable de nous nommer les clients français concernés (Equans, par exemple). Pour rappel, Palantir est également au cœur d’un vaste scandale de surveillance de masse aux USA. Les données issues de cette surveillance sont aussi utilisée par l’ICE dans ses opérations de traque et de déportation.

Et nous n’avons aucune certitude sur l’utilisation qui sera faite de la surveillance de masse en train d’être mise en place chez nous, en France et en Europe, grâce aux données collectées par Palantir ou à l’aide de la surveillance algorithmique mise en place à l’occasion des JO de Paris 2024.
La CGT alerte également sur ce sujet afin que cette surveillance généralisée ne nous conduise pas à des dérives techno-fascistes comme celles observées aux États-Unis.
Nous en profitons pour rappeler nos revendications :
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Nous exigeons l’arrêt immédiat et public de ces collaborations avec le gouvernement fédéral américain.
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Nous exigeons un audit indépendant de tous les contrats signés avec l’ICE depuis 2007
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Nous exigeons la révision urgente des partenariats commerciaux avec des entreprises ou institutions, complices de guerres, colonisation, apartheid, génocide ou violences policières.
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Mais aussi des garanties écrites auprès des salariés que Capgemini ne reproduira pas ces dérives.
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Nous exigeons l’ouverture d’un accord sur la clause de conscience chez Capgemini, afin de graver dans le marbre l’annonce d’Aiman Ezzat du 30 janvier.
Nous militons pour la socialisation de l’entreprise.
Sa mise sous tutelle ou sa nationalisation dans un premier temps nous permettra de contrôler les multiples contrats dédiés à l’armement et aux différents opérations de sûreté intérieure.
Nous restons déterminés sur le sujet. N’hésitez pas à partager la pétition au plus grand nombre.
Nous comptons sur vous.